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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 août 2020
Sa note : 18/20

LINE UP

-Elena
(chant)

-Rémi
(chant)

-Marco
(guitare+claviers+programmation)

Ont participé à l'enregistrement :

-Sophie Clavier
(chœurs sur "Still Alive")

-Adrien France
(violon sur 1, 3, 4 et 8)

-Julien Perdereau
(basse+batterie)

TRACKLIST

1) The Promise
2) Sabrina
3) Broken Love
4) All They Want
5) Will the Demons Win?
6) Chaos
7) Silence
8) Still Alive

DISCOGRAPHIE

Silence (2020)

Edenya - Silence
(2020) - rock prog - Label : Autoproduction



Configuration classique : une personne de votre entourage, pour laquelle vos goûts musicaux s’apparentent à de la (grosse) merde, vous lance « Ah j’ai un pote qui joue dans un groupe dont la musique pourrait te plaire...». Sous entendu : « Vu que leur musique c’est de la grosse merde... » En général, dans une telle situation, je tombe, au pire, sur du metalcore, au mieux, sur une formation honnête, sympathique, voire intéressante. À la rigueur, emballante. Mais Edenya…

On m’aurait vendu ce trio comme un groupe hollandais que je n’y aurais vu que du feu. Si un nombre important d’influences magnifiquement maîtrisées perlent, tel une exquise rosée, sur le velours musical qu’est Silence, l’ensemble sent bon le rock prog, parfois métallisé - oserais-je dire « doomisé » - des formations bataves, The Gathering en tête. Ce mélange de mélodies simples, mélancoliques et éthérées qui de temps en temps se massifient et montrent, l’espace de quelques minutes de-ci de-là, un visage plus crispé, c’est la marque des frères Rutten, du Solar Lovers de Celestial Season mais aussi de groupes depuis longtemps oubliés comme Moon of Sorrow. Sauf qu’Edenya est français. Entre nous, le léger accent des chanteurs trahit l’origine du groupe d’entrée de jeu, mais qu’importe. Sous la houlette de Marco leur leader, les compères enchaînent mélodies subtiles entêtantes, vocaux enchanteurs et même quelques passages surprenants. Exemple : un "Broken Love" où les violons s’intensifient pour en faire un titre à la This Mortal Coil.
Autre exemple : la fin du titre suivant, "All They Want", qui métallise de manière intelligente une chanson pourtant orientée vers les seventies et le vieux prog de nos géniteurs. Une aura de candeur désarmante et de petites trouvailles qui deviennent grandes au fil des écoutes illuminent le deuxième LP des Franciliens et, si je mettrais un léger bémol sur l’hommage aux victimes de l’attentat du Bataclan qu’est "Will Demons Will ?", un tantinet convenu, toute l’œuvre peut s’écouter, encore et encore, des premiers arpèges de "The Promise" au final très Anathema des bons jours de "Still Alive", en passant par "Sabrina", où Elena excelle, ou le gatheringuissime "Silence", le titre le plus musclé de l’album. Même le court instrumental "Chaos" est baigné de cette atmosphère diaphane captivante. Aucune triche, aucune fanfreluche, Edenya joue carte sur table et avance ses arguments avec simplicité, passion, lumière et, peut-être bien, une pointe d’optimisme, si l’on s’attarde sur les paroles du "Still Alive" final. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.


Après Amphetamin, un second groupe prog français me fait frissonner comme personne. Silence est un album lumineux, doux, mais également inventif, voire musclé à ses heures (enfin bon, Benighted, c’est pas par là hein…). Edenya relève de l'énorme surprise et un album qui finira obligatoirement dans mon top de l’année 2020, décidément riche en moments extraordinaires.





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