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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Marthynna
(chant)

-Albin "Julius" Martinek
(programmation)

-Mazo Tomez
(instruments)

-Natascha Schampus
(instruments)

-Jörg "Buchmüller" Lanz
(instruments)

TRACKLIST

1) Coming
2) Fear
3) Darkness +
4) Darkness ++
5) Rejoice
6) Burn

DISCOGRAPHIE


(2021) - rock ambient psychédélique - Label : WKN



-Mais dites-moi, ça m’a l’air charmant comme tout cette petite fête de village !
-De communauté.
-Pardon ?
-C’est la fête équinoxiale de notre communauté.
-Ah, oui ! D’accord ! Très sympa en tout cas ! Et vous commencez quand ?
-On n’attendait plus que vous…
Rejoice ou Des dangers du tourisme rural


Marthynna annonce la couleur d’entrée jeu : « Il arrive. » Pendant huit minutes d’une pièce néoclassique nerveuse où sa prestation vocale rappelle aux vieux nostalgiques de mon genre un groupe dont le nom commence par The Moon et finit par Beneath A Cloud, ses lamentations donnent le ton de la « fête » qui va suivre. Pas le ton musical - "Coming" n’est qu’une (longue et excellente) introduction, Der Blutharsch et son Église maintenant une ligne rock psychédélique - plutôt la nature de la célébration provoquant la joie de la troupe ayant pris part aux festivités. L’arrivée en question est celle d’une entité non sponsorisée par le Vatican, pour sûr. Entité fêtée à grands renforts d’un occult rock similaire à ce que nous pouvons entendre sur Wish I Weren’t Here, avec toutefois quelques différences. L’album précédent proposait par moment un rock plombé, lorgnant même sur le stoner ("O Lord"), donnant à l’ensemble un aspect presque « moderne » - enfin, on se comprend...
Ici, les seventies règnent en maîtres absolus. Les guitares ont leur importance mais elles s’inscrivent dans un ensemble de sonorités plus ample, où l’on retrouve quelques tournures symphoniques ("Darkness ++"), une flûte joyeuse mais pas forcément très rassurante, prenant le lead sur "Rejoice", et beaucoup d’éléments psychédéliques, très mis en avant, comme sur "Darkness +" - ou pas - mais présents de façon permanente. À noter également la grande unité de la nouvelle œuvre. "Coming" mis à part, le reste des morceaux s’enchaîne de manière très fluide et cohérente, et l’on n’aurait pas tiqué si Rejoice n’avait été composé que de deux gros titres. Résultat des courses : le dernier cadeau d’Albin Julius and co sent bon l’encens vénéneux et illustrerait parfaitement un film des années soixante-dix - pas sur les années soixante-dix, mais bien fait dans les années soixante-dix - où quelques imprudents citadins se feraient gentiment sacrifier à la gloire du « mighty one in hell », évoqué par Marthynna en conclusion. Der Blutharsch ist da, f*****s !


Der Blutharsch and the Infinite Church of the Leading Hand continue à pondre de bons albums avec une régularité impressionnante. Albin Julius, Marthynna et leurs amis continuent à nous proposer de l'occult-rock savoureux, qui se pare ici de la couleur pourpre des robes sacrificielles à la mode dans les seventies. Concis, homogène mais varié, Rejoice est une nouvelle belle réussite.





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