17912

CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 11 avril 2018
Sa note : 6/20

LINE UP

-Marie Rouyer-Mac Leod
(chant)

-Vynce Leff
(guitare+orchestrations)

-Régis Morin
(guitare)

-Marc Ruhlmann
(claviers)

-Tirstan Demurger
(basse)

-Nico Chaumeaux
(batterie)

TRACKLIST

1) Armour of Dust
2) Armageddon
3) Fly Away
4) The Page
5) Follow your Heart
6) Angel of Fears
7) Free as a Bird
8) The Mistchild
9) Dust We Are

DISCOGRAPHIE


Whyzdom - As Time Turns to Dust
(2018) - metal symphonique - Label : Scarlet Records



Cher Vynce,
Cette chronique du nouvel album de Whyzdom, dont tu es le créateur et la tête pensante va prendre la forme d’une lettre qui t’es personnellement adressée. Effectivement tu as dû voir la note et tu dois être mécontent. Ainsi ce format va me permettre de t’expliquer les raisons de ce coup de gueule concernant As Time Turns to Dust, votre dernière livraison. Tout d’abord, permet moi de poser le contexte de ma relation à Whyzdom. Avec Delain, vous êtes les deux groupes, dont je suis très fan, que j’ai vu grandir dès les premières notes. Et oui, j’ai acheté votre premier EP sur la boutique de Nightwish France (ça ne nous rajeunit pas), je vous ai vus en première partie de Delain à la Laiterie (Strasbourg), j’ai jusqu’ici acheté tous vos albums.

J’aime From Brinks to Eternity, pour sa fraîcheur, son rythme, la voix de Constance (désolé mais je ne peux me résoudre à l’appeler Teyla). Puis vos chemins ont pris des routes différentes et Elvyne est arrivée sur Blind? Je fus rassuré car Clémentine ne m’avait pas plus convaincu que ça (et ça n’a pas changé). Elvyne avait peut-être, intrinsèquement, moins de talent que Constance, mais Blind? lui allait comme un gant. Alors oui, il y a eu de la déception mais malgré les aléas de line-up, ce deuxième effort était quand même de très bonne facture. Puis encore un départ de chanteuse (ce qui pose question). À l’époque tu as lancé un appel sur Facebook pour savoir si on avait des noms à te conseiller. J’avais alors proposé l’ancienne chanteuse des Belges de Sengir. Mais c’est une nouvelle Française, Marie qui arrive, avec sa voix toute en puissance sur l’album suivant, Symphony for a Hopeless God. J’ai mis de très longs mois pour savoir si j’aimais ou non cette nouvelle proposition, tant elle est complexe. En toute sincérité, je vous ai beaucoup défendus devant mes amis fans de metal symphonique, car oui, l’album est un peu fourre-tout, oui vous auriez dû gagner en simplicité (parfois y’en a vraiment trop) mais au niveau « idées » c’est l’album le plus abouti (mais qui pêche par un excès d’envie) et si les titres étaient un peu plus épurés, ça aurait été votre meilleur enregistrement. Quoi qu’il en soit, et comme tu peux le lire, je suis un fan du groupe, certaines de vos compositions font parties de mes titres préférés ("On the Wings of Time", "Escaping the Ghost of Reality", "On the Road to Babylon", "Tears of a Hopeless God").
Mais là, en ce mois d’avril 2018 je ne te cacherais pas que je suis complètement déconcerté par As Time Turns to Dust, que j'ai pourtant dû écouter une dizaine de fois à tête reposée. Pourtant la magie a failli opérer. "Armour of Dust", le titre d’ouverture est un excellent morceau, dans la veine de ce que Whyzdom a su faire par le passé, une harmonie parfaite entre des lignes de chant mélodieuses, une technique vocale maîtrisée, des orchestrations bien dosées et un refrain efficace. Ensuite le charme continue d’opérer avec le single "Armageddon", dans la pure tradition du groupe, un peu trop d’éléments encore, mais à ma première écoute je m’étais dit que vous épuriez un peu votre style et j’en étais content. Puis patatras. Je n’arrive pas encore à comprendre le pourquoi du comment de "Fly Away", morceau le plus long. Lors de ma première écoute, j’ai tout stoppé tellement ce morceau représente ce qui se fait de pire dans le metal symphonique. Les orchestrations sont pompeuses et n’apportent aucune originalité, le rythme est difficilement identifiable, noyé dans un déluge de chœurs et d’orchestre qui sont là pour être là. Même Marie semble complètement perdue tant sa voix est noyée dans le reste. La mélodie n’affiche que très peu de musicalité. J’ai l’impression que vous avez voulu mettre tout ce qui était possible dans ce style de musique sans véritable cohésion. Cependant je me suis dit que c’était une simple erreur de parcours car les morceaux suivant, "The Page" (ballade mid-tempo plutôt mignonne sans égaler vos précédentes ballades cependant) puis "Follow your Heart" (qui me fait beaucoup penser à "The Power and the Glory") sont simples, courts et efficaces. C’est ce genre de morceaux que j’aime chez vous. Marie semble s’éclater, elle ne monte pas trop haut et semble ainsi à l’aise, pas d’orchestrations intempestives également, bref, le dernier titre nommé, sans atteindre vos chefs d’œuvres, m’a plutôt emballé et redonné espoir. Et bien celui-ci s'est définitivement arrêté une fois la dernière note envolée. Ce qui suit n’est pas digne de votre talent, de tes idées, de ton sens des mélodies.
Cette seconde partie ne mérite aucune éloge de ma part, hormis quelques petits éléments par ci par là - l’intro d’"Angel of Fears" notamment, mais c’est bien tout le positif de ce titre, cette mise en bouche était pourtant sublime avant de disparaître pour de bon. Les lignes de chants ne correspondent pas du tout à la voix de Marie et l'on perçoit davantage sa souffrance que la mélodie, de même sur "Free as a Bird" et le final de "Dust we Are" dont je ne parviens pas à voir le bout. Marie est une chanteuse de talent, elle l’a déjà prouvé et le prouve également sur les deux premières pistes de As Time Turns to Dust. Alors je ne sais pas qui de vous deux écrit ses lignes de chant, mais, pour l'amateur de voix lyriques que je suis, sur ces trois morceaux ça ne passe pas, la technique est absente, et comme dit plus haut, on entend de la souffrance physique dans ses envolées. Et c’est un des gros défauts de cette nouvelle réalisation. Ce n’est malheureusement pas le seul. Si je trouve que tu en avais trop mis sur votre troisième LP qui aurait pu être un grand album au lieu d'un très bon album si les titres avaient été raccourcis, dans cette nouvelle galette le problème est différent : il y a des orchestres car il faut mettre de l’orchestre. Et des chœurs parce qu'il faut mettre des chœurs. Dans la plupart des morceaux ces éléments n'apportent aucune plus-value et c’est fort dommage. Le meilleur exemple est "Dust We Are", qui aurait dû être un grand titre, mais ce final strident plombé par du lyrisme, des chœurs et un orchestre à outrance gâchent une composition qui possède pourtant en son milieu une très belle - mais bien trop courte - partie symphonique.


Vynce, tu m’auras compris, je n’aime pas As Time Turns to Dust et j’en suis extrêmement déçu. Cependant la note est seulement le reflet de mon sentiment envers ce nouveau recueil et non pas envers le groupe. Chaque artiste a des passages à vides (Nightwish a bien pondu Dark Passion Play - pourtant ils ont su se relever) et j’espère que le futur apportera un retour aux sources avec plus de simplicité, de mélodies et des orchestrations peut-être revues à la baisse afin que leur utilisation soit légitime. Et puis il faudrait demander moins de lyrisme à Marie, qu'elle revienne à une voix plus rock (comme sur "Let’s Play With Fire" par exemple). Assurément, je ne bouderai pas votre cinquième proposition, j’irais moins les yeux fermés mais j’irai quand même, car si je trouve cette nouvelle sortie ratée, je sais que ton collectif et toi avez du talent, et c’est le principal.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1