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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 27 janvier 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-David "Dave" Gahan
(chant)

-Martin Lee Gore
(chant+guitare+claviers)

-Andrew John Fletcher
(claviers+basse)

TRACKLIST

1) A Pain That I’m Used To
2) John the Revelator
3) Suffer Well
4) The Sinner in Me
5) Precious
6) Macro
7) I want it All
8) Nothing’s Impossible
9) Introspectre
10) Damaged People
11) Lilian
12) The Darkest Star

DISCOGRAPHIE


Depeche Mode - Playing The Angel
(2005) - pop rock Synth Pop froide - Label : Mute



Et voilà, encore une chronique choisie d’elle-même, écrite dans un état d’esprit au ras des chaussettes. Un deuil douloureux à gérer, des pensées absentes et parfois vides, joyeuses du souvenir enfantin ou noires du sombre présent. Il était beau, mon parrain, dedans comme dehors. De magnifiques yeux bleus profonds jamais froids, un cœur malade mais rempli d’amour malgré les tours que la vie lui a joués. Un exemple de sollicitude et de gentillesse, un exemple tout court, toujours un mot pour sourire, toujours positif même dans la débâcle. Mon ange gardien, mon complice. Il ne « jouait pas les anges », il en était un. Je me suis souvenu, l’espace d’un instant, de cet album particulier dont les paroles m’ont encore plus touché qu’avant.

Playing the Angel, l’un des trois albums de Depeche Mode dont le titre sort d’une chanson de l’album, en l’occurrence, " The Darkest Star "… « Playing the Angel/ Isn't so easy where you're from ». Oui cela colle parfaitement. Quand je relis les titres qui composent cet album, "Suffer Well", "Precious", "Nothing Impossible", "Introspectre", "Damaged People", même si le contenu ne correspond pas forcément à ma situation, la coïncidence de la punchline fut troublante au point d’avoir un besoin impérieux de la faire, cette chronique. Que cet album est noir et froid, finalement. Je me l’étais déjà dit à l’époque, mais c’est encore plus vrai maintenant. Entre le retour progressif de l’univers parallèle dans lequel Gahan était plongé dans ses années de shoot ("Suffer Well" est d’ailleurs un titre qu’il a écrit en souvenir des mots qu’un ami lui avait adressés à cette époque) et le divorce de Gore impactant ses enfants ("Precious"), l’ensemble respire la joie communicative.
Avec le retour des sonorités plus analogiques, plus industrielles et expérimentales que sur Exciter, malgré la permanence de la guitare et des titres plus « rock » écrits par Gahan, Playing the Angel résonne comme une résurgence du passé du groupe dans mon affect. Ce retour de la synthwave plus organique, plus triste et froide que jamais, ornée de mélodies imparables, semblait augurer, à ma plus grande satisfaction, un futur des plus délectables. Ce ne fut qu’un one shot, malheureusement, et les suivants ne furent pas aussi réussis. Un peu comme un espoir de rémission d’une maladie, un léger mieux pris faussement comme une réelle accalmie, un possible retour à la normale… Une fausse joie, et pourtant cet album diffuse toujours une petite lumière diaphane, un sillon de positif noyé dans la crasse clinique de cette musique synthétique issue d’une autre époque, et toujours tellement actuelle. Mais quel doux intermède que ce fut… « When I feel the warmth of your very soul, I forget I'm cold ».


Je viens de vivre ça. Un retour aux sources, un espoir un peu fou et mince, une tragique désillusion. Mais il reste une telle lumière malgré tout, le souvenir d’un être solaire, d’une aura indestructible, d’une longue parenthèse enchantée. « Stay as you are, the Darkest Star, Shining for me majestically ». Merci, mon irremplaçable parrain, pour tout ce que tu m’as donné, je te verrai quand je lèverai la tête vers le ciel, en souriant de tes facéties, avec une douce chaleur parcourant mes veines. Cette chronique est pour toi.

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