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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 02 mai 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tarja Turunen
(chant)

-Emppu Vuorinen
(guitare)

-Sami Väskä
(basse)

-Jukka Nevalainen
(batterie)

-Tuomas Holopainen
(claviers)

TRACKLIST

1) She Is My Sin
2) The Kinslayer
3) Come Cover Me
4) Wanderlust
5) Two For Tragedy
6) Wishmaster
7) Bare Grace Misery
8) Crownless
9) Deep Silent Complete
10) Dead Boy's Poem
11) FantasMic

DISCOGRAPHIE


Nightwish - Wishmaster
(2000) - metal symphonique - Label : Spinefarm record



Master, apprentice, hearthborne, 7th seeker, warrior, disciple, in me the Wishmaster! Quel fan de Nightwish n’a jamais chanté lors d’un concert ces paroles du titre éponyme de l’album Wishmaster des finlandais ?  Ce dernier a une place a part dans la discographie de la troupe à Tuomas, au même titre qu’Oceanborn ou encore Once. Dix-huit ans après sa sortie, quel regard porter sur l’opus qui confirmera le groupe comme le porte étendard du metal à chanteuse (on ne parle pas encore de metal symphonique à cette date) ?

Les fans de Nightwish depuis la première heure ont tendance à se diviser en trois catégories concernant l’élection du meilleur album du combo. Les partisans d’Oceanborn, ceux de Once et enfin ceux de ce Wishmaster. Il est clair que je ne fais pas partie de ces derniers et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, et contrairement au premier cité, il est un peu plus calculé, moins brut de décoffrage. L’influence de Stratovarius (que Tuomas ne renie absolument pas) se veut fort présente, ce qui laisse peu de place à de véritables surprises. Cela entraîne ainsi un sérieux déséquilibre entre les morceaux. Des titres comme "Come Cover Me", "Wanderlust", ou encore "Deep Silent Complete" sont clairement en dessous des autres. Le premier a du mal à trouver son rythme, le second possède des passages aux claviers assez difficiles à entendre et enfin je considère "Deep Silent Complete" comme un des plus mauvais titres du groupe, tant l’émotion y est totalement absente. Ce qui fait de ce troisième effort le plus déséquilibré de la discographie du groupe. Il n’est cependant pas le plus mauvais (il sera difficile de faire pire que Dark Passion Play), mais il  lui manque ce petit quelque chose. Là ou Angels Fall First plait par sa naïveté, Oceanborn par sa puissance, Century Child par sa douceur, Once par sa révolution symphonique ou encore Imaginaerum par son imagerie, Wishmaster ne se pose pas de questions, enchaîne des titres de power metal mélodiques armés de nappes de claviers et du chant lyrique de la douce Tarja. Dernier petit reproche à adresser à l’œuvre, elle ne vieillit pas spécialement bien, là où un Oceanborn ou encore Century Child ne prennent pas la moindre ride. Ici, certains passages de claviers sentent bon le cheap ("Wanderlust", "Crownless").
Cependant, Nightwish a du talent et cet album le confirme. Malgré les petites erreurs vues ci-dessus, Wishmaster possède énormément de qualités. Si je considère Oceanborn comme l’œuvre majeure du combo, ses « opposants » lui reprochent son côté trop brut sans réelle ligne directrice. Ici, tout est savamment dosé, les finlandais proposent des tubes qui les suivront pendant de très longues années sur leurs tournées mondiales (le cultissime "The Kinslayer", véritable monument du groupe, le titre éponyme et son refrain facilement mémorisable ou encore "She Is My Sin"), mais également des morceaux très stratovariens comme les « barrés » "Bare Grace Misery" et "Crownless". Et comment ne pas parler de cette fin d’album complètement démentielle avec la ballade en deux parties, "Dead Boy’s Poem" bourrée d’émotions (tout comme la simple mais juste "Two for Tragedy") et le final épique "FantasMic" qui sera le précurseur de la série des longs titres composés par Tuomas pour chaque album. Wishmaster, c’est également la confirmation des aptitudes de Tarja Turunen. La chanteuse déjà en verve sur les deux disques précédents, démontre ici l’étendue de son talent que ce soit par sa puissance ("The Kinslayer", "Wishmaster", "FantasMic") ou sa douceur et son émotion ("Two for tragedy", "Dead Boy’s Poem"). On retrouve moins de notes trop lyriques (à l’instar d’un "Passion and the Opera" sur Oceanborn). Si le groupe tournait déjà en tête d’affiche pour la promo d’Oceanborn, celle présentant ce Wishmaster rencontrera un succès européen, qui donnera une dimension supplémentaire au quintet, confirmé par son successeur Century Child et qui verra ensuite le groupe signer chez Nuclear Blast et sortir Once, autre pierre angulaire du groupe et dont le succès aura pour conséquences une éviction de Tarja et toujours plus d’apports symphoniques, de longues tournées mondiales, des pertes de fans, mais de nouveaux conquis.


Si l’histoire de Nightwish ne commence bien évidement pas avec Wishmaster, ce troisième album sera celui de la confirmation, celui qui va permettre au groupe de rêver, de voir plus grand, de posséder plus de moyens et de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Cette galette ne laisse aucun fan indifférent, culte pour certains, boudé par d’autres, elle a  le mérite de marquer, de proposer des morceaux inoubliables et d’avoir servi de support sur la tournée « Wishmastour » considérée comme une des meilleures de l’histoire de ceux qui sont à ce jour, les leaders du metal symphonique.


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