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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mars 2021
Sa note : 18/20

LINE UP

-Raido
(chant+guitare)

-Lethal
(basse)

-Thyr
(batterie)

TRACKLIST

1) L’apostasie
2) La proie du cloître
3) L’opéra de Géhenne
4) L’apogée du martyr

DISCOGRAPHIE

Calvaire (2021)

Ferriterium - Calvaire
(2021) - black metal - Label : Epictural production



Ferriterium fait partie de cette frange de groupes n’accordant aucun crédit au partage des compétences. Composé du seul Raido, il ne daigne être accompagné de congénères uniquement pour l’enregistrement de ses méfaits. Français de son état, il cherche à obscurcir vos cœurs à travers un black metal intense et sans concession.

La vie est ainsi faite de coïncidences. Ou de découvertes fortuites. Ferriterium en l’occurrence était totalement passé à côté de mes radars. Aucune littérature croisée à son sujet, point de lien dans des écoutes sur des sites trop connus. Bref, le groupe œuvre, impétueux, impénitent et pourtant caché, trop obscur pour bénéficier du phare des projecteurs. Cependant, vient toujours l’événement déclencheur, la perle inattendue, afin de relier tous les points. Ce qu’on peut appeler chaos dans son apparent hasard, mais qui en fait relève de l’ordre des choses. Car Ferriterium en vint à s’afficher à ma curiosité au travers d’un autre chroniqueur. Droom, de son état pour le dénoncer. Et l’assurance d’un black metal torturé, provincial (n’y voyez aucune péjoration), émotionnel et artisanal. Ce fut le cas.
La rencontre actée, c’est de mes propres ailes que je voguais désormais à la découverte d’une entité vindicative où le mot intensité prit une dimension impérieuse. Des blasts accablants à la célérité abusive frappent immédiatement l’esprit. Pourtant, ils agissent comme s’ils n’étaient point le centre de l’attention, simplement une manifestation d’une réalité plus crue : les maîtresses guitares. Car toute l’alchimie céleste descendue sur Terre pour happer votre âme sort de ces complices d’un crime odieux : votre torture. Chaque riff vient creuser dans votre psyché pour vous poser des questions dérangeantes. Que penses-tu de ton prochain ? Pourquoi l’exècres-tu ? A quoi sert ton existence ? Ci-jointe la litanie des interrogations surgissant spontanément de cette musique à la fois si violente et si évocatrice.
Car les riffs, leurs mélodies permanentes qui les rendent si faciles à écouter, n’ont de cesse de vous absorber dans un univers personnel, précieux. Calvaire porte bien son nom, à vous entraîner dans les abysses de la contemplation. Les ficelles utilisées sont pourtant simples de prime abord. Cependant, leur simplicité ne les empêche pas de tisser un monde puissant, dans lequel nous errons, forcés, tiraillés de toute sorte de sentiments. Et l’exaltation n’en est pas le moindre. Ce que parvient à faire Raido, au travers des quatre titres de dix minutes ou presque qui composent Calvaire, est un véritable exploit. Marier la facilité de l’accroche avec la profondeur des sentiments. Les moments de tensions extrêmes sont ainsi extrêmement nombreux, et pour tout dire, déchirants. Sauf que dans leur accroche naturelle, ils n’en oublient pas d’être profonds, et ici réside l’exploit.


Calvaire porte à la fois bien et mal son nom. C’est un chemin de croix pour notre âme torturée, puis épuisée, tout autant que le paradis des amateurs de black metal pétris d’émotions fortes et sombres que nous sommes. Une sortie forte, comme il y en a peu chaque année. A déguster sans modération donc.



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