18012

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 octobre 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Alzbeth
(chant)

-Albin Julius
(programmation)


TRACKLIST

1) i
2) ii
3) iii
4) iv
5) v
6)
vi
7) vii
8) viii
9) ix
10) x
11) xi
12) xii
13) xiii
14)
xiv
15) xv
16) xvi
17) xvii
18) xviii
19) xix
20) xx

DISCOGRAPHIE


The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud - A New Soldier Follows The Path Of A New King



Chez nous, soyez Reine, nous sommes à Vous.
Régnez en Souveraine, chez nous, chez nous.
Soyez la Madone qu’on prie à genoux
Qui tue et pardonne, et re-tue et re-pardonne, chez nous, chez nous.
Elle fait la pluie et le beau temps. Elle est la pluie et le beau temps. Enfin, le beau temps… on se comprend…

 
Le premier donne un aperçu de l’essence du duo. Amara Tanta Tyri la définit. A New Soldier Follows The Path Of A New King la magnifie. Albin opère deux mouvements simultanés: une légère régression et un abandon. La ligne droite est rarement – n’est jamais ? le plus court chemin entre deux points, et parfois pour avancer, il faut reculer. Amara Tanta Tyri est sublime de jusqu’au-boutisme. Vouloir aller plus loin en terme de dark ambient médiéval confine au suicide, ou tout au moins à une plongée dans l’ennui, et le duo l’a bien compris. Pour avancer, il faut savoir reculer. Un chouia. Revenir à un format plus classique, composer plus de chansons et moins de plages folles. Être un peu plus sage pour devenir un peu plus noir. Et savoir s’abandonner, donc, aussi. Laisser les clés de la maison à Alzbeth, dont l’omniprésence est une nouveauté. Entendez-moi bien, The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud sans elle n’a aucun sens, sur aucun album, mais jusqu’alors, ses interventions restaient limitées. Nombreuses, mais limitées. Tandis que sur ce chapitre de cette folle aventure, la chanteuse remplit tout l’espace et s’infiltre même dans les quelques titres où elle ne chante pas. Même dans les silences.
Toujours aussi sobre, mais toujours aussi variée, elle se fait entendre partout et tout le temps. Son entrée en scène est, certes, retardée d’un morceau – histoire de faire croire que l’histoire contée sur Amara va se répéter -, mais « ce n’est que pour mieux te manger, mon enfant. » Un deuxième titre terrible, où la combinaison Alzbeth en colère / moines tibétains possédés mange littéralement le cerveau de l’auditeur, et c’est parti. A New Soldier nous régale de son lot de chansons populaires d’un temps révolu et de purs passage dark ambient, mais innove également et construit de superbes chœurs mélodiques qui donnent une touche presque humaine à l’ensemble et le pare d’une touche de mélancolie supplémentaire ("v" et "viii"). Du coup, cette troisième œuvre surprend par sa variété de ton, même si la cohérence reste assurée, notamment par le biais de titres se répondant les uns aux autres. On qualifiera la première phase de l’album de plus intense et la seconde de plus folk/ambient, plus minimaliste et sournoise aussi, mais au final, tout se tient. The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud perd un poil d’originalité, ressemble un peu plus à ses contemporains, mais gagne en impact et fait encore baisser la température de plusieurs degrés.

 
Le nouveau soldat et le nouveau roi ressemblent grandement à leurs prédécesseurs, mais, sur ce troisième opus, The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud crée une atmosphère légèrement différente. Un soupçon de classicisme, une poignée supplémentaire de mélodies, un extrait de Cœur Noir. La recette fonctionne terriblement bien et fait de cette œuvre un objet de culte total.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4