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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 16 août 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Arioch
(chant+guitare+basse)

-Lars Broddesson
(batterie)

TRACKLIST

1) In Nomine Domini
2) Naught but Death
3) Shedding Skin
4) Cockatrice
5) Metamorphosis
6) Within the Without
7) Hosanna
8) Pallor Mortis

DISCOGRAPHIE

Salvation (2003)
Maranatha (2009)
Hekatomb (2018)

Funeral Mist - Hekatomb



Difficile d’être surpris par une sortie musicale en 2018. En effet, il est loin le temps où découvrir un disque relevait d’un véritable parcours du combattant. Acheter, parfois à la suite d’un extrait placé sur un sampler, souvent à l’aveuglette, est un comportement qui n’existe plus de nos jours. Les morceaux d’un album sont désormais disponibles de nombreuses semaines auparavant, sur tout réseau social qui se respecte. Et l’auditeur est donc rarement saisi le jour où officiellement l’ensemble est dévoilé. Certains ont cependant décidé de dérouter le public en ne pliant pas devant ce nouveau processus.

Daniel Rosten, ici sous le pseudonyme d’Arioch, a en effet pris tout le monde de cours. En cause, l’apparition non annoncée d’une nouvelle œuvre de son projet Funeral Mist. Après deux excellents albums, Salvation et Maranatha, parus respectivement en 2003 et 2008, le Suédois s’est décidé à offrir une suite à ce diptyque de metal noir. Sans que personne n’ait pu l’anticiper. Tout portait à croire que cette formation n’aurait pas le loisir de franchir le cap du troisième disque, tant Arioch est occupé par son poste de frontman chez Marduk. Sans prévenir vous voila cependant avec une pierre supplémentaire qui marquera indubitablement cette année 2018 en termes de black metal. Concernant le fond, Funeral Mist parvient-il à décontenancer ? La réponse est négative. Si vous êtes amateurs des travaux antérieurs du Scandinave, rien ne viendra vous estomaquer. Hekatomb est assez proche de ce que l’on pouvait entendre précédemment. A savoir, un black metal très violent avec de nombreux passages où les blasts sont rois. Lars Broddesson est une fois de plus derrière les fûts et s’en donne à cœur joie, alternant parties épileptiques et passages plus posés.
Arioch n’a pas cherché à réinventer une recette qu’il maîtrise à la perfection. Ou comment réussir à éblouir avec une musique d’une violence assumée, maltraitant allègrement les plus braves qui oseront s’y frotter, tout en y ajoutant des ingrédients détonants. A commencer par le riff central d’"In Nomine Domini", que l’on pourrait aisément trouver sur un disque de thrash et qui risque d’en faire tiquer plus d’un. Ou encore le clavier fantomatique au milieu de l’excellent "Cockatrice". A la brutalité ambiante - une écoute de "Shedding Skin" et de "Within the Without" rassurera les plus férus de virulence - vient s’ajouter des morceaux au tempo plus lourd, mais toujours vicieux, "Naught but Death" en tête, ou encore "Metamorphosis" et ses chœurs religieux. On savait qu’Arioch était l’un des meilleurs vocalistes du genre, sa prestation sur Hekatomb viendra le confirmer. Sa voix est en effet encore une fois possédée, il hurle ou déclame ses paroles comme autant d’attaques empreintes d’une haine palpable. Et que dire de certaines lignes qui resteront dans les mémoires, comme sur la splendide "Hosanna" ?


Quel plaisir de retrouver Funeral Mist en ce milieu d’année 2018. Les neuf années d’attente sont donc enfin récompensées. Arioch a une fois de plus livré un album qui témoigne de sa vision du black metal : brutal, violent, démoniaque et par certains aspects, original. L’on pourra arguer qu’Hekatomb est moins fou que ces prédécesseurs. Peut-être. Cet album fera cependant de nombreuses victimes, à n’en point douter.



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