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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 03 décembre 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-Yusaf "Vicotnik" Parvez
(chant)

-Håvard "Haavard" Jørgensen
(guitare)

-Kai S. "Cerberus" Halvorsen
(basse)

-Øyvind Myrvoll
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Madeleine Ossum
(violon+alto)

-Kamilla Ræder Kvarstein
(violoncelle)

TRACKLIST

1) Jeg vil ha det mørkere
2) Løgnens abstinenser
3) Det falt et lys i mMin mrøke krok
4) Determinesmens paradoks
5) Ensomhetens rytter
6) Arvesynden
7) Er det måneskinn
8) Syke hjerter

DISCOGRAPHIE

Mørkere (2021)

Dold Vorde Ens Navn - Mørkere
(2021) - black metal progressif, folk et délectable - Label : Prophecy Productions Lupus Lounge



Side project ou projet tout court ? Quelle question… Mais probablement les deux, mon Général. Si je vous dis que parmi les quatre larrons, il y a du (présent ou ex) Dødheimsgard, Ved Buens Ende, Ulver des débuts, Satyricon des débuts ou encore Manes ? Avant même d’écouter ce que cela pourrait donner, l’amateur que je suis dirait que l’on va avoir droit à un black plutôt mid-tempo et progressif, avec quelques éléments avant-gardistes (ou « différents »), des compositions assez travaillées eu égard aux expériences notables des protagonistes, le tout enrobé dans une production mijotée et tirée à quatre épingles (oui, on entend la basse). Et vous savez quoi ? Je suis nettement plus visionnaire que Paco Rabanne.

Pas de surprise ? Ah bah non, pas de surprise, si ce n’est qu’il y a bien plus d’accointances que prévu, en fait. J’entends très bien le mid-tempo de Satyricon (flagrant sur "Syke Hjerter"), mais j’entends aussi un peu de Helrunar. J’entends bien un fond de Manes ou d’Ulver, mais j’entends aussi du Solefald et un peu d’Enslaved. Sans atteindre la qualité du Growl de Satyricon, mais dans la même veine, Vicotnik est capable, en norvégien dans le texte, de me faire réévaluer son classement dans mon Panthéon des vomisseurs noirs. Très raclé, sans gimmicks, brut et plutôt grave, c’est ultra efficace et proprement sale dans l’exécution. La voix claire pourra être plus clivante en revanche, assez plaintive et plutôt inhabituelle dans le registre. Néanmoins, l’alchimie vocale opère sur moi, et ça, ce n’est jamais gagné d’avance.
Je vous sens un peu dubitatifs, non ? Allez, on va « classer » puisque tout se classe de nos jours, la catégorie, il n’y a que ça de vrai. Mettons-donc Dold Vorde Ens Navn dans une case… Préparez-vous, la case est vaste. Et comme énoncé dans l’intro, c’est bien du black mid-tempo, qui cocherait les cases « progressif », « n’roll », « folk », « un poilichon pagan », « avant-garde », « post ?». Plus avancé maintenant ? Personnellement, même si mon esprit cartésien aime les boîtes, je préfère en sortir et écouter la mélancolie froide de "Lognenes Abstinenser" et son envolée magique et érectile après trois minutes, que même Katatonia aurait pu envier. Je préfère voyager dans la douceur glacée des limbes de la guitare acoustique de la première moitié de "Det Falt Et Lys I Min Mrøke Krok" (quel titre…). Je préfère m’enivrer de la magnifique intro à cordes de "Er Det Måneskinn" dont le décollage progressif m’a collé à mon siège.


Mørkere ne sonne pas « innovant » puisque l’on y entend des influences reconnaissables. Et pourtant, je n’avais pas encore entendu un mélange aussi bien fait, d’une très haute digestibilité, et sans point faible (la voix claire est potentiellement clivante, ai-je écrit, mais pas faible du tout). L’album passe d’une traite, puis repasse, et repasse encore, et à chaque fois, on y revient. Belle découverte pour moi dans cette année plutôt morose du côté du black metal. Hautement recommandable, chers lecteurs, pardon, cher lecteur… oui, toi. Va écouter, aie confiance.






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