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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 22 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Wacian
(chant)

-Andras
(chœurs+guitare)

-Syhr
(chœurs+basse)

-Aort
(guitare)

-Lordt
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Jesse Heikkinen
(guitare sur 2 et 8)

TRACKLIST

1) Flyblown Prince
2) Clemency & Atrophy
3) By The Charred Stile
4) Rat King
5) From The Next Room
6) Dread Stridulate Lodge
7) Scold's Bridle
8) The Mad White Hair

DISCOGRAPHIE


Code (UK) - Flyblown Prince
(2021) - black metal façon post-metal - Label : Dark Essence



Issu du black metal, Code avait surpris son monde avec Mut, un album plus orienté rock. Le groupe étant habitué à naviguer dans les océans prog, on trouvait des prémices à cet opus dans les précédents. Malgré tout, il ressemblait fortement à un side project, bien que les Britanniques s’en défendaient. Ainsi, difficile de savoir ce qu’ils nous réservaient pour la suite intitulée Flyblown Prince… Un retour en arrière ou une nouvelle fuite en avant ?

La pochette de l’album se révèle à l’image de la musique du groupe. À la fois dérangeante, profondément malsaine, mais toujours très classieuse. L’ouverture par le titre éponyme fausse un peu la première impression : intense et agressif, constamment sur la brèche, il est le morceau le plus black de l’album, même si d'autres viendront compléter discrètement le panel vers la fin. Il n’en est pas moins jouissif. Le reste de la galette s’en éloigne un peu, privilégiant les tempos plus lents et lourds ("Rat King", "Dread Stridulate Lodge"). Code propose du post-black (ou post-metal, appelez ça comme vous voulez). Ce que le groupe garde de ses origines, c’est l’atmosphère. Dès "Clemency & Atrophy", la musique change. Mid tempo, basse vrombissante et lancinante, chant soufflé, puis grandiloquent… On pourrait croire que cela n’a plus rien à voir. Et pourtant cette variété est au cœur de Flyblown Prince, construit sur ses ambiances, véritable fil rouge. On sent que le groupe reste sur son mantra : il joue ce qui lui vient et lui plait. On ne sent aucun carcan qu’il se serait imposé. Ainsi, l’introduction de "From The Next Room" semble issu d’un autre groupe quand on a passé la moitié de l’album.
Code fonctionne sans automatisme. Ainsi, le chant hurlé n’apparaît que lorsqu’il est nécessaire. Ses apparitions ont d’autant plus d’impact. La particularité de Code, l’identité même du groupe, tient beaucoup au chant clair au timbre particulier. Son côté tantôt fragile, tantôt grandiloquent, est un des grands points forts du groupe et un tenant de sa personnalité. À la fois maniéré et versatile, il ne cesse de s’adapter pour coller au mieux à la musique et aux ambiances. Il faut dire qu’il y a de quoi faire avec ce Flyblown Prince. Homogène dans les ambiances, il est plus hétérogène dans son style musical. Certains risquent de ne pas s’y retrouver. Capables d’alterner passages agressifs ("Scold’s Bridle", "Flyblown Prince") et délicats ("From the Next Room"), violents et évanescents, tous partagent cette atmosphère dérangeante. On pense à la démence, à la folie. Et si la plupart des morceaux sont courts, autour des quatre minutes, difficile de ne pas mentionner les deux pièces plus longues que sont "From The Next Room" et "The Mad White Hair". La première fait office de ballade où le chanteur peut développer toute la panoplie de son chant clair. La seconde, dépassant les dix minutes, sublime le côté prog des Britanniques. C’est une sorte de synthèse de l’album. On retrouve tout ce que l’on a rencontré, mixé dans une pièce fondamentalement grandiloquente. Une belle façon de terminer l’essai.


Code continue son évolution musicale. Clairement passé dans un registre post-metal, il tire son essence des atmosphères de ses origines metal. Dérangeant, malsain, empreint de folie, ce Flyblown Prince est une belle œuvre, personnelle et puissante.





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