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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juin 2018
Sa note : 12/20

LINE UP

-Giorgio "G." Trombino
(chant+guitare+claviers+flûte+basse)

-David "D."
(batterie)

TRACKLIST

1) Liberation
2)
Resurgence
3) Beholder of the Asteroid Oceans (part I & II)

DISCOGRAPHIE

Absconditus (2018)

Assumption - Absconditus



Ami lecteur, cherchez l’intrus. Sicile. Andrea Camilleri. Le commissaire Montalbano. Les sardines. La mer. Le funeral doom. Si vous avez répondu « le commissaire Montalbano », vous avez eu tort. Je vous invite d’ailleurs à lire ses aventures, riches en intrigues et en recettes de cuisine. Non, la bonne réponse, c’est « funeral doom », en fait. Sous le soleil, les ténèbres.

 À en croire le site Metal Archives, David et Giorgio sont bien occupés, vu qu’ils sont impliqués dans un paquet de projets musicaux, que je n’ai, hélas, pas l'heur de connaître. Doom, stoner, death metal. le duo formant Assumption a l’air de posséder plus d’une corde à son arc. Et vous savez quoi ? Ça se sent. Absconditus, leur premier album, a beau donner dans le funeral doom, donc, on sent poindre un nombre important d’influences. Outre les papes du genre, Ahab en tête, on reconnaîtra, tout au long des trente-sept petites minutes que dure l’œuvre –en général, pour du funeral, c’est la durée d’un single… - un certain nombre de poids lourds du doom-death. Les passages « éthérés » de "Liberation" sont, sans équivoque, un clin d’œil à Transcendence Into the Peripheral, de Disembowelment. Toujours sur "Liberation", on se rend compte que nos artistes transalpins ont dû également écouter Bolt Thrower. Mais s’il y a bien une référence qui saute aux oreilles de manière fréquente sur Absconditus, c’est My Dying Bride, toute première période. Bon nombre de séquences font penser aux passages les plus lourds et les plus sombres d’As the Flower Withers, premier méfait de la bande à Aaron. Bref, les gars d’Assumption possèdent une ample culture musicale, ça ne fait pas l’ombre d’un doute.
Ils y intègrent, de plus, certains éléments propres, peut-être pas au groupe, mais, en tout cas, à leur pays d'origine, à savoir plusieurs passages ambiancés évoquant le giallo –le début de "Resurgence" par exemple. Cette initiative est heureuse, puisque le côté « horrifique » de ces intermèdes se fond très bien dans la noirceur et la lourdeur ambiante. Autre point positif de l’album: le fait que les artistes ne font pas dans l’excès de lenteur et savent hausser la cadence de temps en temps, histoire que l’auditeur ne sombre pas dans l’ennui. Très iconoclastes, ils osent même blaster sur "Beholder of the Asteroid Oceans"… Ce passage n’est peut-être le plus réussi de l’album, mais il démontre qu’Assumption ne peut pas être taxé de monolithique. En réalité, Assumption doit plutôt être taxé de jeune formation qui se cherche encore. Le duo possède toute une palette d’influences et d’effets de premier choix, il ne leur reste plus qu’à les combiner de façon fluide et personnelle. Ils y arrivent assez bien sur le premier titre, moins sur les deux suivants. Du coup, l’œuvre reste un peu anecdotique, sans être mauvaise, loin de là. Les références sont encore trop visibles et le tout reste encore trop morcelé. On sent néanmoins que les gars ne sont pas des novices en matière musicale, et qu’ils possèdent un potentiel certain - qu’ils doivent encore développer.


Dans l’univers des odes à la lourdeur et à l’obscurité, Absconditus peine à se distinguer de ses collègues. Œuvre intéressante, elle n’est pas totalement aboutie, la faute à des influences pas encore assez digérées. Assumption paraît posséder néanmoins les qualités requises pour pouvoir espérer percer un jour et siéger à la droite de Nyarlathotep.


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