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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Bénédicte Pellerin
(chant)

-Florent Charlet
(chant)

-Nicolas Pascal :
(chant+guitare+programmation)

-Emmanuel Rousseau
(claviers+programmation)

-Sylvain Mazeau
(basse)

-Richard Dubois Matra
(claviers)

Ont participé à l'enregistrement :

-Marjolaine Asin
(chœurs sur "Hot Damn Chicas")

-Darkim Lain
(chœurs sur "Hot Damn Chicas")

-Jiu
(contrebasse sur 8,9 et 11)

TRACKLIST

1) Wacky Worms
2) Holy Golden Boner
3) Prime Focus
4) Party Inc.
5) Hot Damn Chicas
6) Rabbit in the Hat
7) Release the He-Shes
8) Downtown Flavour
9) Flesh Cemetery
10) Act Like an Animal
11) Hangover

DISCOGRAPHIE


6:33 & Arno Strobl - Feary Tales for Strange Lullabies: The Dome
(2021) - Modern Metal Nawak fou-frou - Label : Wormholdeath Records



Les histoires de rencontres peuvent être tout à fait banales, pourtant régulièrement elles sont dignes de racontage. Prenez la mienne avec 6:33. Groupe connu ni d’Eve ni de (tenue ou pomme) d’Adam. Pourquoi le choisir alors ? Premier élément : son arrivée dans un groupe de promos. Deuxième élément : une musique différente des canons habituels, entraînante, intrigante pour tout dire. En voilà suffisamment pour le chroniqueur curieux et désœuvré qui se présente devant vous.

Groupe inconnu, musique pratiquée très loin de mes standards, la sauce est dite. Il va y avoir de la galère en barre à parler de ce metal tarabiscoté à base de claviers principalement, aux rythmiques endiablées qui ne rêvent que d’une chose : vous faire bouger votre popotin (et votre cul si vous êtes plus grossier). Du metal nawak comme il faut donc. Pourtant, mon choix s’est basé sur des repères musicaux. Prenez le chant, on se rapproche tout à fait d’un Mansun, groupe ultime à la lisière de la pop et du metal. Les rythmiques elle-mêmes peuvent rappeler Diablo Swing Orchestra en moins… ouais, swing. Et les claviers abondants, Oingo Boingo. Rien que le le fait de penser à ce groupe est en soi une étrangeté de l’existence, car pour être tout à fait honnête, je n’en connais que le générique de Code : Lisa (attention lecteur, tu viens de vieillir de trente ans d’un coup).
Mais ces descentes d’accords doucereux et enjoués ne trompent pas. Puis m’est venu en tête une autre référence, en lien avec les riffs les plus ardus présents sur les compositions et les claviers les plus rapides, Fair to Midland. Bref, vous comprenez que 6:33 devient un joli pot-pourri de beaucoup de groupes. Original ? Foutraque, répondrai-je. Honnêtement, vu la liste des influences/ ressemblances fortuites, difficile de crier à la nouveauté absolue. D’autant que le groupe ajoute de lui-même Mr Bungle (la référence est plus ténue). Par contre l’ensemble sonne indubitablement hors des sentiers battus. Et possède une efficacité consubstantielle évidente. On se prend au jeu et les écoutes empilées n’y changent rien. Feary Tales for Strange Lullabies : The Dome est un album qui s’apprécie.
Disco, pop, quasi funk, dance et un peu de metal de-ci de-là (et merci aux gros riffs de "Act Like an Animal"), le panel est large et conviendra à l’amateur éclairé de nawak (et même de prog puisque certains enchaînements ne seraient pas reniés par un Dream Theater ou ACT). La maîtrise instrumentale évidente déployée sans vulgarité, les compositions ultra maîtrisées et l’enveloppe sonore parfaitement en ligne avec le propos ne font qu’ajouter à la liste des réussites d’une sortie qui se donne beaucoup d’atouts pour plaire au public visé, et même au-delà si j’en juge mon propre cas. Il suffira d’accepter de se confronter à un metal fou-fou qui étale sans ambages des bagages multiples et fort éloignés de la pluie de testostérone habituelle. Ici on s’amuse, on bouge comme un dingue, et on headbangue, l’honneur est sauf.


Une bien belle sortie au final. Des influences digérées, mixées et appropriées pour en ressortir une musique personnelle, autonome qui peut plaire à de nombreux publics. Surtout, surtout, c’est fait avec le talent nécessaire à la réussite d’une telle entreprise. Un coup de cœur TRÈS inattendu. Et la confirmation qu’il faut toujours tenter.





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