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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Matt LoCoco
(chant+guitare)

-Danny Cruz Borja, Jr
(basse)

-Mike LoCoco
(batterie)

TRACKLIST

1) The Madness
2) Scarred and Petrified
3) Drag the Ghouls
4) Reincarnivore
5) Cannibals
6) Out of My System
7) Odd Punk
8) Cage the Beast
9) Paragon
10) Backlash
11) Mutiny

DISCOGRAPHIE


Transit Method - The Madness



De belles fulgurances et quelques longueurs, tel était le bilan - globalement positif - de We Won't Get Out Of Here Alive, premier long jeu délivré en 2017 par Transit Method. Des ajustements étaient attendus de la part des Texans afin de peaufiner leur recette à base de rock progressif pluri-décennal assaisonné avec une mixture heavy/stoner maison assez piquante. Et si la tentation de repartir sur de nouvelles bases l'avait finalement emportée ?

L'option du virage à quatre-vingt-dix degrés paraît plausible à l'écoute des mesures liminaires de "The Madness", chanson éponyme entamée à allure soutenue sur une scansion punk qui rappelle, hum, "Ça plane pour moi", l'hymne à la déglingue de toute une génération (on plaisante). L'illusion dure à peine une minute, avant qu'intervienne un passage apaisé, puis un refrain intense qui fait l'aller-retour avec plusieurs breaks plutôt tranquilles, précédant une réapparition du thème initial. À l'issue de cette ouverture légèrement confuse s'installe un sentiment de frustration tenace, et ce d'autant plus que l'absence d'envolées au long cours laissait espérer une écriture plus percutante que celle du LP inaugural. Sauf que les quatre derniers morceaux s'enchaînent pour former une suite d'une douzaine de minutes constituées d'une juxtaposition de plans sans grand caractère, heureusement boostés par un dynamisme de tous les instants qui vaut d'ailleurs pour tout le recueil. Quel dommage que celui-ci soit en grande partie dévitalisé par une production sans relief qui donne l'impression que tous les instruments ont été mis au même niveau !
Entre une guitare en manque de tranchant, une batterie qui sonne comme un baril de lessive (même si ce n'est pas St. Anger non plus) et une basse qui ne parvient pas à instaurer le groove salvateur qui semble pourtant tout à fait dans les cordes de l'habile Danny Borja, la dextérité des musiciens n'est guère mise en valeur - et leurs compositions non plus. Le chant perché et délicieusement tendu de Matt LoCoco, trop en retrait, ne parvient pas à renverser la tendance de sorte que les bonnes idées peinent à se frayer un chemin, que ce soit la mélodie inhabituellement mélancolique du single "Scarred and Petrified", l'emballement final de "Reincarnivore" ou encore le motif véloce en amorce d'"Odd Punk" qui s'éteint dans le confort d'une variation trop étirée avant un retour in extremis aussi plaisant que rageant. Car contrairement à l'album antérieur, aucun titre n'emporte pleinement l'adhésion, les partitions sans saveur de "Cannibals" et "Out of My System" occasionnant même un sérieux coup de mou à mi-parcours. Le dénouement abrupt de ces deux spécimens confirment la difficulté réitérée du trio à maintenir une écriture cohérente de bout en bout, malgré un effort méritoire d'alterner séquences animées et plages détendues - sans doute trop concernant ces dernières à l'image de "Drag the Ghouls", tentative peu convaincante d'une synthèse en quatre minutes de la musique de Tool
.

Le changement n'a pas eu lieu chez Transit Method qui continue sur The Madness à proposer son heavy pop prog aux sonorités singulières sans parvenir à s'extraire complètement de ses influences, dont le Rush seventies en format rétréci. Des trouvailles juteuses mais dispersées, des refrains rarement accrocheurs et un équilibre pas toujours optimal entre parties calmes et nerveuses grèvent une réalisation sauvée par la ferveur et la compétence de ses concepteurs, en dépit d'un son avare en dynamiques. Le talent est toujours là : reste pour ses détenteurs à trouver la bonne méthode (évidemment) pour le valoriser.





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