18312

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 11 avril 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nergal
(chant+guitare)

-Havoc
(guitare)

-Novy
(basse)

-Inferno
(batterie)

TRACKLIST

1) Horns Ov Baphometh
2) Modern Ïconoclasts
3) Here and Beyond (Titanic Turn ov Time)
4) As Above So Below
5) Blackest Ov the Black
6) Hekau "718"
7) The Harlot Ov the Saïnts
8) No Sympathy for Fools
9) Zos Kia Cvltvs
10) Fornïcatus Benefictus
11) Typhonïan Soul Zodiack
12) Heru Ra Ha: Let There Be Mïght

DISCOGRAPHIE


Behemoth - Zos Kia Cultus (Here and Beyond)



Alors attention, ceci est un avis novice. Novice de Behemoth, car sachez et partez prévenus, ceci est ma seule possession du groupe. « Mais c’est qui ce fou ? », se dit alors la plèbe enragée. Une personne ayant envie de parler d’une sortie qui l’a marqué, et qui finalement fut la seule à déclencher l’acte d’achat parmi tous les albums de la période death « dorée » pré-opération de Nergal sur 2002-2009. Celle qui vît le groupe s’imposer sur la scène extrême internationale comme un groupe de tueurs.

Car Behemoth s’est totalement affranchi du black metal de ses débuts. Finies les réunions avec les pucelles effarouchées dans les forêts enneigées. Nergal a affiné son image, son maquillage et sa présence photographique. Exit le noir et blanc, l’imagerie fait place à des couleurs chatoyantes et un sens du chiadé spectaculairement développé. L’heure n’est plus du tout à l’approximation. Musicalement, c’est à l’avenant. Zos Kia Cultus (Here and Beyond) marque le début de l’ère « trop ». La maîtrise instrumentale des différents zicos, Nergal en tête, devient désormais impressionnante. On sent une réelle volonté d’imposer à l’auditeur ses qualités et de les faire connaître. Sans sombrer dans l’excès toutefois, la musique prime. Et, surtout ai-je presque envie d’écrire, Inferno est maintenant stabilisé derrière les fûts. Et il déboîte.
Sa cadence en blast est impressionnante, tout comme sa maîtrise des rythmes et sa faculté à les tenir. Le mec est une machine métronomique qui domine. Pour l’avoir vu en concert, ce n’est pas un artifice de studio, le type savate pour de vrai. Toute la panoplie y passe. Blasts bien sûrs, mais également descentes de toms savamment étudiées, roulements de double pédale ultra carrés et frappes chirurgicales appropriées sur les cymbales. Le mec est en plus mis en valeur par une production totalement disproportionnée, ce qui a causé quelques critiques d’ailleurs, ayant trait à la primauté de la forme sur la musique. Personnellement, je trouve ça parfait dans la puissance ainsi véhiculée à ce death quasiment plus black et aux menus relents orientalo-occultes pour procurer une aération ténue mais bienvenue.
Car c’est bien de death brutos dont nous parlons ici. Le terme « black », souvent apposé à leur musique, n’est là que pour le passé du groupe et ses textes fermement satanistes. Nergal chante dans un growl hurlé bien ancré dans le genre de la mort qui tache. Tout cet édifice rythmique ne serait cependant rien sans des riffs qui fracassent. Et bien ils butent. Encore une fois, c’est hyper carré, précis et incisif. Leur unique but est de s’insinuer dans votre boîte crânienne pour la marteler. Le pilonnage en règle auquel nous sommes soumis est un bonheur de tous les instants. Évidemment, on peut reprocher à cette déferlante de brutalité technique un certain manque d’émotions et de l’accablement auditif. L’argument est tout à fait recevable, mais il faut bien savoir ce qu’on veut : en l’occurrence du death ultra produit, superbement exécuté, saupoudré d’occultisme.


Nergal et sa bande sont réellement des machines sur cet album. La suite sera du même tonneau, et selon les affinités, encore meilleure. Reste ce Zos Kia Cultus, véritable sulfateuse à riffs, implacable de brutalité raffinée. N’y cherchez pas finesse ou émotion. Behemoth est entièrement dans la décharge et la domination. Et il le fait foutrement bien.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6