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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 janvier 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-François Tissot
(chant+basse)

-Olivier Girard
(guitare)

-Adrien Brunet
(batterie)

TRACKLIST

1) Quartz pt. I
2) Quartz pt. II 
3) Wave of Singularity 
4) Emerald Visions
5) Nameless Echoes
6) Feeding the Eclipse
7) Ocean of Veinings
8) Stained Souls
9) Hollow
10) Ghosts

DISCOGRAPHIE


Aesmah - Walking Off the Horizon



-Winter ? Winter !
« Et merdeuuuuu... »
-Ah salut…
« Il va me parler d’Aesmah… »
-Dis-donc, elle est bien ta chro d’Aesmah…
« Bingo… »
-Oui hein… t'as vu...
-Pour un mec qui déteste le melodeath, 17 c’est plutôt une bonne note…
-Aesmah c’est pas du melodeath…
-Le début de "Quartz pt. II" ou d’"Ocean of Veinings", c’est quoi ? De la polka javanaise ?
-Ah me casse pas les couilles ! Aesmah, c’est du death mélodique, rien à voir !


Quand je dois montrer que je ne suis pas un farouche adversaire du death metal à la sauce Gothenburg, j’ai la parade absolue. Les gars du FN ont leur ami arabe, moi j’ai The Jester Race. « Moi, anti-melodeath ? Pas du tout ! J’adore The Jester Race ». Emballé, c’est pesé. Sujet suivant. Eh bien figurez-vous que désormais, l’album d’In Flames a un petit compagnon de jeu. Il s’appelle Walking Off the Horizon et il est lyonnais. Parce que oui, bon, il faut bien le reconnaître, Aesmah donne globalement dans le melo… melotruc. Rythmique hachée, mélodies résolument ancrée dans le metal traditionnel, on est bien plus proche de la Suède que des marais de Tampa. On ne saurait cependant réduire le quintette rhodanien à cette simple étiquette. D’abord, François ne screame pas, il growle, c’est tout à son honneur. Ensuite, et c’est le plus important, la palette musicale d’Aesmah est riche, ample, comme si les gars avaient passé l’intégralité de leurs jeunes vies à fouiller dans les archives de death metal mélodique au sens large, du prog/djent, au classicisme d’un Amorphis vieille époque.
C’est d’ailleurs après de graves accords à la "Into Hiding" que "Quartz pt. II", premier véritable morceau de l’album, ouvre le bal. Et que de danses… Agrémenté de beats electros (on appréciera les sonorités Atari sur "Stained Souls", old school power !), de quelques chœurs et autres voix off, voire même de brefs arpèges flamenco sur "Emerald Visions", le metal de ces jeunes gens ne chamboule certes pas les conventions musicales du monde des chevelus, mais il donne quand même sacrément le tournis. Tous les titres sont riches, denses et bien souvent empreints d’une mélodie qui parle complètement au doomster que je suis. Gros point fort: l’absence de baisses de régime. Même "Feeding the Eclipse", le plat de résistance, long de plus de dix minutes, ne faiblit à aucun moment, alternant passages « sautillants » et phrasés de guitares simples, beaux et efficaces. Aesmah sait également complexifier le propos, comme sur un "Ocean of Veinings", frisant le djent par moments. Le combo, versatile en diable, sait combiner toute une panoplie de riffs, rythmes et mélodies, qui laisse l’auditeur étourdi. Une excellente surprise.


Mélodies, riffs et envie. Beaucoup d’envie. Forcément. Quand tu proposes un tel condensé de bonnes choses, une telle variété de sensations, c’est que tu as la gnaque. Walking Off The Horizon séduit tant par la qualité de ses compositions que par la variété des arrangements qui agrémentent ces dernières. Un bel hommage au metal, indépendamment de l’étiquette qu’on lui apposera.


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