17922

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 28 avril 2018
Sa note : 11/20

LINE UP

-Fuyuki "Fuki" Tenge
(chant)

-Suzuki "Oreo" Reona
(chœurs+claviers)

-Sano Hana
(chant+batterie)

-Midorikawa "Tomo-Zo" Tomoko
(guitare)

-"F. Chopper" Koga Michiko
(basse)

TRACKLIST

1) Shout down
2) Sub-liminal
3) Hero
4) Sekaiwa Kitto Aiwo Shitterunda
5) Dragonet

DISCOGRAPHIE


Doll$boxx - High $pec (EP)



Honnêtement, on n'y croyait plus. Un lustre a passé depuis la parution de Dolls Apartment, l'album inaugural des Doll$boxx et il semblait de plus en plus improbable de faire connaissance un jour avec la suite de cette œuvre virevoltante. Malgré l'enthousiasme soulevé par cette dernière, chaque membre a repris ses activités au sein de sa formation habituelle de sorte que l'hypothèse du one-shot sans lendemain se consolidait entre regrets et frustration. Et tout d'un coup, stupeur et fébrilité: cinq titres surgissent. Tiens, cinq seulement ? Un par année écoulée... Ils seront formidables, évidemment.

Et bien non. Pas la peine de se la raconter. De toute façon, la note aura déjà donnée une indication sur l'amère déconvenue que constitue ce retour en format réduit. Le ton est donné dès le premier contact: prenant sans doute conscience que jouer aux collégiennes faussement ingénues risquait de devenir un peu ridicule, les jeunes femmes ont troqué leurs jupettes à froufrous pour des costumes sombres et empesés, dans lesquels leurs silhouettes se perdent et se confondent. Le visuel confus auquel participe la pochette évoquant un test de Rorschach version manga s'accorde hélas parfaitement avec le rendu sonore de High $pec. Les ingrédients ont beau être identiques à ceux de Dolls Apartement, il faut se rendre à l'évidence : le quintet a perdu la recette de la composition euphorisante. D'une bonne composition, tout simplement, serait-t-on tenté d'écrire avec sévérité. Certes, le format chanson reste de rigueur, de même que les tempos élevés et les claviers se font toujours une belle place au soleil levant. Toutefois, même ces derniers ne peuvent rivaliser avec un chant omniprésent, mixé plus en avant encore que sur l'enregistrement précédent et générant une lassitude d'autant plus navrante que Fuki, malgré quelques faussetés (sur "Shout down", principalement), démontre qu'elle a gagné en tessiture, les graves ne lui faisant manifestement plus peur. Néanmoins ses interventions restent majoritairement calées dans une stridence qui se fait de plus en plus pénible à mesure que défilent couplets anodins et refrains interminables sur lesquels la vocaliste de Light Bringer donne l'impression de naviguer à vue.
C'est de fait l'œuvre toute entière qui engendre un sentiment de confusion, symbolisé par l'entremêlement ponctuel des voix de Fuki et Hana, duel plus que duo où chacune cherche à s'imposer dans une lutte dérisoire. Dans ce contexte inconfortable, la pauvre guitariste Tomo-Zo profite des rares passages où les hurleuses lâchent le crachoir pour enquiller un maximum de notes dans un style heavy speed assez convenu tandis que F. Chopper Koga claque ses séances de slapping dans le vide et que les synthés naguère joyeusement tourbillonnants d'Oreo Reona grincent inlassablement en mode musique d'autos-tamponneuses. Quant à « Blue » Hana, son jeu de batterie consistant à conclure chaque séquence par un roulement précipité après une série de mono-frappes sur tous les temps ne risque pas d'apporter de la variété - son instrument de prédilection à la sonorité très « plastique » n'ayant en outre guère profité des faveurs de la production, focalisée sur la titulaire du micro. Restent, heureusement, la dextérité de musiciennes hors pair et une énergie omniprésente qui rappellent le potentiel assez incroyable du collectif nippon. Dommage que les morceaux assemblées façon patchwork ne lui permettent pas de l'exprimer pleinement, ce dont témoigne le break pseudo funky à la scansion « rap, » disons, hasardeuse de "Sub-liminal", rare rupture cependant dans le bloc uniforme d'un EP paradoxalement nébuleux.


À l'instar d'un voyage plus beau que le séjour qui lui succède, l'attente d'une nouvelle création des Doll$boxx se sera révélée plus excitante que la réalisation elle-même. Toujours aussi habiles mais guère inspirées, les cinq surdouées déroulent sur High $pec leur J-speed metal aux aigus caractéristiques avec professionnalisme, tout en affichant un manque de cohérence qui donne la sensation d'avoir affaire non pas à la suite de l'exquis Dolls Appartment, mais à un court brouillon lâché par des Japonaises en rodage*. Une sacrée déception.

*La frustration excuse-t-elle des calembours aussi navrants ? Apportez vos contributions à ce passionnant débat sur le forum des Eternels.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2