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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 16 décembre 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-Chris Szarota
(chant)

-Dan Ayers
(chant+basse)

-Jeff Wilson
(guitare)

-Tyler Williams
(guitare)

-Fernando Villalobos
(batterie)

TRACKLIST

1) Demons from the Woodwork
2) Intestines Entwined
3)
The Black Abyss
4) Ectogenesis
5) Carrion Eater
6) Consuming Afterbirth
7) Carnivorous Forest
8) Utopian
9) Revolting
10) Organ Harvester (bonus track)
11) Casualties (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Sludgehammer - The Fallen Sun
(2016) - death metal thrash metal melodique et groovy - Label : Autoproduction



Avec internet, il est facile d’écouter des groupes en autoproduction. Et parfois, on tombe sur des albums d’une qualité étonnante, tant dans les compositions que dans le son produit. C’est le cas de Sludgehammer, un groupe de thrash canadien qui dépote bien plus que toutes les merdes que l’on peut entendre dans le genre et qui se contentent de recycler des riffs cent-mille fois entendus… Alors ouvrez les oreilles, ça va défourailler sévère…

J’aime bien le thrash. Je trouve ça rigolo. Il y a un petit côté suranné, très codifié, qui fait que l'on est en terrain connu. On sait ce que l'on va entendre. Cela se voit d’ailleurs avec la pochette affreuse que le groupe a choisi pour son The Fallen Sun… Le problème des codes, c’est que cela manque de surprise et que l'on s’emmerde un peu. Heureusement, le Canada est là pour apporter sa pierre et dépoussiérer un genre qui ne s’est jamais vraiment remis de ses pionniers. Sludgehammer se décrit comme un groupe de death/groove/thrash mélodique. C’est exactement ça ! Si l’ensemble des riffs fait plutôt penser à du thrash, les ambiances empruntent au death metal. Et qu'est-ce que ça groove ! Mais le combo n'oublie jamais la mélodie, tant dans les guitares que dans le chant. Le cocktail est plein d’énergie et surtout de créativité. Le collectif est en roue libre et balance ses riffs et ses solos sans se poser de questions. Au premier abord, c’est un joyeux bordel pas facile à assimiler. J’ai eu une pensée pour Dead Season, en plus agressif. Le côté décousu, le mélange des genres, le chant particulier… Les mêmes qualités et, hélas, la même difficulté à appréhender leur musique.
Ce qui est formidable chez Sludgehammer, ce sont les guitares. Les gratteux, par moments, lâchent complètement les chevaux. C’est un déferlement de solos qui nous tombent sur la gueule. Quel talent ! Quelle créativité ! On retrouve cette qualité dans les riffs, d’une grande variété. Et s’ils groovent si bien, c’est que la rythmique fait aussi le travail. Malgré le bordel ambiant, les musiciens jouent au diapason, comme un seul homme. L’album se révèle finalement varié dans ses ambiances. Le chant y est pour beaucoup. Tantôt growl caverneux, limite screaming, puis voix claire, puis voix éraillée, on en a pour tous les goûts ! Mais cette approche décomplexée a sa face sombre. L’efficacité de la musique est parfois sacrifiée et quelques longueurs se font sentir. Difficile de demander à la section de simplifier ou condenser sa musique. Son côté relâché est clairement son point fort. Il faut accepter Sludgehammer comme il est : une formation qui s’amuse et se fait plaisir. Et si vous passez les premières écoutes, vous ne le regretterez pas.


The Fallen Sun est un album peu évident. Assez insaisissable, foutraque, bordélique, mais aussi bourré de qualité. C’est le genre de galette que l’on veut adorer, mais qui fatigue aussi un peu sur les bords. Quoiqu’il en soit, jetez-y une oreille, ne serait-ce que pour certains passages de guitares démentiels, complètement décomplexés. Du thrash riche, avec des musicos qui font autre chose que copier les anciens, ça ne se refuse pas !



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