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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mars 2019
Sa note : 15/20

LINE UP

-Morgane Crevon
(chant)

-Roland Stagliano
(chant+guitare)

-Nicolas Charançon
(guitare)

-Laura Calvache
(basse)

-Sébastien Lantelme
(batterie)

TRACKLIST

1) Departure
2) Explosion
3) Mother Nature
4) Thrive
5) Flesh
6) Cantabo Ergo Sum
7) For Myself
8) The Edge of Everything
9) Infinite Sky

DISCOGRAPHIE

Phusis (2019)

Exxistence - Phusis
(2019) - death metal gothique metal prog metal extrême / metal alternatif - Label : M&O Music



Chers amis lecteurs, vous aimez Gojira ? Vous aimez Lacuna Coil ? Vous aimez une petite touche de Devin Townsend ? Alors je vous invite à vous plonger dans Phusis, premier album des français d’Exxistence, proposant un metal alternatif, puissant et rythmé, groovy et aérien.

Exxistence, qui nous vient de la très plaisante ville d’Istres dans le sud de la France, offre avec Phusis, son premier LP après deux EP’s (Revenge Now en 2012 et Rise of Chaos en 2014), le tout ponctué par divers concerts et participations à quelques festivals. Ses différentes prestations ont reçu de bons échos et Exxistence semble, doucement mais sûrement, se faire un petit nom sur la scène metal française. Honnêtement, il semble difficile de concevoir que cette progression s’arrête là, tant Phusis se révèle être une œuvre particulièrement léchée, travaillée, puissante, sombre et exaltante (et quel artwork magnifique signé Quentin Vialatte). Exxistence ne cherche pas midi à quatorze heures et rentre dans le vif du sujet dès l’opener, "Departure", et surtout avec la bombe (presque death) "Explosion". La première citée envoie un gros riff (après quelques notes aériennes), puis laisse place à la découverte de la voix de ses vocalistes, (Morgane et Roland). Le duo fait penser au Lacuna Coil des débuts (jusqu’à l’excellent Comalies), mais avec des guitares bien plus saturées, le tout avec une légère sensation aérienne en toile de fond.
"Explosion", quant à lui, va directement brouiller les pistes. On tend clairement du côté de Gojira, avec un metal extrême puissant et ravageur, avec uniquement Roland et ses grunts au micro, mais surtout un enchaînement de changements de rythmes à vous faire perdre la tête. Ces deux premières excellentes propositions mettent en avant le travail du duo du guitariste, mais aussi de Sébastien à la batterie, tant son jeu varié et puissant ne vous quitte pas. La diversité de style n’est cependant pas terminée. Après un "Mother Nature" du plus bel effet, Exxistence propose, avec "Thrive", un hit qui pourrait faire office de single et pourrait jouer dans la cour du metal symphonique/mélodique. Point de claviers et d’orchestrations, mais une structure, un riff, des lignes de chant et un refrain que ne renieraient pas la plupart des groupes du genre, la lourdeur vue sur les trois pistes précédentes est, cependant, toujours présente (que ce soit sur la rythmique ou les interventions de Roland ). Une belle surprise, qui dénote avec le reste de l’œuvre, lui apportant une certaine « fraîcheur ». Après ce début en fanfare, il est plus difficile d’accrocher aux titres suivants ("Flesh" et "Cantabo Ergo Sum") qui, sans être mauvais, n’apportent pas ce petit truc en plus.
Mais rassurez vous, "For Myself" va vous réveiller : dark à souhait, riffs mélodieux mais terriblement puissants, la création est sûrement celle qui représente le mieux ce côté « à la croisée des genres » entre le metal gothique de Lacuna Coil (notamment sur le final porté par Morgane à coup de « I am my only faith »), le metal extrême (par le jeu des guitaristes et du batteur) et le metal progressif via les nombreux changements de rythmes présents sur Phusis et qui trouvera son point d’orgue sur le morceau de clôture, le sublime "Infinite Sky" (après un perturbant "The Edge Evolution", très groovy, très Machine Head). "Infinite Sky" explique notamment pourquoi Devin Townsend est cité en référence des français : entre une intro assez psychédélique et une structure très prog (je crois avoir assez parlé des nombreux changements de rythmes ?), même Roland varie sa technique vocale sur ce titre final, alternant grunts très death metal et d’autres beaucoup plus gutturaux, comme ceux présents sur les groupes représentants la période « Beauty and the Beast » (Theatre of Tragedy). Enfin, le final est à la hauteur de la composition, explosif, avec de légères notes « électro » et sa conclusion aérienne sur les derniers murmures de Morgane. Un très grand moment.


Vous l’aurez compris, Exxistence livre avec Phusis, un premier album solide, met en lumière ses musiciens et ne tombe pas dans le piège de mettre sa vocaliste trop en avant. Pour le futur, le style est peut-être à affiner et se doit de faire preuve de plus de consistance (des titres comme "Flesh" ou "Cantabo Ergo Sum" me semblant trop inférieurs au reste de l’œuvre). Cependant, Phusis vaut clairement le coup, et nécessite plusieurs écoutes attentives pour s’en imprégner totalement. Foncez !


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