18579

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 05 février 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mayline Gauié
(chant+violon)

-Raphaël Verguin
(violoncelle)


TRACKLIST

1) Chamanes
2) Prāṇa
3) Sedna
4) Sève
5) Lặsteio


DISCOGRAPHIE

Chamanes (EP) (2021)

Lun - Chamanes (EP)
(2021) - néoclassique ambient tribal - Label : Autoproduction



-  Brendan… Brendan !
-  Mmmm ?
-  Si tu poses « tisane », là, ça te fait mot compte triple.
-  Ah oui…
-  Et tu combines avec « kalmut », et en tout tu marques 66 points.
-  66… Hail Satan… Bois ta camomille, Lisa, sinon elle va refroidir.

La retraite, l’apaisement de l’âme, des ambitions plus modestes, c’est chouette. Forcément, point de vue musique ça se ressent, mais c’est chouette. Du coup, laissons nos artistes australiens goûter un repos bien mérité et tournons-nous vers des personnes proposant des choses plus intenses. Connaissant mon amour pour la chose tribale et ambient, le violoncelliste Raphaël Verguin -vous savez ce surhomme possédant le don d’ubiquité- m’a conseillé l’écoute des premiers pas musicaux de Mayline Gautié, donnés sous le nom de Lůn. Méfiant, de manière générale, et pas seulement dans le cas de nos glorieux retraités, envers la world music, je commençai l’écoute de ce Chamanes avec ma pointe d’inquiétude habituelle. Cette musique du monde-là sera-t-elle frappée du sceau du tourisme low-cost ? Non, ce n’est pas le cas. Mes craintes se dissipèrent rapidement.
Les influences de Chamanes sont clairement à chercher du côté de Dead Can Dance, mais pas uniquement de la période pour tous post-Aion. Si le propos de Mayline n’est pas l’immersion dans un monde sombre et gothique, les deux premières pistes possèdent toutefois une intensité et une profondeur contrebalançant parfaitement le côté clean et esthétique. La troisième et la quatrième pistes, qu’on jurerait sœurs, mettent en lumière la belle capacité de Lůn à intégrer le néoclassique, version sToa, à son univers, comme si le domaine de l’intime se joignait à la célébration de l’universalisme qu’est censée être la world music. Microcosme plus macrocosme… Le projet est ambitieux et si les influences sont très présentes, on sent poindre dans Chamanes une personnalité propre et ambivalente, faite d’envie d’un ailleurs et de repli sur soi. Cette belle ambiguïté atteint peut-être son paroxysme sur le chamanique "Lặsteio", chanté dans une langue que seuls les initiés connaissent... A suivre de très près.


Chamanes permet un voyage en dehors et en dedans par l’intermédiaire d’un mélange très réussi de musique tribale et de néoclassique. Comme si un couple de violoniste et violoncelliste était allé se perdre bien loin d’ici et nous était revenu plus lumineux… Espérons que le nouveau départ pour des destinations lointaines et proches à la fois soit pour bientôt.

   




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2