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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 septembre 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Do Su Kim
(chant)

-Kyung Soo Hwang
(guitare+basse)

-Mili
(piano)

-Kang
(batterie)

TRACKLIST

Introduction

1) January - Dream Within a Dream
2) February - Mirror Lake
3) March - Spring
4) April - Object Petit A

Body

5) May - Water Deep
6)
June - Chant of the Night
7) July - Floating and Drowinng
8) August - Misty Fores
9) September - Ophelia

Conclusion

10) October - Calm
11) November - Same Moment, Different Dream
12) December - A Walk To Remember
13) Undecimber - Communis

DISCOGRAPHIE


Ophelia - Sympathize With Your Fantasy
(2010) - rock prog doom metal gothique céleste - Label : Jusin productions



La recette infaillible pour ne pas laisser échapper le sable de votre poing fermé, c’est la même que pour capturer l’argent vif : il faut rêver. Et imaginer un monde où les sensations les plus fragiles, les plus délicates, où ces éclairs insaisissables se figeraient pour l’éternité. Parce que dans le monde réel, la pureté est fugace. Walran, homme de Science Onirique, m’a donné un puissant outil. Il s’appelle Sympathize With Your Fantasy.
 
Une fois de plus, la pochette résume le contenu, et le nom du groupe aussi. Gothic doom atmosphérique ? Sur Bandcamp, ils définissent leur musique comme de l’art-rock. Peu importe, oublions les étiquettes un moment et bombardons l’album d’adjectifs. Volatile, versatile, délicat, émouvant, subtil, mélancolique. Aucun monstre caché derrière l’arbre de la pochette. Aucun serpent enroulé autour de l’une des ses branches. En revanche ses fruits sont à l’image de ses fleurs : doux et amers. Leur effet sur le psychisme s’avère puissant et le songe induit dure plus d’une heure. En réalité, il dure une saison de treize mois, puisqu’on commence en janvier et on termine en janvier. Le pic onirique est atteint en mai avec la plus belle chanson gothic doom jamais composée. Elle rabaisserait presque - je dis bien « presque » - les compositions de Trees of Eternity au rang de conte paillard et maladroit.  Seule la pesanteur des guitares nous empêche de nous envoler direction  Heaven. Courts ou longs, tous les mois ont leur particularité.
Certains possèdent un côté prog –art-rock ?- ("Undecimber"), d’autres rappellent fortement Empyrium ("March"), tous contribuent à ce que nous sympathisions avec nos fantasmes. Avec "Juillet", et son solo final, simple, similaire à celui que l’on peut entendre sur "Bitter" de This Mortal Coil -autant dire que le coeur palpite très vite-, nous franchissons le pas sous le coup de l’émotion, et leur prenons la main. En "Septembre" nous les enlaçons avec l’intention de ne jamais les lâcher. En "Novembre", secoués par le final violent du titre, nous roulons au sol avec eux dans une posture absolument univoque. Mais, comme dans tout songe qui se respecte, chaque élément est essentiel à son bon déroulement. Ne vous avisez pas de retirer les intermèdes, sous peine de voir le vif-argent musical prendre la poudre d’escampette.  Je n’ai rien dit jusqu’à présent de la Princesse –la Reine ? coréenne qui officie au chant. C’est normal. Si je commence, je ne m’arrêterai pas. Une chose seulement : il paraît qu’elle chante dans sa langue natale, mais je vous assure que si vous arrivez à pénétrer dans l’univers d’Ophelia, non seulement vous comprendrez tout ce qu’elle dit, mais encore vous comprendrez tout ce qu’elle ne dit pas. L’album d’Ophelia comme voûte de l’harmonie universelle.
 

Forcément, il faut se réveiller, à un moment où à un autre. L’avantage de s’être endormi avec Ophelia ? Une fois debout, la sensation de rêve dure un peu plus longtemps qu’à l’accoutumée… Sympathize With Your Fantasy n’est pas de ce monde, accordez-lui la place qu’il mérite. En haut, tout là haut.



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