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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 05 septembre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Florent Langevin
(chant+guitare)

-Steven Fernandez Bailey
(chant+batterie)

-PE Baluze
(guitare)

-José Pascual
(basse)

TRACKLIST

1) Intro
2) Lifeless Symphony
3) Red Eyes Glowing
4) Land Predator
5) To Post-Humanism
6) Nameless Life of None Existence 
7) The Shade of Shiva
8) Psycothic Torment
9) Conqueror of the Netherworld
10) Urban Chaos

DISCOGRAPHIE


Exorcizer - Post-Humanism



-Ouh dis-donc, tu es sûr que ça va ? Ça fait combien de temps qu’il est comme ça ?
-Une demi-heure…
-Donne lui un os, ça lui fera peut-être lâcher prise…
-Nan, quand il bouge, c’est pire… Les canines surtout… Par contre, arrête de le regarder comme ça, ça l’énerve ! Exorcizer, tiens-toi tranquille !

Six ans ont passé, mais les Limougeauds thrashants n’ont rien perdu de leur fougue. Au contraire, il faut croire que la morosité ambiante les a chauffés comme il faut. Et encore, pendant la moitié de l’album, ils ont appuyé sur le frein. Plus concis que par le passé, Exorcizer répond, cinq titres durant, au mot d’ordre suivant: « Les gars ! Pas de digression ! On va droit au but ! Sobres, efficaces ! » Du coup, les gars en gardent un peu sous la pédale, et leur nouvelle orientation thrash-death n’est perceptible que par à-coups, lorsque Steven place quelques blast beats, de-ci, de-là. Pour le reste, le gang fait preuve d’une belle puissance, emmenés par les scansions appuyées de Florent et son « fémousse frenche aquecente », et gère un thrash raw, essentiellement influencé par la trinité Slayer/ Dark Angel/ Destruction. Rythmique très mises en avant, servies par un son sale et grésillant à souhait - qui en rebutera plus d’un, mais perso, plus c’est crade, plus j’aime - mode rouleau compresseur activé : l’auditeur secoue la tête avec enthousiasme mais…
Le groupe sent-il que sortir dix morceaux où la créativité est dosée, risque de rendre l’album longuet, même pour les thrashers invétérés ? Arrivé "Nameless Life of None Existence" - inspiré du "Merciless Death" de Dark Angel- on jurerait que José, en bon Ibère, a lâché un « Mira, sabéis lo que os digo ? A tomar por culo ! » À traduire par « Vous savez quoi les gars ? Qu’ils aillent se faire foutre ! » La machine s’emballe alors…et de quelle manière ! Encore plus foisonnante que du temps de Mechanism of Decay, la musique du quintet s’oriente définitivement vers un thrash/ death à la « early Protector » et le fan se voit tout d’un coup submergé de riffs, de blasts et de changements de plan. La trêve est rompue, la guerre aux tympans sensibles est déclarée. Exorcizer finit en trombe Post-Humanism avec trois derniers absolument exceptionnels d’intensité. Le combo y place quelques références plus ou moins surprenantes. Le passage à la Possessed du monstrueux "Psychotic Torment" ne surprendra personne - cf. le mythique "Unleash the Fucking Death" de l’album précédent. Les accords finaux à la Voivod d’ "Urban Chaos" étonneront peut-être un peu plus, mais le clin d’œil amusant s’avère sans aucun doute le bref passage inspiré d’Atheist sur "Conqueror of the Netherworld". C’est qu’ils ont du vécu, ceux-là…

Chassez le naturel, il revient au galop. Un peu trop sage lors de la première moitié de Post-Humanism, Exorcizer se lâche ensuite pour donner libre à cours au foisonnement qui avait fait de Mechanism of Decay un album marquant, une orientation « thrash-death furieux » en plus. Et en live, je ne vous raconte même pas ce que ça va donner




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