18305

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 avril 2020
Sa note : 12/20

LINE UP

-Nicolas "Hreidmarr" Saint-Morand
(chant)

-Arnhwald Rattenfänger
(chant+guitare+claviers)

-Alexander "A. Sethnacht" Hornung
(guitare)

-Katia "von Wasgau" Jacob
(basse+claviers)

-Grégoire "G." Galichet
(batterie)

TRACKLIST

1) Ultime éclat
2) Le rivage
3) Et puis le souffre
4) Acta est Fabula
5) Ce qu’il y a de chaos
6) Vers le zéro absolu
7) Les grands champs d’hiver

DISCOGRAPHIE


Glaciation - Ultime éclat
(2020) - black metal - Label : Osmose



Énorme surprise ! Arriver sur la fin février 2020 et découvrir que Glaciation, oui, celui de 1994 ou de Les falaises de marbre, vient de sortir un nouvel album sans annonce, presque en catimini, alors qu’on désespérait d’avoir des nouvelles du groupe, et qu’on le pensait six pieds sous terre après les efforts consentis pour arracher deux sorties. Donc, non. Alors, tout haletant et penaud, nous nous dirigeons vers une écoute que l’on appréhende.

Appréhende ? Mais pourquoi ? Les deux premières livraisons ont donné lieu à moult réjouissances métalliques et le temps de gestation semble indiquer une nouvelle prise de réflexion très certainement propice à l’éclat (quel subtil clin d’œil) de nouvelles compositions en avance sur leur temps. Cependant les effusions de joie se diluent très rapidement dans la crainte. Crainte dont la source provient de l’histoire récente du groupe. En effet, Glaciation a subi quelques menus changements : tous ses membres sauf Hreidmarr, hurleur en chef de Les falaises de marbre, sont nouveaux. Mais que ? Il s’est bien passé quelques péripéties dignes des Feux de l’Amour. Hreidmarr aimait Glaciation, mais voulait conserver les droits pour lui. Les membres originels s’étaient déjà séparés pour divergence d’opinion artistique mais gardaient de bons contacts. Sauf qu’ils ont perdu les droits. Pour Hreidmarr. Qui s’est donc attelé à s’entourer d’une nouvelle écurie pour produire un nouvel opus sous le nom d’une horde qui n’a donc rien à voir avec lui étant donné qu’il n’a passé en tout et pour tout qu’un an dans la bande, sans avoir été à la fondation de quoique ce soit la concernant.
On comprend alors aisément la fronde froide des membres à l’origine de Glaciation. On comprend également que nous sommes en présence d’une musique qui se démarque grandement des deux précédentes sorties. Qui elles-mêmes étaient déjà peu ressemblantes entre elles compte tenu de séparations initiales. On comprend surtout que Glaciation c’est l’histoire d’un héritage compliqué et d’une trajectoire tout sauf rectiligne. Du black très froid et cru de 1994 au black pédant et grandiose de Les falaises de marbre, ne retenez que le chant de Hreidmarr, trait d’union entre le passé et le présent. Les compositions, le son, rien ne correspond vraiment sinon. Finies les interventions de saxophone, finies les discours enregistrés de grands penseurs français. Surtout, nous avons bêtement envie que le groupe se plante suite à ses trahisons. Ce n’est malheureusement pas aussi facile.
Il semblerait en effet que Hreidmarr ait su s’entourer de bons ouvriers et que les idées nécessaires à la réalisation d’un brûlot de black metal soient partiellement présentes. Ultime éclat est fort heureusement boursoufflé à en donner des claques. Les manières de Hreidmarr doivent agacer à juste titre. Ne nous mentons toutefois point, les riffs envoyés, les blasts balancés et les changements de rythmes sont faits avec maîtrise et, il faut bien le reconnaître, aplomb. La troupe qui se présente à nos oreilles propose un black metal racé et potentiellement entêtant. Malgré tout, on peut légitimement se poser la question de la pertinence de vouloir sortir cet album sous le nom de Glaciation tant l’esprit originel est loin désormais. Les claviers de "Ce qu’il y a de chaos" n’ont rien à faire dans un projet qui était initialement un hommage à une période bien précise du black metal norvégien (et pourtant il s'agit du meilleur titre de la galette, comprenne qui pourra).


Ultime éclat met donc l’auditeur dans une situation bien inconfortable. Une bonne sortie de black metal indubitablement, avec ses côtés énervants (le chant, des passages trop post) et aussi ses qualités (maîtrise des codes du genre, compositions). Faut-il sanctionner la démarche, l’éloignement des racines ? La question est vraiment difficile à trancher sans hésitation. Disons que c’est un objet agréable pour l’amateur du style.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7