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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Non indiqué

TRACKLIST

1) Svn
2) Absent
3) Whispers
4) Lifeless Immortality
5) Extension to Nothingness
6) Cycle of Decay
7) Catharsis

DISCOGRAPHIE

Unsettling Whispers (2018)
Limbo (2020)

Gaerea - Unsettling Whispers
(2018) - black metal - Label : Season Of Mist



Que faites-vous lorsque vous êtes portugais et que vous aimez l’anonymat ? Vous fondez un groupe de black metal pardi. En tout cas, c’est ce que ferait Gaerea à votre place. Les personnes ne raffolent en effet pas de la diffusion d’information à caractère personnelle. Difficile de savoir qui est à la manœuvre derrière les masques arborés. Des aspirants cadres ? Des marginaux drogués ? Des albinos en quête de quiétude solaire ?

Qu’importent les réponses à ces questions insipides, le fait est que Gaerea s’offre à l’écoute du monde via cette première sortie pour gratifier nos oreilles d’un black metal tout à fait frigorifique et peu lié finalement à ses terres natales. L’intro est de rigueur, lancinante, patiente, comme un test à vos envies de noirceur. Des accords millimétrés, stridents, de guitare pour accrocher votre attention. Comptez cinq bonnes minutes avant d’entendre débouler le premier riff et ce qui constitue l’attaque primordiale de la troupe de Sudistes. Ce qui frappe d'emblée cependant, c’est le haut degré de professionnalisme proposé. Les compositions sont calées à la mesure près et la production est terriblement imposante pour un début (après à peine un EP), assurée par rien moins que Season of Mist.
Pour tout dire, sans connaître l’historique de la troupe, on se croirait face à des vétérans de la scène tant l’abécédaire du black, et du metal dans son ensemble, est maîtrisé. Le fait que rien ne filtre sur l’identité des membres laisse aller à quelques élucubrations. Se pourrait-il que du personnel de Moonspell cherche une échappatoire plus noire ? Ou l’ex-MayheM Blasphemer qui réside actuellement dans le pays du Porto ? Même en laissant de côté les déductions hasardeuses, force est de constater l’incontournable: Gaerea sait ce qu’il fait. Et il fait du noir, subtilement teinté pourtant. Teinté death lorsque quelques riffs sont enveloppés d'un gras évident. Teinté post ou core avec un chant éraillé pas loin de éructations du style ou de l’approche apocalyptique non systémique de certains riffs.
Reste que cette congrégation d’inconnus demeure dans la maison black. Elle en connaît le fonctionnement et les clés. Car pour disposer de chansons aussi fortes dès sa naissance, il faut en connaître un rayon. Qu’importe les personnes derrière les masques, l’évidence s’impose à nous. Il est doux et agréable de tomber sur ce genre de sortie, justement issue de nulle part. Bien sûr, on pourrait arguer à raison de la trop forte teneur en « posteries » en tout genre lorsque la musique s’égare de trop dans des mélodies pas loin du blackgaze, ou du chant finalement pas assez râclé. Tout ceci est recevable. Et d’ailleurs le puriste y trouvera terreau afin de s’éloigner d’une émanation par trop peu noire. Reste que tout le monde n’est pas puriste, et tout le monde n’a pas le cerveau cloisonné.


Alors ceux appartenant à cette catégorie s’égaieront à l’écoute de ces titres pleins de maîtrise, peut-être trop d'ailleurs. Les amateurs des genres plus modernes également. On pardonnera alors les errances vraisemblablement trop mélodiques, mais on ne les oubliera cependant pas.


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