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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

- A.Damien
(chant+guitare)

-O.Mortis
(chant+claviers)

-Guilherme de Alvarenga
(chœurs+claviers)

-R.Aender
(basse)

-W.Adrian
(batterie)

TRACKLIST

1) Old Ritual to an Ancient Curse
2) Bringer of Disease
3) Evil System
4) Learn from Mistakes
5) Dancer of the Mist
6) The Sinner
7) Delirium (The Sinner Pt.2)
8) Unseen God
9) Dark Pilgrimage
10) The Way to the Pentagram
11) Last Breath

DISCOGRAPHIE

Act One (2021)

Paradise in Flames - Act One
(2021) - black metal Sympho-classico-opéra satan l'habite - Label : Autoproduction



Topic des Promos : Paradise In Flames, sans déconner ? Oh non, encore un fan group de In Flames comme on en a vu défiler des dizaines… J’avoue, oui, j’avoue que j’ai commis un délit de sale gueule, enfin, de « sale nom ». Ma réaction primaire a été : « je n’ose même pas imaginer ce que c’est ». Voilà. Un gros con, oui, c’est ce que j’ai été (et pour ceux qui mettraient cette phrase au présent, ouvrez votre séant, mettez-y un peu de sable, j’arrive). Pourtant, ma curiosité mal placée m’a fait aller voir ce que c’était, pour me moquer, oui, ou pour peut-être voir que j’avais tort : « Merde, brésilien ». « Ah, black metal ? ». « Ooooh, deux chants dont un féminin ? ». Intéressant, inattendu, intriguant. « Lucinounet, tu m’envoies le Paradise in Flames steup, juste pour voir ? » .

Bon, lance-toi Winounet (j’aime bien m’encourager avec un sobriquet débile derrière lequel je vois une licorne bienveillante). Les premiers titres défilent, je m’attarde sur "Bringer of Disease" qui m’a replongé dans un thème de Bleach (mon anime préféré jusqu’ici), avec des chœurs et des claviers ultra présents façon « horror » black… « Hééééé, mais c’est pas mal, il y a du potentiel… ». Les pistes défilent jusqu’à "Dancer in the Mist" et son néo-classicisme à peine masqué. C’est facile, mais franchement, ça rend bien, c’est varié, ça part un peu partout aussi (« That’s what she said »), mais il y a une belle candeur très sincère et maladroite qui me touche. La dame qui vocalise façon opéra n’est pas parfaite, c’est sûr, mais elle se débrouille carrément bien. La voix black est très honnête, et même si elle n’est habituellement pas de mon style de prédilection (lire « aiguë »), elle colle là aussi parfaitement avec le propos, et elle ne va pas se percher dans les octaves de Dani Filth, ce qui est souvent une bonne idée.
Et voici qu’arrive "Delirium". Une entrée ultra rapide et un brusque arrêt au piano plutôt classe. De la violence, des envolées lyriques, des nappes de piano en fond, des chants qui se font face. Chapeau bas, c’est excellent, et ça y est, je suis dedans (sans sable). Comme quand j’ai été capté par Ram-Zet, à mon insu, en essayant de trier les morceaux d’un grand amas musical abscons. "Unseen God" se veut plus violente et le réussit en mettant de la vitesse de riffs et des claviers, les deux d’une fluidité remarquable. On y perçoit un peu de Septic Flesh sur la fin. "Dark Pilgrimage" surgit de nulle part, avec cette fois une voix non-opératique, la mélodie m’emporte, j’ai les poils qui se dressent quand madame chante. Elle est forte, je ne l’avais pas saisi au début, mais là, elle est magnifique. Une palette vocale sobre, mais étendue, jamais en trop, jamais en démonstration, toujours en puissance retenue. Et même si je ne comprends pas trop "The Way to the Pentagram", je ne vais pas m’attarder là-dessus, d’autant que "Last Breath" revient me chercher pour m’offrir une dernière danse avec son clavier qui m’a rappelé un morceau de Tiamat des anciens temps.


Le gros con a ouvert les yeux. C’est gagné pour moi, j’écoute cet album en boucle. La question restante est certainement de savoir à qui ceci pourrait s’adresser. Et bien, je n’en sais rien, à vrai dire. Les amateurs de Therion qui se font chier parce qu’ils trouvent que ça manque de couilles ? Les revenus de Cradle of Filth qui aimeraient bien renouer avec un truc qui ne tourne pas en rond ? Les amoureux de la diversité, ceux qui tendent l’oreille quand cela sort des sentiers battus ? Pffft, j’écris cela parce que c’est mon cas, j’avoue encore. La vérité c’est que je n’en sais rien, je vous l’ai déjà exprimé plus haut, faites pas chier, putain, merde, il faut vous le traduire comment ? J’ai kiffé cet album, voilà, et j’ai un peu honte pour être honnête, ce n’est habituellement pas ma came, mais j’arrive à me droguer avec.



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