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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2020
Sa note : 14/20

LINE UP

-Stefan Ruiters
(chant)

-Pim van Zanen
(guitare)

-Robert Ruiters
(guitare)

-Maaike Aarts
(violon+claviers)

-Jiska ter Bals
(violon)

-Olly Smit
(basse)

-Jason Köhnen
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Atle Aarts
(violoncelle sur 4 et 8)

-Lex Vogelaar
(chant sur 8)

TRACKLIST

1) Decamerone
2) Solar Child
3) Body as Canvas
4) Soft Embalmer of the Still Midnight
5) Will You Wait for the Sun?
6) The Holy Snake
7) Dancing to a Thousand Symphonies
8) Vienna
9) Fandango
10) The Scent of Eve
11) A Tune from the Majestic Queen's Garden

DISCOGRAPHIE


Celestial Season - Solar Lovers
(1995) - death metal doom metal romantique - Label : Displeased Records



Le metal solaire… Voilà quelque chose d’assez incongru. Toute musique se voulant « méchante » va par réflexe, consciemment ou non, se placer sous les auspices de la lune et tout l’imaginaire qui va avec. Il y a des exceptions, bien sûr. Les Frenchies d’Helioss ou le monstre sacré du neo folk qu’est Sol Invictus. Mais lorsqu’un groupe invoque le soleil, c’est souvent qu’il a quelque chose de spécial à nous proposer.

Et en effet, pour son deuxième album, Celestial Season ne fait pas les choses comme tout le monde, notamment dans le monde du gothic doom-death, où la douleur et la nuit sont de mise. Alors, non, Solar Lovers n’est pas, et loin s’en faut, une hymne à la joie, mais disons que les larmes que versent les musiciens sont séchées par une lumière bienfaisante. Ce dernier terme qualifie d’ailleurs bien l’ambiance d’un album, garanti zéro pour cent evil. La tristesse y côtoie l’apaisement dans une symbiose envoûtante. Et là, arrivés, à ce point de mon speech, vous pensez qu’il doit s’agir d’une œuvre grandiose, et que le 14 que vous voyez en haut à gauche et une coquille. « Il a dû vouloir mettre 24. » Eh bien, non. L’ambiance est une chose, la qualité des compositions en est une autre, et le moins qu’on puisse dire, c’est que celle-ci est diablement (oups) inégale. Déjà, un album non ambient où plus d’un tiers des titres sont des intermèdes, ça laisse présager un petit manque de créativité… ce qui est hélas confirmé à l’écoute d’une œuvre qui permet de comprendre pourquoi le groupe a passé plus de vingt ans éloigné du doom-death.
À tout seigneur, tout honneur, cependant : "Decamerone" est un titre d’une beauté absolue. Triste et lumineux à la fois, il est à ranger dans les catégories des hits du doom-death, malgré une production noyant le chant dans la section rythmique. La cover de "Vienna", d’Ultravox, constitue une bonne surprise, et le choix d’un titre "atmosphérique" et mélancolique n’a rien d’incongru au milieu de Solar Lovers. Pour le reste, il faut hélas constater que les titres s’enlisent dans la facilité. "Soft Embalmer of the Still Midnight" possède de beaux moments mais l’enchaînement de ses différentes séquences laisse à désirer. Même constat, ou pire, pour "Will You Wait For the Sun?" et "The Scent of Eve", qui s’embourbent dans la fameuse mollesse que les adversaires du style musical lui reprochent sans cesse. L’intégration convaincante des violons à la section rythmique de "Dancing to a Thousand Symphonies" doit néanmoins être classée dans la catégorie des réussites. Ce petit morceau contribue à l’ambiance globale de l’œuvre, mais globalement, ce Solar Lovers laisse un sentiment mitigé. On aurait pu tenir là quelque chose d’absolument magique, mais il y a trop de tous d’airs pour hurler au génie et l’on en vient à penser que les gars sont fatigués…


Avec sa rythmique chaloupée, le titre "Solar Child" était peut-être annonciateur de la trèèès longue incartade stoner du groupe. Solar Lovers vaut surtout par un premier titre sublime et une superbe ambiance romantique et, paradoxalement, baignée de lumière. Le deuxième album de Celestial Season sent cependant la fin de cycle, comme si le groupe avait eu du mal à composer l’œuvre. En 2020, les artistes retentent l’aventure doom-death. Se seront-ils régénérés ? To be continued…





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