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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Inconnu

TRACKLIST

1) Garmonbozia
2) Ever Staring Eyes
3) Dreaming in Death
4) Ecclesia
5) Pulsating Nought
6) Thalassophobia
7) Stars to Dust
8) Vela Dare

DISCOGRAPHIE


Ascension - Under Ether
(2018) - black metal - Label : World Terror Committee



Ascension est une bête curieuse. Capable de sortir de nulle part pour s’annoncer à la face du monde, puis disparaître pour se réincarner tous les quatre ans. Car les Allemands cultivent leur science du mystère. Pas de line-up officiel, simplement des rumeurs colportées par les bruits de couleurs. Ce serait de bien connus gaillards, pas des amateurs. Pourtant on n’en sait foutre rien. Et on s’en fout foutre beaucoup. Ce qui a toujours importé avec Ascension, c’est la musique, et si un nouvel album s’annonce, et différent qui plus est, alors on frétille de la queue et on espère préparer l’érection.

Under Ether a été composé sous le signe de la surprise, cela n’en fait aucun doute à aucun moment. Comment expliquer autrement le son et les rythmiques utilisés sur ce disque ? Le son semble échappé d’un vieil Hellhammer qui aurait connu les technologies de l’année 2017. Gras et superficiellement peu résolu. Ambiance vinyle. Mais ne vous y trompez pas, derrière cet apparat de dénuement, on sent bien la précision de la modernité. L’attaque des riffs sait être franche, la qualité de la peau frappée ne trompe pas. Et puis ce mid tempo quasi permanent ? Ascension qui oublie le blast ? Impossible. Pourtant la direction est claire et assumée tout du long de l’album. Seulement en de rares instants de débauche le groupe daigne-t-il s’abandonner à la rapidité brute. Il faut en effet attendre la toute dernière piste "Vela Dare". Le pire c’est que ça marche.
On aurait pu s’offusquer d’une telle direction artistique, d’autant qu’elle s’accompagne d’un chant à l’avenant, plus rauque, proche du death metal. Mais évidemment rien n’est aussi facile. Ascension sait manier son art pour amener l’auditeur là où il l’entend. Et il s’est entendu pour nous  perdre dans les époques, comme une Delorean noire musicale. Oui les riffs savent se travestir, de lents et abrasifs ou presque lancinants, ils se muent en une substance plus moderne faite de notes traînantes, de solos amoureux de multiplicité et des dissonances qui semblent devoir qualifier toute musique sombre un tantinet contemporaine. Et aussitôt ils reviennent embrasser une simplicité plus crue. Les Allemands sont définitivement résolus à nous entraîner dans les méandres du temps.
Arcanes du fin tissu d’espace-temps qui nous entoure rendues vulgairement visibles. Il faut entendre l’exécution finale d’"Ecclesia" et son relent délicieusement Norvège des années 90. C’est tellement évident que ce ne peut être de la simple inspiration. La composition souhaite nous transporter par-delà les époques, peut-être dans une volonté mégalo de transcendance. L’amateur de black metal demeurera plus modeste et s’en tiendra à l’appréciation brute d’une telle brillance noire. Les enchaînements des ères se font sans anicroche et si mon collègue Winter, respectable car révélateur d’une certaine réalité possible, y perçoit de l’ennui, d’aucun y entendra un monde méticuleusement construit, avec la patience de l’orfèvre, dédié entièrement à vous transporter par-delà la crasse quotidienne.


Personnel. Voici indubitablement l’adjectif qui s’applique à une telle œuvre. Opaque également comme le prouvent les différences d’opinion qu’elle génère. Néanmoins, pour quiconque s’y retrouvera, s’est l’assurance d’une descente rougeoyante de laquelle on n’est pas certain vouloir s’échapper


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