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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juillet 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tamás Kátai
(homme-orchestre)

Ont participé à l'enregistrement (y en a du monde...) :

-Martina Horváth, Gábor Dudás, Gábor Veres, András Vörös et Julia Pfiffner
(chant)

-Breno Machado et Carolina Díez
(guitare)

-Patricio Böttcher, Artem Koryapin, Dadan Bogdanović et Péter Jelasity
(saxophone)

-Andrei "Solomonar" Oitean
(redpipes)

-Sean Pádraig
(duduk)

-Loay Makhoul
(tabla+dumbek+riq)

-Chris Lyons
(violon)

-Artem Litovchenko
(violoncelle)

TRACKLIST

 1) Szarvas
2) Köszöntsd a hajnalt
3) Gömböc
4) Az energiamegmaradás törvénye
5) Móló
6) A kupolaváros titka
7) Kiscikó (Irénke dala)
8) Piros-sárga
9) Vadak (Az átváltozás rítusai)
10) Zúzmara

DISCOGRAPHIE

Róka Hasa Rádió (2009)
Rengeteg (2011)
Sgùrr (2015)
Meta (2016)
Geometria (2018)
Naiv (2020)
Vadak (2021)

Thy Catafalque - Vadak
(2021) - barré - Label : Season Of Mist



Les choses changent, ma bonne dame. Prenez les fameuses « influences jazz » dans le metal. Dans le temps, certains journalistes se paluchaient avec, mais franchement, entre nous hein, vous avez RÉELLEMENT entendu des influences jazz dans les albums de Coroner ? J’adore Coroner, hein, mais bon… Atheist et Cynic ? Virtuoses, oui, mais vraiment, vraiment jazz… Essayez de jouer Unquestionable Presence au festival de Montreux et on va vous virer à grands coups de pied dans le derrière.

Mais de l’eau a coulé sous les ponts, depuis, ma bonne dame. Hé, ma bonne dame ? Ah ben mince, elle est morte, de vieillesse. Beaucoup d’eau a coulé, donc, et s’il faut retenir un candidat au titre de plus grand intégrateur de jazz dans le metal, c’est bien Tamás, Monsieur Catafalque. Ah et puis pas que jazz, hein : synthwave et folk aussi. Depuis Tűnő Idő Tárlat, il intègre, mais depuis Geometria, Tamás est devenu ZE grand intégrateur. Des fois, ça fonctionne de manière imparable, fantastique, époustouflante (Geometria), des fois, ça tourne à l’exercice intellectuel et frivole (Naiv). Mais coup de théâtre, avec Vadak, le sieur Kátai a décidé de cloner Fear Fact… nan, je déconne. Il a encore intégré comme un malade. Et le résultat des courses ? Je le résumerai pas une interjection : Ouf ! Dans les deux sens du mots. Ouf de soulagement, d’abord, parce que je le sentais mal engagé, le père Tamás, sur Naiv. Je m’étais dis « Winter, tu vois, celui-là il file un mauvais coton… il va nous pondre des albums pour les fans du MOMA… » . Eh bien non, Vadak s’avère metal, résolument metal, même. Entre interludes free-jazz, passages post-rock et sonorités enfantines, Thy Catafalque envoie du lourd.
Pas de black metal, en revanche, la tendance se confirme, seul le chant reste burzumien, mais du thrash metal, ("Az energiamemaradás törvénye"), voire même death-metal sur "Móló" le mal nommé. Du lourd, du fluide, du subtil, du gros qui tâche… On en arrive à la seconde signification de « Ouf ! », celle qu’utilisent les djeunz. « T’es ouf, toi ! » - alors qu’on me souffle dans l’oreillette que les djeunz ne disent plus « djeunz » depuis près de vingt-cinq ans… Bref, Vadak est fou, bien aussi fou que ses deux prédécesseurs, mais il possède à mon sens plus de corps que Naiv, et s’il ne peut plus nous surprendre comme l’avait fait Geometria, ou Róka Hásá Rádio - "Zúzmara" semble d'ailleurs un hommage à "Molekuláris gépezetek" - Tamás nous montre encore une fois comme enchaîner des plans de styles très différents, virevolter et retomber parfaitement sur ses pieds. Outre l’incroyable, "Az energiamemaradás törvénye" et son élégant final post-rock, les deux longs titres de Vadak, "Móló" et "Vadak" constituent deux moments de haute voltige. Sur le second, on y trouvera même le meilleur passage jazz jamais composé par Tamás, tout en subtilité et en simplicité. Parce que Thy Catafalque sait être simple. "Köszöntsd a hajnalt", la ballade folk metal avec Martina au chant, un grand classique, en est la preuve, tout comme "Piros-sárga" et ses accents synthwave. Bref, Thy Catafalque ne peut plus nous surprendre comme aux premiers jours, mais l’artiste magyar n’a pas perdu sa créativité, qu’on se le dise !

Avec Vadak, c’est le retour du Thy Catafalque qu’on aime. Fluide, volatile, mais également sincère dans son numéro de funambule. Plus d’émotion, plus de riffs, plus de tout. Dix-sept ans après la sortie du premier véritable OVNI du one-man-band, on navigue désormais en eaux connues, mais on ne peut s’empêcher de rester admiratif devant une telle créativité. Un truc de ouf…





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