179

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Robbie Van Stiphout
(chant+guitare)

-Nick Verstappen
(basse)

-Dolf Van Heugten
(claviers)

-Daan Liebregts
(batterie)

TRACKLIST

1)Legend Of The Hollow
2)The Law Of The Web
3)Dark Tower
4)No One Lives Forever
5)Water & Stones
6)Day VI
7)The Crypt

DISCOGRAPHIE


Day Six - Eternal Dignity
(2003) - metal prog - Label : Iceman



Chose assez rare pour être soulignée, nous avons là un groupe qui ne se contente pas de proposer un concept-album: c'est carrément un « concept-band » qui réédite son premier - et seul - album, dans l'optique d'être distribué sur le marché américain. En l'occurence, c'est de l'univers de l'Egypte Ancienne que nos quatre Néerlandais puisent leur inspiration, dont vous aurez probablement deviné, perspicace lecteur, qu'elle se matérialise dans une musique de type progressif. Quoi d'autre? Emettons au passage quelques doutes sur la capacité de Day Six à se renouveller sur le long terme. Mais cela ne nous intéresse pas encore: penchons-nous pour le moment sur le rock - metal progressif novateur de nos petits Champollions.

Concept oblige, les mélodies et les samples utilisés tournent tous plus ou moins autour de l'esprit pharaon et compagnie. De même, ce sont des rythmes plutôt lents et lourds que Day Six affectionne, leur permettant d'installer les ambiances adéquates. Mais les musiciens, tous dotés de grandes qualités d'interprétation, savent varier leur formule. Malheureusement, quand le rythme s'emballe, ce sont les carences de la production qui apparaissent. Froide, manquant de pêche, elle ne fignole pas suffisamment la musique complexe de Day Six, fautant surtout le trouble sur la batterie, lui conférant un son assez horrible. Quand "The Law Of The Web" et "Dark Tower" accélèrent le tempo, quand "Day VI", a fortiori, fait péter la double grosse caisse, on est envahis de regrets. Ces passages salvateurs sont rares, il eût été bon de les soigner.

La voix de Robbie Van Stiphout, de ce côté, n'est pas en reste. Le leader du groupe est meilleur guitariste que chanteur, et ce n'est pas son chant qui révolutionnera le petit monde des vocalistes de metal progressif. Le groupe a beau essayer de se rattraper sur une chorale de ch'tites nenfants tout mignons ("The Law Of The Web", "Water & Stones"), on ne retiendra pas Eternal Dignity sur cet aspect. C'est donc la qualité des parties instrumentales qui prévaut, amenant parfois des éléments symphoniques de bonne facture, ou tout simplement de biens bons soli de guitare, bluesy et mélodiques. La suite progressive à la Dream Theater "Legend Of The Hollow" ouvre l'album sur ces atouts. Le très long "The Crypt" cherche à en faire autant: effectivement, les idées fourmillent, la structure est désarticulée, la chanson surprend, mais rien ne justifie les quatorze minutes qui lui sont consacrées. A trop vouloir surenchérir sur l'atmosphère, Day Six finit par être ennuyeux.

Alors on va chercher du côté du heavy mélodique à la scandinave, avec un "Day VI" faisant la part belle aux clavecins. Adapté à la sauce égypto-progressive, ce genre de titre passe très bien. Dommage que la production et le chant ne suivent pas la qualité du reste. La musique est pensée et bien pensée, Day Six vise haut pour ce premier album, mais les défauts de jeunesse se font sentir. On ne va certainement pas en rester là, alors attendez-vous à entendre davantage parler des Hollandais à l'avenir. Ce Eternal Dignity commence l'aventure sous de bons auspices, et sera probablement inférieur aux prochaines parutions du groupe. A réserver aux fans de prog' les plus curieux.




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3