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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-Thomas
(chant)

-Ben
(guitare)

-Charlotte
(basse)

-Etienne
(batterie)

TRACKLIST

1)Ténèbres
2)Des Illusions
3)La Fin Des Temps
4)Une Vie Pour Rien
5)Ainsi Soit-Il
6)Une Dernière Fois
7)Pas Assez Loin
8)Rien Au Monde
9)Le Poids Des Mots
10)La Belle Inconnue

DISCOGRAPHIE


AqME - La Fin Des Temps
(2005) - rock - Label : At(h)ome




Le catchy Polaroïds Et Pornographie avait permis à AqME d'obtenir une exposition médiatique mine de rien conséquente, avec la diffusion des singles sur Le Mouv' par exemple. La Fin Des Temps se pose pour sa part en album du changement : on se casse de la Team Nowhere, on n'enregistre pas en Suède avec Daniel Bergstrand pour la première fois mais à Paris, eton délaisse presque totalement ses éléments métal pour se mettre au rock pur et dur. Ca en fait des choses tout ça...


Les changements de son et d'orientation musicale semblent aller totalement de pair : si la production colle toujours autant à la musique du quartet elle est beaucoup moins typée néo que sur l'album précédent, la saturation de la guitare rappelant très fortement le stoner. La basse est également traitée très différemment : si elle reste très grosse on entend bien mieux ce qu'elle joue, ce qui ne fait jamais de mal. En général le son de Steve sonne très cru voire dépouillé, ce qui a pour conséquence naturelle une mise en avant du chant et des structures des compos. Pour ce qui est des vocalises de Thomas elles constituent le gros problème de l'album. Ses lignes de chant sont toujours aussi inhabituelles et reconnaissables mais l'impression qu'il chante faux par moments est écrasante. De plus ses textes sont évidemment très mis en valeur par la prod et la quasi-absence de chant hurlé... et là c'est le drame. Leur côté simpliste et anti-littéraire pouvait passer dans les albums précédents grâce à un habillage sonore qui faisait qu'on ne se focalisait pas dessus, mais là on se le prend en pleine face. Et désolé, mais des sentences comme « les causes ne sont plus justes quand les raisons ne sont pas les bonnes », « même les rêves deviennent parfois cauchemars » ou « la douleur ne disparaît jamais, on vit avec » balancées sur un mode non-parodique, ça ne le fait pas du tout.

Quant aux compos c'est une toute autre affaire, car aucun album d'AqME n'avait été autant axé sur les ambiances depuis le premier. La présence de titres de plus de sept minutes n'est pas un hasard, et le doomesque "Rien au monde" réinstalle les ambiances tranche-veines de Sombres Efforts en les couplant à un petit côté post-rock contemplatif pas désagréable du tout. Ces plans de mélodie à la Placebo ne sont pas nouveaux dans le groupe mais sont particulièrement réussis, et l'autre pavé de l'album "Ainsi soit-il" (aux accents stoner très appuyés pour le coup) les utilise fort bien. À noter que Thomas n'est jamais aussi bon que quand il chante en susurrant : ce registre voilé qu'il utilisera à fond dans Vicki Vale lui permet de jouer l'émotion d'une manière très crédible, et il est vraiment dommage qu'il ne l'utilise que très rarement. Sinon on retrouve évidemment des tubes sur l'album, mais sans commune mesure avec ceux de Polaroïds Et Pornographie : "Ténèbres" est catchy mais le texte est vraiment trop tarte, et la même description s'applique parfaitement à "Pas assez loin", titre dont la mélodie facile s'incruste néanmoins dans le crâne. "Une vie pour rien" souffre vraiment du dépouillement du son : lors des couplets, le duo voix-guitare laisse une impression de vide très dérangeante. En fait dès qu'AqME veut la jouer direct et sans fioritures ça tombe à plat, et seuls les titres à atmosphères valent le détour.


Le DVD du making-of de l'album ne change pas grand-chose à la donne (qui le regardera plus d'une fois ?) : La Fin Des Temps est un album qui n'a au final pas grand-chose à proposer si ce n'est une indéniable évolution du groupe. AqME n'est pas très convaincant en groupe de rock, et le retour à la violence d'Hérésie sera une bouffée d'air frais. Il reste quelques titres qui valent le détour pour leurs ambiances, mais ils sont trop peu nombreux. On passe.


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