18448

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 octobre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

Midnight Odyssey

-Dis Pater
(tout)

Igric

-Igric
(tout)

Aeon Winds

-Svarthen
(chant+guitare+claviers)

-Skald
(guitare+basse)

TRACKLIST

1) Cold Winds Are a Distant Dream Final (Midnight Odyssey)
2) Senescent Warrior (Igric)
3) Memories Carved in Stone (Igric)
4) Under a Mantle of Snow (Aeon Winds)
5) Cold Night (Aeon Winds)
6) The Fire of the Gods (titre commun)

DISCOGRAPHIE


(2020) - black metal atmo - Label : Wolfspell Records



Les split-albums ont en général pour but de faire connaître des groupes « à peu de frais ». Quelques titres chacun et hop, le label sort une œuvre dont il facilitera la diffusion comme « produit d’appel » pour des groupes qui, même s’ils pratiquent le même style - il est rare qu’un groupe de metalcore y côtoie une formation trve black -, font valoir leur identité propre. Enfin bon, ça c’est la théorie…
Et pour Ardorem, la théorie s'est perdue dans un trou noir. Côté diffusion du produit... Vous avez déjà dû écouter et acheter un split en pièces détachées ? Non ? Eh bien, Wolfspell Records initie, via Ardorem, la mode du split en kit sur Bandcamp. Le split-album n’est pas disponible dans son ensemble, chaque groupe vend ses pistes dans son coin. Pratique hein ? Point de vue musique, là encore, la théorie est mise à mal. Loin de vouloir tirer la couverture à soi, les deux groupes slovaques, Igric et Aeon Winds, se Midnightodisséisent, à tel point qu’un auditeur distrait pourrait penser qu’il s’agit d’un nouvel album de la créature de Dis Pater. Alors oui, ce dernier a été membre de Aeon Winds et oui, le style initial des deux formations est 100% Midnight Odyssey-compatible. Mais, pour avoir parcouru leur discographie, le phénomène d’osmose avec le one man band australien est patent. Adorem propose un black spectral, diffus et hypermélodique, à tel point que c’est le titre de Midnight Odyssey qui est le plus... violent ! Bref, une fois de plus, les amateurs de Sadistik Execution peuvent passer leur chemin, mais pour les addicts à l’univers de Midnight Odyssey, Lustre and co, ce split est un régal.
Les trois groupes rivalisent de mélodies mélancoliques, parfois acoustiques, et un chouia gothiques, avec un chant black réduit à la portion congrue et des claviers omniprésents. Le pied (/ l’horreur, selon le point de vue)! Une nouvelle bande son pour nos rêveries nocturnes, voire diurnes si affinités. L’osmose est telle que les trois formations ont pondu à trois un titre qui clôt magnifiquement l’album: "The Fire of the Gods" confirme l’égrégore résultant de la collaboration de la triplette, avec son ambiance épico-fantomatique. L’ensemble est cependant suffisamment homogène - vous l’aurez compris - pour que désigner un titre plus qu’un autre ait un sens. Igric, l'autre one-man-band, est plus Midnight Odyssey que Midnight Odyssey, tandis que ce dernier se la joue donc un peu plus compact que d’habitude, plus dans l’esprit de la mythique demo The Forest Mourners. Bref, si l’on peut regretter une certaine dépersonnalisation des deux combos d’Europe de l’Est, ce sacrifice au nom du mal commun est néanmoins remarquable et tranche avec la difficulté éprouvée pour acquérir l’album en format digital…


Me, myself and I. Dis Pater, Dis Fili, Dis Spiritu Sancti. Amen. Ardorem propose trente cinq minutes d’apnée dans l’éther des forêts perdues au-delà de notre galaxie, absolument dans la lignée de ce que propose Midnight Odyssey. Igric et Aeon Winds ont joué le jeu et ne proposent pas forcément leur « vrai » visage, mais le résultat s’avère probant. Je recommande néanmoins fortement, à tout amateur de black atmo, l’exploration exhaustive des deux formations slovaques.







©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5