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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 10 janvier 2021
Sa note : 19/20

LINE UP

-Kobi Farhi
(chant)

-Yossi "Sassi" Sa'aron
(chœurs+guitare+bouzouki+oud+saz)

-Matti Svatizky
(guitare)

-Uri "Zelcha" Zelha
(basse)

-Eden Rabin
(claviers)

Ont participé à l'enregistrement :

-Shlomit Levi
(chant féminin)

-David Sasi
(chœurs)

-Avi Ratzon
(chœurs)

-Yariv Malka
(chœurs)

-Erez Caspi
(chœurs)

-Oren Koren
(violon)

-Noam Wiesenberg
(violoncelle)

-Avi Diamond
(batterie)

-Avi Agababa
(percussions)

TRACKLIST

1) Birth of Three (The unification)
2) Ocean Land (The Revelation)
3) The Kiss of Babylon (the Sins)
4) A'Salk
5) Halo Dies (The Wrath of God)
6) A Call to Awake (the Quest)
7) Building the Ark
8) Norra El Norra (Entering the Ark)
9) The Calm Before the Flood
10) Mabool (The Flood)
11) The Storm Still Rages Inside
12) Rainbow (The Resurrection)

DISCOGRAPHIE


Orphaned Land - Mabool - The Story of the Three Sons of Seven
(2004) - folk doom death oriental mystique - Label : Century Media



Je vais romancer un peu, même s'il y a énormément de vrai (demandez aux intéressés). Je n'ai rajouté que mes pensées menteuses, a posteriori.
Moi : « Dites, les gars, il y une énormissime lacune dans les chros d'Orphaned Land. Rien avant 2010 ».
Wotan : « Moi je veux bien faire Unsung Prophets and Dead Messiah »
Moi : « …Oui, si tu veux (…à l'ouest le Wotan, Il a pas écouté la question). Ça laisse Sahara, El Norra Alila et Mabool sur le carreau et c'est grave quand même. »
MFF : « Je veux bien faire Sahara »
Moi : « Si tu le sous-note pas » (dubitatif… Il est dur l'animal, ça peut finir en contre-chro pour ma pomme, j'ai horreur de ça)
Shamash : « Moi j'ai déjà Sahara et El Norra Alila de prêtes si vous voulez »
Moi : « Cool (pouvait pas le dire plus tôt le Shamash?…) Tu t'arranges avec MFF pour le premier, hein (cause toujours) ? »
Winter : « Sinon, je peux aussi en faire une, si vous voulez baisser la moyenne »
Moi : « Je n'ose pas te répondre à part que tu devrais aller chroniquer du SOAD (c'est un bon code pour lui dire d'aller se faire f***re). Du coup, il me reste… Mabool. Le plus facile. Merci les gars, on peut vraiment toujours compter sur vous. »


Pour une fois, je vais m'attarder sur le concept de cet album. Si l'on parle du titre complet (ajoutez The Story of the Three of the Seven), c'est « as clear as mud » ainsi que mes copains d'outre-Manche ont coutume de dire. Il s'agit ici de l'histoire des trois « fils » du septième (mythologiquement, le septième est Dieu). Le septième s'est « divisé » en trois anges (en simplifiant, le judaïsme, l'islam et le christianisme) qui, ainsi, avaient interdiction de se réunifier. Ce qu'ils firent, bien entendu, et ce qui eut pour cause leur exil du Paradis vers la Terre, où ils tentèrent de convaincre l'humanité d'éviter les péchés pour empêcher le déluge (« The Flood ») en punition. Et comme l'humanité a toujours été d'une bêtise confondante, ils échouèrent. Et tout ceci me conduit à écrire cette chronique en séquentiel, pour suivre cette trame.
"Birth of Three" raconte l'unification interdite, le péché originel de cette histoire. Un début dithyrambique où tout se mêle, chant clair, growl, riffs ravageurs et orientaux, ainsi que chœurs mythiques. Suit "Ocean Land", la révélation de l'unité, plus générique du groupe dans sa construction, jusqu'au milieu où le folk ranime sa flamme et Kobi Fahri part dans des arpèges vocaux. "The Kiss of Babylon", les péchés, le premier joyau de Mabool brille par ses chœurs mystiques, son scenario crescendo et son point d'orgue à filer des frissons même après seize ans et mille écoutes. Une montée en vocalises folks et une descente a capella vers la cristalline "A'Salk", ou calme avant la tempête. La tempête est "Halo Dies" (la colère de Dieu) et est exceptionnelle. Là encore, l'usage des instruments folk est parfaitement dosé, la proportion de growl et de chant clair également, les soli sont simplement beaux et servent le propos à l'envi.
Suit "A Call to Awake", la quête vers le pardon, qui arbore des passages en voix grave étonnants mais très plaisants. Puis, "Building the Ark" tout en douceur lyrique emplie d'espoir avant le second joyau, "Norra El Norra" et son chant en hébreu lumineux, parfaite intégration du folk dans le metal ou du metal dans le folk. Cette joie momentanée du sauvetage possible se termine avec l'instrumentale "The Calm Before the Flood", qui porte parfaitement son nom jusqu'à son final orageux. Enfin l'éponyme "Mabool (The Flood)" décrit le déluge avec plus de guitares, plus de growls, les chœurs se font plaintifs, les riffs mouvementés. Le final du concept est plus faible, "The Storm Still Rages Inside" et l'outro "Rainbow" sont presque dispensables, mais toutes deux décrivent le chemin vers l'échec apaisé.


Je n'aime habituellement pas suivre une idée conductrice, voire « constructrice » dans notre cas. Il n'y avait pourtant que peu d'autres moyens à ma portée pour rendre justice à cet album qui aurait presque pu être parfait. Orphaned Land a atteint un niveau d'intégration musicale inouï, que les précédents Sahara et El Norra Alila ont ébauché et patiné avec bonheur. « Mon » Orphaned Land, c'est cela : le folk oriental (instruments, langue, mythologie et mystique) qui se partage la scène avec les codes du metal extrème (riffs, growls) sans véritable concession apparente. Et même si mon cœur préfèrera toujours El Norra Allila, il serait malhonnête de ne pas conclure que Mabool lui est supérieur.



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