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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 22 novembre 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-João Vendeirinho
(chant)

-Gonçalo Crespo
(guitare)

-Miguel Pessanha
(guitare)

-Diogo Barbosa
(guitare)

-Sérgio Ferreira
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Dina Prazeres
(chant sur "The Journey Part II : The Gallows")

-Ricardo Duarte
(chant sur 2,7 et 8)

-Tiago Sousa
(guitare sur "The Journey Part II : The Gallows")

TRACKLIST

1) The Entrance Part I : The Obsidian Dream
2) The Entrance Part II : The Anguish And The Demons
3) The Dance
4) The Light. . .
5) The Orb
6) The Dread
7) The Journey Part I : The Hunt
8) The Journey Part II : The Gallows
9) The Journey Part III : The Mirror
10) The Enemy
11) The Exit

DISCOGRAPHIE

Obsidian (2015)

Clutter - Obsidian
(2015) - metal prog Djent - Label : Autoproduction



En ce mois de juin 2018, il y a un événement auquel vous ne pourrez échapper, quelle que soit votre classe sociale, votre origine, ou votre profession. Oui, la coupe du monde de football en Russie est un évènement majeur, quoi que vous puissiez en penser. Et pour ceux qui ne sont pas très portés sur le ballon rond, je vous emmène donc la découvrir sous un autre angle, celui de la musique, avec la découverte d’un groupe musical par poule de qualification. Aujourd’hui place au groupe B avec le Portugal.

À l’approche de cet évènement mondial, voire interplanétaire, on ne peut pas dire que ce soient les groupes de metal du pays de Fernando Ribeiro qui attirent l’œil et l’attention, mais plutôt un certain joueur de l’équipe nationale appelé communément Christian Ronald. Et pourtant la formation en question ici vaut tout autant le détour. Tout d’abord, car vous devez savoir que le Portugal, ça n’est pas que Moonspell ou Corpus Christii. Non, cette nation peut aussi fournir des collectifs dotés d’un aspect lumineux et progressif. En outre, Gonçalo Crespo, le leader du groupe formé peu avant 2012 à Leiria, cinquième ville du pays, a eu la bonne idée de nous concocter un concept-album d’une grande qualité. Dans Obsidian, nous est narré le rêve d’une fille jetée en prison, prénommée Nirtholiel (Nirth), martyr de la révolution, se battant pour préserver ses droits, dans un futur ravagé et asservi par une dictature. Le type d’histoire qui peut parfaitement faire écho à une certaine réalité actuelle, et qui peut potentiellement toucher bon nombre d’auditeurs.
Clutter, malgré sa jeune histoire, n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’en 2012, était paru l’EP Emergence, nominé par Got-Djent comme l’une des meilleures sorties de l’année, et a été nommée par l’un des prestigieux magazines nationaux LOUD, comme l’une des meilleures formations indépendantes (entendez sans label). Et ce n’est pas sans mal que le quintet portugais a réussi à sortir son premier album puisque, hormis le fondateur Crespo, tout le line-up a changé entre temps. Peut-être pas anodin quand on sait que le nom du groupe signifie « désordre » en anglais. C’est donc un presque-nouveau Clutter auquel nous avons à faire en 2015. Les trois ans de composition ont porté leur fruit, et ont engendré un album atteignant l’heure d’écoute, pour onze pistes, commençant toute par le pronom « The ». Et parmi elles, on répertorie deux titres qui sont divisées en plusieurs parties: "The Entrance" divisée en deux, et "The Journey" séparée en trois. La marque des vrais concept-albums.
Qu’est ce qui fait la marque de fabrique de Clutter ? Rien de bien fou pourtant, car associer du prog, du groove et des éléments électro n’est ni fantaisiste ni fastidieux. Mais savoir bien le faire est déjà plus complexe. Les Portugais l’effectuent pourtant à merveille à l’aide de leur trois guitaristes armés de sept cordes et de leur chanteur ayant un joli penchant pour la voix claire, mais sachant aussi switcher sur du growl pendant les moments les plus vivaces et les plus énergiques. Et ça n’est pas du luxe pour lutter contre de légères somnolences durant les soixante minutes proposées – dont un cinquième repose sur la seule piste "The Journey, Part II: The Gallows". Non pas que les pistes soient mauvaises, loin de là, mais elles manquent peut-être d’une certaine identité forte pour se démarquer les unes des autres. En bref, je vous mets au défi de ressortir avec un air spécifique en tête, encore plus avec le titre qui lui sera associé. Non, cet Obsidian s’apprécie sur le moment, mais difficilement a posteriori, et c’est bien dommage pour un groupe dont le potentiel est irrécusable.


À première vue, la considération de cet album ne paraît pas positive. Ce serait totalement fallacieux d’avancer cette affirmation, car si vous ne l’aviez pas compris, oui, ce premier LP de Clutter est une réussite et les fans de Textures en seront ravis. Mais ce qu’il risque de se passer après l’avoir dégusté une ou deux fois, c’est que la pochette de l’album prenne la poussière de votre étagère. Pour le prochain, on veut des souvenirs, messieurs !



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