18617

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mars 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Vulfolaic
(chant+claviers+basse)

-Lykormas
(chant+guitares+batterie)

TRACKLIST

1) Der Hölle Herr
2) Blasphemaverit im Spiritum Sanctum
3) Out of Darkness Into Light
4) Faith on the Scaffold
5) Cimmerian Shade
6) To Conquer Immortality in the Depths
7) The Law of the Claw
8) Yawm ad-Din

DISCOGRAPHIE


Entartung - Peccata Mortalia
(2014) - black metal - Label : World Terror Committee



Entartung, c’était la bonne surprise de 2020. Du black , froid, dense, n’hésitant pas à taper dans la diversité. Des riffs, des rythmes. Pourtant en 2020 Entartung est tout sauf vert. Le groupe en était à son quatrième album et avait donc livré d’autres méfaits. Celui qui nous intéresse est son second acte annonciateur paru en 2014. Les Allemands avaient-ils alors autant à dire que dans le (alors) futur ? Annonçaient-ils leur réussite ?

Clairement, Entartung savait ce qu’il faisait. Rien que la production propre, puissante et froide suffit à répondre à cette question. Les Hessois n’en étaient pas à leur coup d’essai et ils le faisaient savoir. La grosse caisse s’impose tandis que toutes les autres manifestations sonores s’affichent dans un juste écrin. Les guitares sont froides, cruelles et pourtant définies comme on l’attend d’une production moderne. Le chant s’insère parfaitement dans cette représentation, ni trop en retrait ni trop matraqué. Il a toujours cette qualité délicieusement black metal sans en faire des caisses. L’originalité n’est évidemment pas son fort, mais ce n’est pas sur ce point qu’Entartung a vocation à briller.
L’affaire des Germains, c’est plutôt les compositions. Et sur ce terrain il n’y a rien à dire. Peccata Mortalia enchaîne les tueries noires. La forêt de vos cauchemars, celle perpétuellement enneigée, entoure votre imaginaire de sa chape de brouillard givrant. Les riffs simples tapent dans le mille et savent idéalement séparer le grain de l’ivraie. Le duo semble perpétuer une tradition ancestrale fermement imprimée dans un ADN d’une pureté indélébile. L’art noir coule alors dans leurs veines tout autant que dans les nôtres, modestes auditeurs affamés de circonvolutions dépravées et fatales à s’en tailler les veines de bonheur. On se rend alors compte que la « surprise » Maleficae Artes n’en était aucunement une tant elle semble découler de la richesse d’un second album aussi simple que puissant.
Car Entartung ne fait jamais dans la prolifération de riffs ou de notes. Il puise sa force intime dans une accumulation de faits tangibles un son incroyablement cohérent et adapté, des riffs implacables dans leur justesse et une inspiration constante d’un bout à l’autre de l’album. On pourrait citer le passage maritime de "To Conquer Immortality in the Depths", pourtant ce serait faire déshonneur au reste de la sortie, et surtout occulter volontairement des inspirations permanentes, naviguant entre le classicisme forcené appliqué avec talent et les fulgurances plus inattendues que seul un esprit supérieur (de black metal) est capable de produire. En somme, tout comme son rejeton, Peccata Mortalia abreuve en black metal de haute volée et terriblement connu, sans pour autant sombrer dans le prévisible.


C’est là que réside la grande force d’un disque noir et sans concession. Il aurait pu se réclamer plus mélodique ou moderne - que nenni. Nous voilà face à un monolithe d’une grande richesse, une transfiguration des traditions qui nous fait croire en un monde meilleur : plus froid, plus sombre, plus humain finalement, n’est-ce pas ?





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3