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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 03 septembre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Sebastian Laurent
(tout)<

TRACKLIST

1) Whisper, No. 1
2) Whisper, No. 2
3) Whisper, No. 3
4) Whisper, No. 4
5) Whisper, No. 5
6) Whisper, No. 6

DISCOGRAPHIE


House of Whispers - Introspectre (EP)
(2021) - pop rock - Label : Autoproduction



Le bonheur ? On s’en cogne, du bonheur. Il est ineffable, il se suffit à lui-même. Ce qui nous intéresse, c’est le malheur, la souffrance, l’injustice, la déprime. La sueur, les larmes. Nous avons tous une manière différente de l’exprimer. Certains boivent, d’autres bougent, courent, baisent ou crient. Sebastian, lui, murmure.

À côté de son superbe projet prog-rock Amphetamin, le sieur Laurent a décidé d’aménager un coin à part dans son univers musical. Il s’agit de House of Whispers, une projection vers l’extérieur de ce qui se passe à l’intérieur. On oublie la distorsion et on se concentre sur une ambiance délicate, un brin electro, presque feutrée, mais pleine de la poésie immédiatement reconnaissable du propriétaire du lieu, dont la voix confine toujours au sublime, ça n’a pas changé. En revanche, même si Amphetamin ne joue pas dans la même cour que Cattle Decapitation, il faudra que le fan de guitares un tantinet incisives, séduit par le projet principal de Sebastian, persévère dans son écoute avant de trouver son compte sur Introspectre. La rythmique explicite des albums d’Amphetamin les rend plus faciles d’assimilation que cette œuvre intimiste, ostensiblement tournée vers des formations comme Blackfield, ou vers une certaine pop éthérée et introvertie des eighties-nineties incarnée, par exemple, par Tears for Fears ou Seal. Amphetamin a certes lorgné vers ces artistes-là, mais House of Whispers s’en inspire carrément. « HoW », diminutif autorisé, est à l’image de ce monde-là. Timide, ne se donnant pas au premier venu. On pourra utiliser le cinquième soupir comme porte d’entrée. Les mélodies y sont plus immédiates et le refrain possède une capacité à vous tordre les boyaux…Une fois conquis par ce titre, ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Si tout l’EP vaut le coup, le troisième soupir et son petit « twist » musical absolument eigties et le quatrième, dont la seconde partie possède quelques relents du The Gathering moderne, constituent, avec le cinquième, les moments forts d’une œuvre où l’on sent que le maître de l'endroit, chanteur en or, a mis beaucoup de lui. Simplement, il a la larme et la sueur discrètes…

Ne pas verser dans l’aigreur. Le monde a sa forme de justice. Si, si. Ne vous inquiétez pas, Sebastian, nous les aurons. En attendant, merci pour cette nouvelle démonstration de force douce et de talent.






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