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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Julien "Nehluj" Payan
(chant+guitare)

-Nebhen
(chant+basse)

-Nemri
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Je n’ai nul pays
2) Ruines futures
3) L’atrabilaire
4) Ne savoir que rester
5) Les idées blanches
6) Le silence ou la vie
7) Vers jamais

DISCOGRAPHIE


Sordide - Les idées blanches
(2021) - black metal terroir franchouillard - Label : Les Acteurs de l'Ombre Productions



Grand dieu que le temps passe vite. Imaginez donc, La France a peur a déjà sept ans. Sept ans putain ! Mais qu’as-tu fait de ta vie pendant ce laps de temps, minable charognard lâche ? Rien bien sûr. Alors que Sordide s’évertuait à sortir et encore sortir. Pourtant la vie est cruelle et nos chemins se sont séparés malgré une première rencontre de toute beauté. 2021 année de la réconciliation ? Voyons, mais a minima, ce sera celle des retrouvailles.

« La France a peuuur !! », cette phrase introductive reste encore gravée dans mon cerveau si je dois penser à Sordide. Ce black metal franchouillard si typique de chez nous au bon fumet de fromage avait cette personnalité forte requise à toute velléité d’affirmation de soi sur la scène black metal hexagonale, et par prolongation, mondiale. L’ami Winter avait alors gentiment repris le flambeau pour écrire son appréciation de la suite Fuir la lumière. Se faisant, je me dois donc de porter haut l’étendard.
Première remarque toutefois : le mix du (des) chant(s) est injuste.
En effet, celui-ci se retrouve relégué assez loin derrière les instruments, tant et si bien qu’il est assez malaisé d’en distinguer les paroles (d'autant que l'élocution n'est guère distincte), qui pour une fois qu’elles sont en français auraient dû fort justement apparaître dans le champ des intelligibles. Opportunité ratée, tristement. Sic. C’est d’autant plus dommage que la thématique anti-fasciste affichée, en équilibriste délicieuse avec un titre, Les idées blanches, tout à fait anti-air du temps de manière franchement réjouissante, méritait de faciliter la compréhension des textes. Dommage, occasion perdue.
On se déporte alors sur la musique pure, et les compositions qui vont se donner corps et âmes à notre jugement de damné. Satané jugement. Satanique d’ailleurs, en est-il seulement question ? Dépravation et punkosité certainement. Car c’est bien ce qui ressort en force, et pour tout dire, comme avant, de ces titres plutôt concis. Une batterie à l’énergie brute et débordante, des riffs dynamiques, rock, groove, punk et tout sauf black metal tremolo. Sauf que le black metal est également punk dans son essence la plus ancienne. Alors nous nous rendons compte que cet album, pour tout répugnant olfactivement de vomi aviné qu’il est, a avant tout cette force personnelle toujours gravement ancrée dans une vision si franchouillarde du black metal. L’on s’attendrait à l’intervention d’un accordéon qui ne vient jamais.
Sordide nous embarque dans son voyage au sein des terroirs, des abandons de la République et des caniveaux délétères que tout un chacun ferait mieux d’éviter. Voyage ô combien dépaysant de manière fort ironique pour un Français de souche tant on tend à oublier une des mailles constitutives de notre belle contrée : la campagne, la petite citadinerie, le fief plus que la grandeur internationale.
Alors certes, tout n’est pas réussite. La chanson titre par exemple semble inutile dans ce qu'elle apporte. Sordide semble également avoir acquis une maîtrise de ses compositions qui ne lui permet plus d’afficher un caractère absolument rafraîchissant hautement revigorant. Pourtant, il maintient haut la barre dans le French cancan de pacotille que nous chérissons tous finalement dans un coin de notre cœur.


Pour sa tradition, pour son talent à mêler black metal et gauloiserie sans invoquer la niaiserie ou la bêtise crasse, Sordide mérite de figurer sur toutes les listes d’achat des amateurs de black metal à forte personnalité. Leur vision est singulière, cependant la réalisation l’est tout autant. À défaut de prendre par surprise désormais.





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