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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2020
Sa note : 18/20

LINE UP

-Thomas "DM" Blanc
(chant)

-Nicolas Muller
(guitare+basse+programmation)

Ont participé à l'enregistrement :

-Aline Boussaroque
(chant sur "Devenir le Soleil")

-Count Delictii
(chant sur "Devenir le Soleil")

-Frédéric Gervais
(chant sur "Devenir le Soleil")

-Romaric Lamare
(chant sur "Devenir le Soleil")

-Sam Pillay
(chant "Devenir le Soleil")

-Elisabeth Muller
(violon sur "Singularity")

-Simon "C." Chatteleyn
(saxophone sur sur "Devenir le Soleil")

-Raphaël Verguin
(violoncelle)

-Mikko Koskinen
(batterie)

-Aurélien Fouet-Barak
(percussions sur "Devenir le Soleil")

TRACKLIST

1) ...Et Dieu de tut
2) A Wall of Certainty
3) The End of the Empire
4) Let the World Forget Me
5) Singularity
6) An Endless Stream
7) La lèpre des hommes
8) Devenir le soleil
9) Now... Shine!



DISCOGRAPHIE


Helioss - Devenir le soleil



Prendre l’accent belge. « Les oies! Le troupeau de moutons ! L’omelette des Titans avec huit douzaines d’œufs ! Le banc de poissons ! Le bœuf, tu vas voir ça fond dans la bouche ! La vache, les veaux, parce que séparer les familles, ça il faut pas faire hein, la montagne de caviar, gros grain ! Le chameau, c’est drôlement farci ! Avant de passer à la suite, l’éléphant aux olives ! » Vous vous sentez l’appétit d’Obélix ? Vous allez en avoir pour votre argent!

Comme aurait dit Michel « Evil Butcher » Fugain : c’est la fête ! Le quatrième travail d’Helioss, le projet black-death français du sieur Nicolas Muller, est définitivement placé sous l’auspice de l’opulence. Tel le cuisinier des Douze travaux d’Astérix, Nicolas, acoquiné de D.M, chanteur attitré depuis trois albums maintenant, met les petits plats dans les grands et sort un album énorme. Très dense. Trop dense ? C’est peut-être le seul bémol que l’on pourra trouver à Devenir le soleil: si l’on veut s’offrir l’œuvre d’un seul coup, on affronte le plat de résistance qu’est le titre éponyme un peu entamé par la profusion de riffs, changements de rythmes et idées qui parsèment les sept morceaux précédant le moment fort -vingt-quatre minutes de foisonnement- de l’album. Riffs effrénés, shred endiablé, Helioss déroule sa belle mécanique désormais parfaitement rodée. DM growle sur fond néoclassique et rythmiques à fond les ballons. Le projet Frenchie n’est cependant pas dans la redondance puisque certaines nouveautés sont au programme : la touche française, présente dès The Forthcoming Darkness, mais très significative depuis One With the Sun, s’étoffe encore via Devenir le soleil, et s’accompagne d’une orientalisation des saveurs. Des psalmodies arabes de "… Et Dieu se tut" aux violoncelles « tziganes » de "Singularity" rappelant - fortuitement - Thy Catafalque, en passant par les râles tibétains de l’inquiétant "La lèpre des hommes", Helioss nous fait plus voyager qu’à l’accoutumée.
Du coup, à la versatilité habituelle du projet, s’ajoute une ambiance spéciale, francophone et inquiétante, que l’internationalisation des sonorités rend romanesque. L’extraordinaire "A Wall of Certainty", efficace en diable et surprenant par ses accents thrash-crossover prononcés - quels chœurs étonnants ! - n’est qu’une (belle) exception à l’orientation générale d’une œuvre stimulant l’imaginaire, tout en restant éprouvante pour la nuque de l’auditeur. La frénésie de l’œuvre n’est cependant que le prélude au titre éponyme, l’effort le plus abouti du groupe, conçu comme un récit fantastique, chanté et raconté en français. Le travail effectué sur les voix, qui narrent successivement l'histoire, n’a d’égal que l’enchaînement sans fin de riffs, solos et interludes divers et variés. DM s’y voit épaulé de cinq comparses chanteurs qui apportent une palette d’intonation, timbres et scansions rarement atteinte dans notre microcosme métallique. A tomber par terre. A noter que pour les lyrics de ce titre, Nicolas a compté sur l'apport de Julien Simon, auteur aux multiples facettes. L’œuvre colossale s’achève sur un instrumental de bon goût, "Now… Shine!", où l’incontournable Raphaël Verguin - présent sur l’ensemble de la production de France et de Navarre tellement il est actif ! - accompagne Nicolas dans cet au revoir un brin mélancolique. Au revoir, mais pas adieu, tant Devenir le soleil possède un goût de revenez-y.

« Vous en reprendrez bien une petite lichette ? Ce n’est fait qu’avec des bons produits, ça ne peut pas faire de mal ! » Nicolas, l’un des meilleurs chefs français, décroche sa troisième étoile avec un Devenir le soleil époustouflant de quantité et de qualité. Prenez-votre temps, on n’est pas au McDo ! Assimiler la richesse de l’œuvre ne se fait pas en un jour, mais le jeu en vaut la chandelle. Helioss étoffe encore une discographie qui, pour l’instant, n’est peuplée que de pièces essentielles. Chapeau !





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