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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 09 avril 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Amalie "Myrkur" Bruun
(chant+guitare+violon+lyre+harpe+claviers
+percussions)

Ont participé à l'enregistrement :

-Ida Sandberg Motzfeldt
(choeurs)

-Veslemøy Aalde Heyerdahl
(choeurs)

-Stefan Brisland-Ferner
(violon+harpe)

-Christopher Juul
(mandoline+percussions)

-Joanna "Jo" Quail
(violoncelle)

-Kristian Uhre
(percussions)

TRACKLIST

1) Ella
2) Fager som en ros
3) Leaves of Yggdrasil
4) Ramund
5) Tor i Helheim
6) Svea
7) Harpens kraft
8) Gammelkäring
9) House Carpenter
10) Reiar
11) Gudernes vilje
12) Vinter


DISCOGRAPHIE

M (2015)
Mausoleum (2016)
Mareridt (2017)
Folkesange (2020)

Myrkur - Folkesange
(2020) - folk - Label : Relapse Records



Ouf. Gros soulagement. Permanent ou temporaire, seul le temps le dira, mais on va pouvoir éviter le débat. C’est déjà ça de pris. Myrkur sort un album non metal. C’est pas beau la vie ? Pas d’échanges houleux quant à son trvisme, son statut de chouchou et autres possibles « totems d’impunité » à l’horizon. Quoique…

Dans le fond, avec Folkesange, elle suit les pas d’autres métalleux ayant construit des side projects basés sur le folklore scandinave, de Storm à Skuggsjá, en passant par Wongraven ou Wardruna. Du coup, on risque de ne pas échapper au débat quant à l’authenticité de la démarche de Myrkur… Si cette question ne me taraude absolument pas (j’aime les trves, les falses et les Normands - ptêt’bin qu’oui, ptêt bin qu’non), en revanche, je me suis penché de près sur la cohérence du troisième LP de la chanteuse-modèle. Il s’agit à mes yeux du défaut majeur de son œuvre précédente, Mareridt, fort agréable, mais fait de bric et de broc. Et j’avoue que le premier titre ne me rassure pas. "Ella" (rien à voir avec France Gall – RIP) commence comme le mythique "Llorando" de la mythique Rebekah del Río, titre apparaissant dans le mythique Mulholland Drive de David Lynch, avant de terminer en spot publicitaire pour l’office du tourisme scandinave - un mal qui sévit depuis quelque temps et qui a plombé à lui seul Forgotten Paths de Saor. « Elle annonce du folk et on a de la soupe... ça commence bien » pensé-je alors.
Fort heureusement, la majeure partie de la suite de l’album atténue grandement ce sentiment d’œuvre en contreplaqué. De "Fager som en ros" à "Gammelkäring", l’artiste nous invite à un voyage de toute beauté, basé très essentiellement - totalement - sur une interprétation de chansons populaires dont la mélancolie initiale et la profondeur subjuguent. Myrkur les retranscrit merveilleusement bien et je dois me faire violence pour ne pas faire résonner ma voix de fausset dans la maison tant l’envie de se mettre à chanter avec elle et faire savoir au monde à quel point cette musique nostalgique est belle me tenaille. "Fader som en ros", le sépulcral "Ramund", "Tor i Helheim", ou "Svea" dont les arrangements rappellent avec force le premier Skuggsjá… il s’agit de beauté pure. Juste ça. Tout ça. Pourquoi, alors, Myrkur change-t-elle brusquement de cap et nous amène au States avec "House Carpenter" ? "Reiar", très Agnès Obel est un joli titre également, mais on sort complètement du superbe trip proposé initialement. "Vinter" conclut, quant à lui, l’œuvre avec une mélodie au piano et des chœurs évoquant plus un film de Disney que "Mellom Bakkar og Berg"… Bref, si Folkesange est globalement un excellent album, je reste dérouté par les choix de Myrkur…

Avec Folkesange, Myrkur se lance dans une interprétation magique de chansons tirées de l’imaginaire musical des pays nordiques. Arrangements captivants et timbre parfaitement adapté, elle nous envoûte avant de changer de cap et gâcher légèrement l’atmosphère de l’ensemble dans un dernier quart d’œuvre plus déroutant/détonnant. Certains y verront sans doute de l’éclectisme, pourquoi pas. Il n’empêche, son virage - incartade ?- folk est globalement très réussi.


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