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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 26 novembre 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Witch N.
(chant+basse+violon)

-V. Noir
(guitare+basse+batterie+programmation)

TRACKLIST

1) Prozession (Intro)
2) Betyle (the Holy Stone)
3) When the Moon is Calling
4) The Cold Mists of November
5) Killing Phantasmagoria
6) Montane Mystery
7) The Holy Stone Part II (Interlude)
8) The Ending Void

DISCOGRAPHIE


Ernte - Geist und Hexerei
(2021) - black metal - Label : Vendetta Records



- Dis papy, tu voudrais pas me raconter cette histoire où tu as confondu deux groupes ? Tu sais, celle où tu croyais que tu retrouvais ton coup de cœur ?
- Ah oui, celle-ci… une bien étrange affaire que voilà. Jeune, je n’étais plus, ni fougueux. Pourtant, l’allégresse d’une fournée inattendue de promos m’emporta telle une tornade, et mon sang ne fit qu’un tour à la lecture de Ernte. Ernte, puissant souvenir. L’Allemagne à son meilleur, lorsqu’enfin elle délaisse les casques à pointes, les panzers et l’industrie. Un black metal au foin, inventif, déluré et pourtant carré à l’allemande.


- Oui, mais tu t’es fait avoir papy !
- Souviens-toi petit-fils, je me suis laissé leurrer par ses violons initiaux. Cette première approche me conforta dans la notion que l’on parlait bien de Klamm. Pourtant, à l’évidence dus-je me rendre rapidement : cette musique tétait trop goulûment le sein blast, les lampées fort généreuses qu’elle en servait créèrent en moi une profonde confusion. Tout comme cet amalgame de riffs tremolesques couplés à un son presque synthétique, fort éloigné de la prestance quasi champêtre qui imprégnait Ernte, l’album. Profusion, et confusion donc. J’errai jusqu’à la conclusion de la création dans un sentiment d’incompréhension. Où était donc partie cette inventivité enchanteresse ? Alors tu sais ce que j’ai fait mon canasson en sucre ?
- Papy ! J’aime pas quand tu m’appelles comme ça ! Non, j’me souviens plus. Dis !
- J’ai cherché ! Creusé les souvenirs, fouillés les chroniques, les albums. Et trouvé. Quelle calomnie miséricordieuse que voilà. Les effluves de black québécois qui s’abattaient dans mes oreilles s’expliquaient fort simplement : Ernte était un groupe et non un album. Et ce groupe navigue bien plus proche des saveurs nordiques norvégiennes (et a même pillé Taake pour son imagerie !), et encore plus fortement québécoises donc. La recherche d’originalité s’absente pour préférer les atmosphères et une certaine efficacité.
- Et si je me souviens bien papy, t’aimes pas trop ça toi, hein?
- Certes mon jeunot. Sauf que l’esprit tourmenté que j’étais ne se fermait point. Et le black metal parfois rapide, parfois lancinant, bardé d’ambiances polaires et de hurlements à déchirer le ciel fit son bout de chemin dans les méandres de mon esprit. Les arpèges mesurés et délicats contribuaient à ficeler ce monde prenant. Le coup de cœur ne fut jamais là, pourtant il fallait reconnaître quelques qualités à cette musique sincère. Tout comme il fallait malgré tout en admettre les limites. Cette vision monochromatique, certes happe, mais peut se retourner contre elle-même par lassitude.


- Donc, t’en avais pensé quoi au final grand-père ?
- Quelle politesse sacripant. Ma foi, un souvenir sympathique, qui sans révolutionner quoique ce soit s’octroyait le droit d’une place dans les sorties à recommander aux personnes adeptes du style. Clair et intelligible, Ernte le groupe suisse méritait un minimum d’attention.






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