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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 04 février 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ole Pedersen Luk
(tout)

A participé à l'enregistrement :

-Jens Martin Haumann
(batterie)

TRACKLIST

1) Altid veltilfreds
2) Tyende sang
3) Imperia
4) Bondeplage
5) Stemninger
6) Angst

DISCOGRAPHIE


Afsky - Ofte jeg drømmer mig død
(2020) - black metal - Label : Vendetta Records



Vous les connaissez ces sorties, celles dont on se dit « Non, ça ne marchera pas sur moi. D’ailleurs, je ne veux pas que ça marche sur moi. » Question de fierté, et de connaissance de soi. Alors on ouvre son claquet par anticipation, on inonde son environnement de phrases sentencieuses et de jugements à l'emporte-pièce du style « Du black mélo ET folk ? Tu veux ma mort ? ». Et ouais. Sauf que des fois, on se sent prêt à crever, à moins de le ravaler, vous savez, notre claquet.

Afsky est de cette trempe. La combinaison mélodies/folk (de manière mesurée certes) avait tout pour me rebuter. Aurait dû me rebuter. Alors pourquoi ne serait-ce que donner sa chance à cette sortie ? Quelle folie inepte s’est emparée de mon âme au moment de la découverte ? Dégénérescence avancée ? Saccage intellectuel ? Défi enfantin ? Qu’importe, car écoute il y eut, et constat fut fait. Merde. De ces réalisations douloureuses qui vous remuent en votre for intérieur. Ces conclusions que l’on souhaiterait ne jamais faire. « Moi ? Sérieux ? Le true evil one. Écouter ça ? » Et oui, pourquoi pas. Et même que tu apprécieras. Et même que tu le mettras dans ton top dix des sorties de l’année. Ou que tu en feras une chronique sans avoir reçu le promo, car tu l’as… acheté.
Donc, vous comprenez la dissonance cognitive puissante motrice de cette chronique. Ce paradoxe involontaire. Du black metal, Afsky en fait en abondance. Sauf qu’il le parsème de mélodies, et pas qu’un peu. Et d’éléments folk, sous des thèmes acoustiques, mais pas uniquement, car de ces riffs et mélodies, ressortent la mélancolie des temps passés, des traditions immémoriales. Ces mélodies diluviennes s’affichent non pas sous la forme de chansons lisses, mais par la force d’une production puissante ayant la pertinence de conserver du grain, sous l’apparence discrète du liant qui vous aspire dans la musique. Les riffs simples s’enchaînent alors aux apparitions fugaces des douceurs candides. Tout cela sous les feux d’un chant incandescent enveloppé d’une remarquable homogénéité tant dans les ambiances proposées que la qualité intense maintenue.
Afsky est une bête intelligente, car sous des atours simples il arrive à créer une mixture aguicheuse, accrocheuse pourquoi pas. Son plus grand exploit devenant alors la réconciliation des démons de la vérité, cette notion fallacieuse de pureté, avec les tenants d’une approche plus belle. Réunir ces deux populations antagonistes est un exploit à saluer, car il s’accomplit rarement. Le côté true de la production apporte une partie des ingrédients de la concoction, même si les riffs sont à saluer pour leur travail acharné, permanent, sur le long terme de cet album. Jamais ils ne vous laissent tomber et c’est bien pour cela que ce Ofte jeg drømmer mig død s’écoute comme du petit lait. Alors est-il important de s’attarder sur les faiblesses ? Une hargne en berne, conséquence des blasts trop « lents » ou du son pas suffisamment strident. Certes, mais c’est menu, et préférons nous attarder sur ce qui nous accroche.


Afsky n’en est pas à son coup d’essai, et c’est un coup de maître. Rappelant Wiegedood par moments, cette offrande chatoyante tout autant qu’abrasive rappelle ce que le black a de meilleur à offrir pour combler les deux mondes : des attaques saillantes et soyeuses, parfaitement résumées par une pochette étonnante de crudité dans sa fausse simplicité désarmante.





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