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CHRONIQUE PAR ...

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Oriza
Cette chronique a été mise en ligne le 20 novembre 2021
Sa note : 19/20

LINE UP

-Johannes Michael Gustaf Eckerström
(chant)

-Jonas Peter "Kungen" Jarlsby
(guitare)

-Erik Simon Andersson
(guitare)

-Carl Henrik Sandelin
(basse)

-John Filip Alfredsson
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-John Isaksson
(harmonica sur "Use Your Tongue")

-Markus Tagaris
(guitare sur "Use Your Tongue")

-Walter Bäcklin
(claviers)

TRACKLIST

1) Let Us Die
2) Torn Apart
3) Ready For The Ride
4) In Napalm
5) Black Waltz

6) Blod
7) Let It Burn
8) One Touch
9) Paint Me Red
10) Smells Like A Freak Show

11) Use Your Tongue

DISCOGRAPHIE


Avatar (Suè) - Black Waltz
(2012) - death metal Melodic Death / Groove Metal - Label : Sony Music



Black Waltz fait partie des albums incontournables, de ceux qu'il est absolument O-BLI-GA-TOIRE d'écouter. Chef d’œuvre absolu, ce quatrième album est le point d'orgue de la carrière d'Avatar. Chaque titre vaut le détour, rien n'est à jeter. L'imagerie prend une grande importance dans ce projet et c'est tout un univers rétro qui se déploie, inspiré par l'art-déco, les années folles, le cinéma muet, le cirque façon freak show... Mais le visuel ne prend jamais le pas sur la musique. Bien au contraire ! Toute cette théâtralité insuffle aux compositions une richesse créative à l'universalité communicative.

Les premiers albums d'Avatar s'inscrivent dans la lignée traditionnelle du Melodeath suédois, inspirés par leurs pairs : At The Gates, Dark Tranquillity et surtout In Flames. Agréables, bien construites et assez puissantes, les trois premières œuvres ne présentent pas de grande originalité malgré quelques titres délectables... Mais soudain c'est la révélation ! Le groupe franchit un cap prodigieux avec le burlesque Black Waltz. C'est ici que le groupe trouve son identité visuelle et musicale. Outre la qualité technique indiscutable des musiciens, c'est surtout la créativité qui se révèle ici. Le rideau se lève enfin, révélant une piste aux étoiles noires, souillées de divers fluides corporels, pour notre plus grand plaisir.
Sous ce chapiteau infernal, les artistes se succèdent. Les dompteurs lancent sur vous leurs grands fauves musclés "Let Us Die", "Torn Appart", pour vous piétiner avec des rythmes éléphantesques implacables, des refrains accrocheurs et des lignes de basse sans pitié. John Alfredsson est une machine réglée comme une boîte à musique de précision avec la puissance d'un pachyderme et l'agilité d'un félin. Le lanceur de couteaux vous vrille le cerveau sans manquer sa cible, "Ready For The Ride", climax de cet album sans faille. Si ces riffs de folie ne vous explosent pas les tripes et les neurones, passez votre chemin, Avatar ne peut rien faire pour vous. Les clowns psychopathes déroulent des comptines acides telles que "Black Waltz" ou "Smells Like A Freakshow". Toujours avec cette batterie au martèlement infernal, hyper originale, qui confère à Avatar une patte unique. Les acrobates chaussent leurs éperons de cow-boys pour le tour de voltige avec des morceaux plus blues-rock, l'un sautillant, l'autre plus lent : "Let It Burn" et "Use Your Tongue". Et l'équilibriste "Little Miss J", morceau jubilatoire qui détonne avec le reste par sa forme mais pas sur le fond, vient terminer de vous séduire. D'apparence simple et moderne, sa mélodie vous reste en tête, suscitant l'envie de refaire un tour dans ce cirque dément et sa fête foraine douce-amère.

Johannes se lâche et explore des aspects variés de sa voix. Ne pas utiliser ce potentiel vocal aurait été un pur gâchis ! Le lâché-prise avait déjà été amorcé sur le précédent opus Avatar, mais ici le chanteur cesse d'arpenter les sentiers battus et sort définitivement de sa zone de sécurité. Peut-être le maquillage, l'entrée dans un personnage, lui ont-ils permis de dépasser les codes du genre et ses propres limites. Fini de s'en tenir uniquement au growl de gorge, Johannes grogne du fond de ses tripes et déploie également une voix claire hyper-expressive, espiègle et turbulente. Sous des airs ludiques, dans une sorte d'explosion joyeuse et funeste à la fois, ses textes évoquent les limites humaines : dévotion, folie, rage de vivre, démons intérieurs... Notons qu'il s'agit du dernier album sur lequel Simon Andersson officie à la guitare. Tim Öhrström, qui a pris sa suite, fait à ce jour toujours partie de ce line-up très stable.

En découvrant ce groupe pour la première fois, on pourrait avoir l'impression qu'Avatar « bouffe à tous les râteliers ». Mais ce serait bien mal juger le quintet suédois, car en réalité nous avons affaire à des musiciens de grande qualité aux multiples facettes. Et c'est bel et bien leur inspiration multiforme qui se manifeste plutôt qu'une volonté de plaire au plus grand nombre. Black Waltz, délicieuse pièce grand-guignolesque, représente avec l'album suivant Hail The Apocalypse, un diptyque majestueux. Expressive, originale, agressive à souhait, tantôt explosive et tantôt romantique, cette valse ténébreuse frôle la perfection.





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