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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 novembre 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ulrich "Dagoth" Wegrich
(chant+guitare)

-Astaroth
(guitare)

-Emmanuel "Manu" Pliszke
(basse)

-Michaël Martin
(batterie)

TRACKLIST

1) Rise of the Abomination
2) Incursion of Chaos
3) Xenos
4) Blessed by Pestilence
5) Fleshborer Soulflayer
6) Larva Venum
7) Daemonfire
8) Cyclones of Steel
9) Sentinel
10) Warp

DISCOGRAPHIE


Otargos - Fleshborer Soulflayer
(2021) - black metal brutal death - Label : Xenokrop



Otargos, le nom rappelle doucereusement les années 2000, ça fleure quasiment la nostalgie pour celui qui a vécu l’éveil de la scène française à une quantité respectable et un rayonnement international naissant. Black metal brutal pouvait-on penser à l’époque. Black metal brutal nous accordons-nous toujours en 2021.

Non, Otargos ne rigole franchement pas. Passé l’introduction de rigueur, on découvre un groupe en pleine possession de sa rapidité. Le batteur, arrivé en 2019, marque notamment par la qualité de sa frappe. Rapide, précise, implacable. Il soutient toutes les compositions par son impressionnante rigueur rythmique tout autant que par la célérité à laquelle il vomit littéralement ses blasts et autres roulement de double pédale. Star du show ? Il est aisé de le penser. Néanmoins, n’oubliez pas que le metal est avant tout une affaire de riffs. Et donc de guitare. C’est là que maître Dagoth veille, fidèle à son poste de leader depuis vingt années désormais. Il sait s’y prendre avec la bouteille. Et il faut admettre qu’il gouverne fantastiquement sa barque. On peut lui reprocher un style monolithique malgré toutes les variations rythmiques et la diversité incontestable des accords, par contre, impossible de lui contrer l’efficacité fulgurante de ce qu’il propose. Si la fatigue ne vient pas à vous claquer net sur le canapé, vous resterez soufflé par la pression constante imposée. Les titres s’enchaînent et se déchaînent sans pause à votre encontre. Vous êtes une cible, Fleshborer Soulflayer vous le fait salement comprendre, pauvre fou innocent que vous êtes.
Et ce black metal brutal se pare d’atours éminemment death dans sa lourdeur dévastatrice. Behemoth en moins technique et plus brutal probablement vient à l’esprit. Hate Eternal également vient troubler les perceptions. Des références solides, dominatrices dans leur art du death. Précisément ce qu’est Otargos sur cette nouvelle livraison : dominateur. Presque colossal dans la hauteur prise pour vous contempler à ses pieds, vous misérable être humain, corruptible dans sa chair, faible dans son esprit dépravé. Et c’est dans toutes ces failles que la horde française s’insinue insidieusement. Ne vous laissant pas le choix de la respiration, l’album prend la main pour quasi forcer son destin et dessiner au fer rouge dans votre esprit sa qualité évidente. C’est ici qu’on reprochera le plus, car dans son efficacité, sa martialité constante et sa rupture permanente, Fleshborer Soulflayer semble vouloir projeter violemment ses qualités pour masquer ses faiblesses. Faibles faiblesses, mais imputables à cette direction ultra claire prise. Trop outrancier pour laisser de marbre, il est aisé de le taxer de m’as-tu-vu.


Qu’importe. La fanfaronnade a ses côtés attachants. Surtout lorsqu’elle est assénée avec une telle maîtrise. Ne vous attendez pas à une remise en cause des codes. Par contre, niveau mandale, tendez toujours l’autre joue. Et plus ça fera mal, meilleur ce sera.





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