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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 02 août 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Neil Fallon
(chant+guitare)

-Tim Sult
(guitare)

-Dan Maines 
(basse)

-Jean-Paul Gaster 
(batterie)

TRACKLIST

1) You Can't Stop Progress
2) Power Player 
3) The Devil & Me 
4) White's Ferry 
5) Child of the City 
6) Electric Worry 
7) One Eye Dollar
8) Rapture of Riddley Walker 
9) When Vegans Attack
10) Opossum Minister
11) Black Umbrella
12) Mr. Shiny Cadillackness


DISCOGRAPHIE


Clutch - From Beale Street to Oblivion
(2007) - stoner / hard rock groovy - Label : DRT Entertainment



Jeudi 2 août 2018. Il est 21h47. Au moment où débute la rédaction de ce modeste papier, Les Éternels recensent 7534 chroniques, affectueusement surnommées « kros » par ceux du sérail. Ça fait un bon paquet, quand même. Du funeral doom obscur aux classiques du heavy, en passant par le thrash, le black, le white, le parabolique et les œufs au bacon. MAIS ! Sur cette myriade de kros, seulement trois sont dédiées à Clutch. TROIS ! Il est temps que ça cesse. Que l'affront soit lavé. Et puisque commencer du début, c'est ringard, attaquons la cuvée 2007. 

Pour les béotiens qui tomberaient, désœuvrés et hagards, sur cette bafouille déjà fort mal partie, commençons par quelques présentations succinctes. Clutch ? Un quatuor de stoner formé au début des années 1990. Outre la stabilité exemplaire de son line-up, il s'est taillé un nom grâce à des albums pleins de groove et de fureur, les plus réputés étant sans doute le génial Blast Tyrant ou sa suite Robot Hive / Exodus (dont l'ami Bixl3r s'est déjà occupé). From Beale Street To Oblivion est le huitième album de la bande à Neil Fallon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il porte haut les couleurs du groupe. Ohhhhh, que oui. Pas de fioritures, d'introduction symphonique, ou de détours superfétatoires. Clutch n'attend pas, il attaque à la gorge. "You Can't Stop Progress" a pour charge de briser la glace. La rythmique cogne avec précision, juste avant que le quatuor ne sorte les riffs. Pas de surprise : du groove, du bruit, une énergie inépuisable. C'est graisseux, viril, ça sent les shots de triple whisky bus cul sec et les étendues désertiques de l'Arizona. Que vous soyez un habitué chevronné du groupe ou un petit néophyte en pleine découverte, la claque devrait être la même. S'ensuit un "Power Player" envoyé comme une mandale, sans sommations. Les deux premiers morceaux vous ont flanqué par terre ? Ils n'étaient qu'une simple mise en bouche avant la première tuerie du disque, "The Devil & Me". Sans conteste un des morceaux les plus groovy dont le groupe ait accouché. La voix rocailleuse de Neil Fallon s'adonne à un pas de deux diabolique avec des guitares brûlantes et sinueuses. Sans parler de ce final à fond les potards, où le bon Neil s’époumone de la plus jubilatoire des manières. Un exemple d'esprit rock'n'roll. Grande serait la tentation de détailler ainsi chaque morceau, car ils ont tous quelque chose d'intéressant à proposer. 
Bien sûr, tout ne se vaut pas sur From Beale Street To Oblivion : quelques titres sont un peu plus patauds, moins incisifs, moins millimétrés dans leurs rouages. "White's Ferry", sorte de demi-ballade (couplets calmes mais refrain bien plus hargneux) intrigue sans décoiffer. "Child of the City", "Rapture ou Riddley Walker" ou"Mr. Shiny Cadillackness" s'avèrent aussi un petit peu plus patauds. Rien de honteux cependant, l'énergie dont Clutch charge ses morceaux parvient à rattraper une écriture un peu moins abrasive. Pour ce qui est du reste de l'album, en revanche... du stoner quatre étoiles, au bas mot. "Electric Worry". Ces deux mots suffisent à vous coller le frisson ? Alors il y a fort à parier que vous avez déjà vu Clutch en concert. Ce morceau s'est en effet imposé comme un classique du groupe sur scène, propre à déchaîner les pogos les plus impitoyables. Mais la version studio a du mordant, elle aussi ! Clutch nous sort le grand jeu : alternance calme / tempête du meilleur effet (Neil Fallon est absolument impérial en voix de crooner comme en rugissements), solo d'harmonica, riff 500 volts, rythmique à l'avenant... non, vraiment, difficile de rester insensible si on apprécie la musique rock, au sens le plus large et primal du terme. Et Clutch d'enchaîner ainsi les perles avec une facilité qui frise l'insolence. Les guitares mutines de "When Vegans Attack", les roulements de batterie de "Black Umbrella", la courte mais redoutable "One Eye Dollar"... Rien que de belles réussites, délivrées avec cœur et fougue par des musiciens impliqués et appliqués. La production est d'excellente facture, et quelques nappes de claviers plutôt discrètes viennent rendre les compositions encore plus léchées.


Et voilà l'injustice en partie réparée. From Beale Street To Oblivion n'est même pas le meilleur album dans la discographie Clutch. Tout juste en constitue-t-il une pierre solide, très solide. Couillu, corrosif,  et bien évidemment GROOVY (on ne le dira jamais assez !), ce huitième album est un régal pour tous ceux qui apprécient le stoner, le hard rock, le blues, ou simplement la musique qui explose les amplis et soulève les foules. « Vamonos, vamonos »!


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