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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 26 novembre 2021
Sa note : 12/20

LINE UP

-Rats
(tout)

TRACKLIST

1) Occult Sins, New Unholy Dimension
2) Pass Away
3) Blåck Peårl
4) Ad Mortem Festinamus
5) Aborted Inquisition
6) Venom and Vomit
7) Glörïa
8) Ghouls Sphere

DISCOGRAPHIE


Morguiliath - Occult Sins, New Unholy Dimension
(2021) - black metal - Label : Osmose



Le mythe de la première écoute. Il a la vie dure, celui qui vous happe immédiatement en vous disant que oui, ça va buter cet album. Du coup, on part l’esprit détendu, les pensées vagabondent avec la confiance d’une belle réalisation et d’un final à la hauteur. Sauf qu’on l’appelle mythe, ce n’est pas pour rien. Gare à l’aspect pétard mouillé. Morguiliath, entité très obscure, s’évite-t-elle l’écueil ?

En fait, pour vous remettre dans le contexte, ma rencontre avec Morguiliath tient en quelques bribes de retours sur internet louant un black metal sans compromis et pas loin de s’adjoindre l’adjectif miracle de culte et le mot qui titille les sens : underground. Et oui, Morguiliath est underground. Culte, ça se mérite sur le long terme. Rejeton d’un seul homme, le groupe a eu une première existence dans le début des années 2000, sans accoucher de quoi que ce soit. L’entité obscure s’est alors réveillée en 2019 pour produire. En 2020, puis tout de suite après, la réalisation qui nous intéresse présentement. Alors on passera sur le titre très crise d’ado des années 90 digne de la meilleure démo de Darkthrone. Tenez, pourquoi pas un bon Darkthrone en influence ? Oui le son crade en est digne. On bifurque également sur Impiety dont le Asateerul Awaleen plane par le son partagé et certaines modalités de composition.
Enthousiasme. Réaction primaire et animale bien compréhensible au vu des références citées, surtout lorsqu’on ajoute les guests : Hreidmarr, l’ancien de Anorexia Nervosa et pilleur de Glaciation puis surtout Meynna’ch, culte français ultime de Mütiilation. Surtout que l’intro est occulte de chez occulte. Parfaite mise en bouche pour se préparer à un festival de décadence noire teintée de mysticisme. Alors lorsque débarque le premier riff, nous, adorateurs de la trinité trve black, froid, crade, haineux, nous hurlons notre bonheur retrouvé. Cette fantasmagorie péremptoire s’impose puissamment à nous. Extatique que nous sommes. Et soufflé. Pas l’état émotionnel, mais la préparation culinaire. Car la dégonfle malheureusement rôde. Là où l’espoir d’une nouveauté française apte à fourailler sa place au Panthéon noir faisait planer, les écoutes successives révèlent un monde un brin moins fantastique.
Les traditions se révèlent toujours parfaitement respectées, sauf que cette fois, elles le deviennent trop. Les guitares ont beau être relativement diverses dans leurs riffs, l’attaque est globalement la même en permanence. Et cette ambiance mortuaire, quasi ossuaire dans laquelle on se drapait joyeusement finit par se fissurer pour laisser poindre une offre plus convenue. Bizarrement, le titre avec Hreidmarrr, dont le chant reconnaissable fait pencher fortement dans un Glaciation plus traditionnel, s’impose comme un temps fort. Etrange et pour ainsi dire décevant qu’un titre forcément plus éloigné de l’imagerie de départ ressorte particulièrement. En fait, c’est à prendre comme le signe que l’espoir initial trop élevé d’une nouvelle référence hexagonale, voire mondiale, était prématuré. La leçon apprise, et elle l’a été des dizaines de fois, c’est que l’excitation est mauvaise conseillère.


Alors n’y voyez pas un album à jeter aux orties, car si espoir énorme il y eut, c’est que black metal puissant il y a. Rien que pour ça, un amateur de black bien traditionnel tendance true gagne à l’essai. Essai qui ne se transforme pas à raison d’une trop grosse avalanche de classicisme qui finissent par faire quémander de l’aération, des tentatives, plutôt que de suivre trop facilement une ligne toute tracée. On demande plus… d’intro finalement.





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