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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 juin 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Hell Max
(chant)

-Hell Tiche
(guitare)

-Hell Ben
(basse)

-Hell CoXys
(batterie)

TRACKLIST

1) Lumière
2) Ombre
3) Pluie de cendres Pt. I
4) Esprit Vide
5) Larmes
6) Pluie de cendres Pt. II
7) Danse dans le vent
8) D'eau et de sang
9) Crépuscule

DISCOGRAPHIE


Hell Gate - Par-delà l'existence



Il fut un temps où Les Eternels produisaient un nombre incalculable de chroniques. Les tauliers de l’époque s’appelaient CCC, Kroboy, ... Les petits scribouillards que nous étions recevaient leurs lots de promos hebdomadaires à chroniquer. Tu aimais bien ? Super. Tu n’aimais pas ? Tu chroniquais quand même. La révolution sybarite de 2014 a changé la donne. Maintenant, nous, les chroniqueurs pachas, parlons des albums dont nous avons envie et point. Du coup, les groupes venant demander que nous les évaluions ont une chance bien faible d’être entendus. Alors, pourquoi ? Pourquoi avoir dit oui à Hell Gate et pas à une autre formation ?

Réponse : aucune idée. Je n’avais pas entendu parler d’eux auparavant. Ils ne jouent même pas du funeral-gothic-ambient-electro-doom… Une intuition ? Un sixième sens me mettant sur la piste d’un groupe extrêmement prometteur ? Ceux qui ne regarderont que la note concluront que non. Que j’ai juste un peu trop fumé. Qu’il s’agit d’une excentricité. Eh bien, ils ont tort. Au moins en partie. Alors, oui, j’ai eu peur, car ce Par-delà l’existence commence de manière poussive. Hell Gate se situe à la frontière entre death et black et ne fait pas de la vitesse d’exécution une priorité, privilégiant la force de frappe et une dose raisonnable de dissonance, ce qui n’est a priori pas pour me déplaire. Simplement, le début du premier effort des Alsaciens donne la sensation d’écouter quelque chose d’un peu rustaud. Musique très (trop ?) simple, un chant plaqué sur la rythmique (à tel point que je me suis demandé si on n’avait pas à faire à un batteur-chanteur), ma première réaction fut une remise en cause. « Mon cher Winter, ton flair fout le camp. »
Et puis, à partir de l’intermède "Esprit Vide", les chose changent. Hell Gate se met à augmenter les contrastes. Encore discrets sur "Larmes", mais une voix off et de jolis chœurs pointent le bout de leur museau et nous indiquent où le groupe veut en venir. La combinaison de passages abrasifs, parfois trépidants, et de subtilités poétiques post-rock - telle est la raison d’être de ce premier LP. Du coup, l’on prête plus attention aux paroles, largement plus élaborées que la moyenne, et l’on guette l’émotion, en tout cas une sensation plus profonde. C’est la seconde partie de "Pluie de cendres" qui nous la montre, grâce à un final tout en finesse, à coup d’arpèges désincarnés et de mots doux-amers. L’œuvre est enfin lancée, elle s’avale alors d’un seul trait. "Danse dans le vent", morceau de bravoure de neufs minutes, s’avère absolument convaincant avec son alternance de riffs massifs et de passages légers, soutenus par des chœurs discrets. "Crépuscule", de la même trempe que "Danse dans le vent", ferme le premier effort longue durée du groupe sur une note très positive. L’alternance entre baston et câlins gris clair qu’on y écoute peut même être considéré comme un excellent générateur de frissons.


Après une mise en route un peu pénible, Hell Gate laisse entrevoir un gros potentiel. Le mélange entre riffs maousses costauds et ambiance « calme après la tempête » est encore à affiner, mais Par-delà de l’existence retiendra l’attention de l’amateur de contrastes. À suivre de près.





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