18625

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 23 mars 2021
Sa note : 09/20

LINE UP

-Michel Nienhuis
(chant+guitare+basse+programmation)

-David Luiten
(chant+guitare)

-Tijnn Verbruggen
(claviers)

-Joris Bonis
(claviers)

TRACKLIST

1) Primitive Constructs
2) Turbulence
3) Cyclic Terror
4) Impasse
5) Introspectrum
6) Lost to Sight
7) Metacognition
8) Clouded Aura
9) Alignment
10) Zeit ist nur eine Illusion

DISCOGRAPHIE


Autarkh - Form in Motion
(2021) - death metal electro indus - Label : Season Of Mist



Des fois, on se demande ce qu’on fait là. Par exemple, dans une soirée de l’ambassadeur, le malaise m’emplit rapidement, un sentiment pressant de ne pas être à ma place et de ne savoir que dire à n’importe quel individu fréquentant le parterre. Dans le metal, la captation d’un album de metal extrême électro est un peu l’équivalent du lendemain de cuite : « Oh putain, mais qu’est-ce que j’ai foutu ? »

Oui, pourquoi ai-je choisi ce disque ? Fatalement, il ne pouvait qu'être casse-gueule à chroniquer, j’y connais rien en metal électro. La référence la plus évidente qui vient en tête est The Project Hate MCMXCIX, pourtant c’est bien parcellaire, car Autarkh est moins ostensiblement death metal. Il est extrême, le chant et les blasts ou roulements de double pédale (programmés) sont là pour l’attester, mais les riffs sont suffisamment épars pour mettre en doute un minimum l’évidence du death metal. Épars dans leurs occurrences car régulièrement dédaignés au profit de claviers indus dominateurs. Une autre piste d’approche transparaît dans l’origine des deux guitaristes du groupe : Dodecahedron. Du black avant-gardiste dont on n’aurait conservé que le côté extrême. Car les dissonances et l’aspect presque technique ont disparu. Néanmoins, l’esprit aventurier demeure de manière évidente, incarné entre autre par ce chant dual entre agression et cris déclamés. Autarkh se comporte dès lors comme un animal qui cherche à se faire remarquer.
Les intrusions excessives de beats technoïdes et autres manifestations industrielles sont autant de volontés affichées de se démarquer du metal père-nourricier. Malgré tout, le groupe maintient fermement des guitares puissantes et des riffs qui savent se faire acérés le temps voulu, bien que relativement rares. Aussi la séparation du monde du metal n’est pas actée, et c’est alors que toutes les velléités d’apostasie apparaissent comme de façade. Les Néerlandais veulent surtout balancer la musique qui leur plaît. Et celle-ci prend la forme d’un metal extrême électro fortement marqué dans ce versant basé sur les machines. Cependant, il se fourvoie dans son application, car les chansons, sorties de la tout à fait imposante "Turbulence", tendent à se ressembler et fatiguent, tout comme les chants qui manquent singulièrement d'attrait et de modulation. L’aération n’est pas de mise tandis que l’allitération des riffs similaires se révèle le long d’un recueil dont la force principale semble n’être que son caractère outrancier dans l’appel aux machines.


Vous l’aurez compris, une telle émanation du metal n’est pas adaptée à des oreilles trop habituées à l’extrême pur et dur. Et même les esprits audacieux risquent de se retrouver sur la paille car la diversité n’est pas de mise. Le groupe semble comme figé dans sa formule sans savoir en modeler les contours pour s’adapter à la situation. Sans surprise, Autarkh marque des points dans ses moments les plus brutaux. Il arrive alors à sortir de son schéma trop pré-écrit de trublion.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2