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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-André Carvalho 
(chant)

-Cristina Müller
(chant+claviers)

-Cristiano Dias
(guitare)

-Luiz Fernando De Paula
(basse)

-Leo Birigui
(batterie)




TRACKLIST

1) The Belief of the Mind Slaves
2) Delirium

3) A Sort of a Reverie
4) My Last Oath
5) Essente
6) Eyes of Forgiveness
7) L'Eternità Offerto
8) Unleash Them
9) Reflections of reason
10) Matronae Gaia (chapter II)

DISCOGRAPHIE


Quintessente - Songs From Ceslestial Spheres
(2017) - metal symphonique death metal dark metal metal atmosphérique - Label : Autoproduction



Quand ton « boss » annonce l’arrivée de nouveautés dans ton style de prédilection, et qu'un nom ne te dit absolument rien, tu es comme un enfant devant un Kinder surprise, ne sachant pas à quoi t’attendre. Une chose est sûre, Songs From Celestial Spheres de Quintessente donne envie, avec un visuel magnifique (signé Marcus Lorenzet) qui colle avec le titre de l’album, et en plus il propose un mélange de metal symphonique, de death metal, d’heavy metal et de metal prog (rien que ça!). Que vaut donc cette mystérieuse sortie ?

Quintessente est allé piocher des éléments de-ci de-là de death metal (à travers des grunts ravageurs), de metal sympho (orchestrations et nappes de claviers ainsi qu’un apport vocal féminin). Le Dark metal n’est pas en reste, non sans évoquer par moments Lacrimas Profundere (ne partez pas en courant, je parle des excellentes premières livraisons des allemands). On retrouve le côté prog par les quelques changements de rythmes, mais cela reste léger, tout comme les éléments heavy, qui servent juste de base. Le tout est extrêmement bien produit, et c’est étonnant pour une auto production d’un groupe inconnu, qui a sorti quelques démos à la fin des années 1990 et depuis plus rien. On ne peut ainsi que saluer le travail de mixage et de production des brésiliens. Effectivement, le combo nous vient tout droit de Rio de Janeiro. Concernant le thème central de Songs From Celestial Spheres, le quintet explique que le mélange des genres correspond aux différents corps célestes qui peuplent notre galaxie, de par leurs différentes structures chimiques, masses, magnitudes et lumières. Tout cela fait alors écho au thème central de l’album à savoir la relation entre l’Homme et le Ciel. Pour Quintessente, l’astronomie apporte à l’homme les connaissances nécessaires sur les dynamiques d’évolution. La corrélation entre les organisations humaines et les croyances des phénomènes cosmiques est également traitée. Tout au long des dix compositions, ces thèmes seront récurrents bien que l’on ressent plus des écrits sur l’introspection humaine qui sera mise en lien avec des références aux étoiles, au soleil, à la solitude et aux phénomènes lumineux ("My Last Oath", "Essente", "Reflections of Reason"). Tout cela sera mis en exergue par André et Cristina. Le premier alterne grunts et voix claire (il excellera vraiment dans le premier style, moins dans le second), quant à Cristina, elle interviendra avec parcimonie, afin de donner du relief à certaines compositions. Cependant, ses passages sont un peu décevants et on sent qu’elle est avant tout instrumentiste.

Songs From Celestial Spheres est, globalement, dur d’accès dans sa compréhension mais également musicalement. Cela part un peu dans tous les sens, un peu comme les thèmes abordés. Après plus d’une dizaine d’écoutes, il m’est encore impossible de me faire un avis définitif sur cette proposition. Le mélange des genres va alors apparaître comme un frein. Prenons l’exemple de la sublime "Essente", qui pourrait très bien figurer sur un album de Dark metal gothic. Ce titre, mid-tempo, propose une atmosphère pesante, une mélodie nous procurant un sentiment de mélancolie. On aime ou pas le style, mais si elle fait du bien au sortir des deux plus mauvais morceaux (les timides et passe partout "A Sort of Reverie" et "My Last Oath"), les brésiliens enchaînent alors directement sur "Eyes of Forgiveness" et "l’Eternità Offerto" et cela casse littéralement l’ambiance. Non pas à cause de la qualité des pistes (du registre du death metal symphonique, le premier cité proposant en plus un final époustouflant et le second une partie instrumentale léchée), mais en raison du changement de direction (qui se confirmera par la suite avec "Unleash Them", plus proche du metal moderne avec ces rythmes électros puis avec un "Reflections of Reasons" non identifié) qui fait un peu tourner la tête à l’auditeur. Le final "Matronae Gaia (chapter II)", conclura cet enchaînement tout azimut par un retour à un dark metal gothic qui sied vraiment au groupe avec un final relativement calme au piano mais d’une beauté admirable. Cette dernière proposition et "Essente" ne sont pas les seules perles. Les deux premiers morceaux de cette galette céleste sont proches de la perfection. "The Belief of the Mind Slaves" devrait inspirer un grand nombre de groupe de metal sympho tant le genre est ici admirablement maîtrisé, entre l’harmonie des trois voix, les orchestrations, mais également les changements de rythme qui ne laissent jamais l’auditeur décrocher. Le tout est finalisé par un apport de metal atmosphérique. Quintessente enchaîne ensuite avec "Delirium", proche d’Epica et d’un death metal symphonique agressif, agrémenté de grosses caisses. Le titre est puissant et devrait faire un malheur sur scène. Ainsi, on s'aperçoit que les brésiliens ont un réel talent. Individuellement à l’exception de trois morceaux, le reste est clairement au niveau.


Cependant, Quitessente perd de temps en temps son auditeur à trop vouloir être dans la démonstration et dans l'alternance des styles et inspirations. Mais cela ne vous empêchera pas de vous délecter sur le metal symphonique de "The Belief of the Mind Slaves" (ce morceau est réellement un petit bijou) sur la puissante "Delirium" ou les magnifiques "Essente" et "Matronae Gaia (chapter II)". Pour une première livraison, soyons honnête, l’effort est réussi et délivré avec le cœur. Il faut désormais espérer que le quintet corrige ces quelques erreurs et la suite de Songs from Celestial Spheres sera forcément un grand moment de musique.


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