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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 07 mai 2019
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ombeline Duprat
(chant)

-Johann Cadot
(chant+guitare)

-Steve
(guitare)

-Pierre-Emmanuel Pélisson
(basse)

-Thomas Calegari 
(batterie)

Ont également participé à l'enregistrement:

-Yannis Papadopoulos 
(chant sur Sex Drugs and Scars)


TRACKLIST

1) Lullaby for the Clairvoyants
2) One Day - (Silence - Part 2: Daydreaming)
3) Sex Drugs and Scars
4) Lady Ivy
5) On First Earth
6) (D)ea(r)th

7) Into The Wild
8) MCQ Drama
9) Borderline
10) The Right to Pain
11) The Broken Fame
12) The Cemetary Road

DISCOGRAPHIE


Asylum Pyre - N°4
(2019) - power metal mélodique et moderne! - Label : M&O Music



Lors de la sortie d’un nouvel album d’un groupe que l’on affectionne, il y a deux types d’attente. Celle couplée d'excitation (un peu comme quand Therion ou Nightwish sort un nouvel effort) ou l’attente avec la peur au ventre. Ce nouvel Asylum Pyre, le dénommé N°4  (ayant pour thème central, le soulèvement, la prise de conscience de l’état de notre monde) rentre dans cette seconde catégorie, suite à l’échec de leur précédent effort Spirited Away.

Pourtant, Asylum Pyre, toujours emmené par son leader Johann, était une étoile montante du metal mélodique français grâce à deux premières propositions marquantes. Que ce soit le metal assez progressif et mélodique du naïf, mais très touchant, Natural Instinct ?, ou le metal nightwishien et ultra efficace de Fifty Years Later, la voix semblait tracée pour les parisiens. Malheureusement, pour ma part Spirited Away a complètement fait retomber le soufflé. Cinq ans et un tout nouveau line-up plus tard, Asylum Pyre a encore une fois fait évoluer son style, l’ancrant dans l’époque actuelle, puisque N°4 lorgne clairement du côté du power metal moderne, genre de plus en plus à la mode. Et ce n’est pas les premières compositions de cette nouvelle œuvre qui vont contredire ce constat. Les deux singles "One Day – Silence / Part 2 : Daydreaming" et son intro électro et le cliché "Sex Drugs and Scars" (en duo avec Yannis de Beast in Black) proposent tout ce qui fait le power moderne: du speed, de la mélodie ultra facile, et bien sûr le côté électro. C’est clair comme de l’eau de roche, ça ne réinvente rien, c’est presque putassier, mais c’est bon. C’est d’autant plus appréciable que là où Asylum Pyre aurait pu ne proposer que ce style de compos, la bande à Johann a la bonne idée de « varier » ses créations. Point de déluge ragoûtant de power moderne sans changements de rythmes sur N°4.
Outre les deux premières pistes vu ci dessus,  "MCQ Drama" ou encore "The Right to Pain" (et son intro très Beast in Black !) rentrent clairement dans cette catégorie. Mais le combo sait clairement durcir le ton et proposer un son bien plus heavy, notamment sur la puissante "Lady Ivy" qui dénote fortement de "Sex Dugs and Scars". Plus direct, moins mélodique, la guitare et la batterie ressortent bien plus. Le break qui accélère le tempo aux deux tiers avec son petit solo est du plus effet et donne de l’ampleur à la composition, tout comme la voix rageuse d’Ombeline. Cette dernière avait la lourde tâche de succéder à la très talentueuse Chaos Heidi et, si aux premières écoutes j’étais septique, il faut avouer que son timbre (bien que perfectible, et heureusement) se révèle envoûtant, notamment quand elle part sur des terrains plus expérimentaux, notamment sa poussée rageuse sur le bijou "On First Earth", ou une voix plus groovy sur "Borderline". A toute proportion gardée, certains aspects ne sont pas sans rappeler Floor Janssen (sans le coté lyrique) toujours sur "On First Earth" ou encore sur "The Cemetery Road" (autre proposition proposant un côté plus heavy). Mais Asylum Pyre ne fait pas fi de son passé sur N°4, certaines œuvres font clairement écho au style présent sur Fifty Years Later, à savoir un metal mélodique presque symphonique qui, mà encore, pourrait rappeler l’époque Invisibles Circles - Remagine d’After Forever.
Effectivement, des œuvres comme "On First Earth" (encore et toujours) ou la ravageuse et puissante "(D)ea(r)th" (qui nous gratifie de quelques grunts) ne feraient pas tâche sur le premier cité là, ou "The Broken Frame" et son tempo un peu plus mid qui s'intégrerait parfaitement au second. Par ailleurs, la voix claire de Johann est toujours présente, avec parcimonie, mais justifiée, et là, renvoyant plus à l’époque Natural Instinct (sur "The Broken Frame" notamment, où certains éléments me rappellent le premier LP des français). Asylum Pyre a clairement rehaussé le niveau après un Spirited Away bien en deçà du reste de leur discographie. Cependant, et dans un sens, c’est plutôt bon signe pour la suite, tout cela est encore perfectible. Effectivement, leur propension à proposer sur N°4 des titres heavy/power ravageurs doit les conforter dans ce style et peut être à délaisser le côté un peu plus facile de certaines compositions, et j’en viens à ce qui empêche ce nouvel effort d’atteindre une note supérieure, à savoir un creux à son deuxième tiers qui n’est pas au niveau du  trio démentiel "Lady Ivy"-"On First Earth"-"Dearth" et d’un final "The Brokenn Frame"-"The Cemetery Road" explosif. Ainsi "Into The Wild" semble perdue au milieu de l’effort, et des titres comme "Mcq Drama" et  "Borderline" ne sont pas aussi catchys que "One Day –Silence / Part 2 : Daydreaming" ou "Sex Drugs and Scars.


Malgré mon appréhension de départ et des premières écoutes timides, N°4 m’a pleinement conquis, à l’instar des deux premiers albums d’Asylum Pyre. Titres faciles mais efficaces, morceaux catchys et fédérateurs, ce n’est pas un second tiers en deçà qui me fera bouder mon plaisir. Ainsi, pour la future cinquième livraison des parisiens (qui j’espère sera celle de la consécration), mon attention sera soutenue



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