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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mars 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

-Pasi Koskinen
(chant)

-Tomi Koivusaari
(chant+guitare)

-Esa Holopaineen
(guitare + cithare)

-Olli-Pekka Laine
(batterie)

-Kim Rantala
(claviers+accordéon)

-Pekka Kasari
/(batterie)

TRACKLIST

1) Better Unborn
2) Against Widows
3) The Orphan
4) On Rich and Poor
5) My Kantele
6) Cares
7) Song of the Troubled One
8) Weeper on the Shore
9) Elegy
10) Relief
11) My Kantele (Acoustic Reprise)

DISCOGRAPHIE


Amorphis - Elegy
(1996) - death metal - Label : Relapse Records



Le non verbal, les gars, c’est important. Ce qui compte, c’est le ton sur lequel on dit les choses. Ce qui émane de nous infirme ou confirme le message que nous voulons faire passer. Exemple : « I’d rather die, I’d rather be. Better Unborn » sera crédible avec ColdWorld, mais lorsque c’est Amorphis qui vous balance cette affirmation, ça ne l'est pas.

Parce que s’il y a bien un album qui propose un death mélodique lumineux, anti-stress et pas evil pour un sou, c’est Elegy. Sur Tales of the Thousand Lakes, à la rigueur, on peut trouver quelques vestiges du groupe ayant sorti Privilege of Evil, en grattant bien. Mais Elegy… Les gars avaient un stock de vieilles paroles à écouler ? Bref, le troisième album d’Amorphis ne met pas en adéquation paroles et musiques (copyright Richard Anconina et Christophe Lambert). On s’en fout ? Complètement. C’était pour faire une intro. Le combo finlandais sort ici une œuvre plus « moderne » que l’effort précédent, et bourrée de très, très bonnes choses. D’ailleurs dès les premiers instants groovy dudit "Better Unborn", on sent que bons riffs mid-tempo et belles mélodies souvent orientalisantes, presque toujours maidenisantes, sont au rendez-vous. Comme toujours, pas d’excès de vitesse, et pas de grosses prises de risques. On peaufine la formule trouvée avec Tales of the Throusand Lakes, on éclaircit le propos, et on se fait plaisir, tout en faisant plaisir au fan. "Against Widows", très dynamique, prolonge les belles sensations procurées par le début de l’album.
La musique facile et bien faite, c’est leur credo ! "On Rich and Poor" se siffle sous la douche pour le plus grand bonheur de toute la famille, et la fin d’Elegy est aussi bonne que le début. "Weeper on the Shore" surprend quelque peu son monde avec son début acoustico-agressif et ses mélopées entêtantes, tandis que le titre éponyme s’avère être une belle death-balade génératrice de frissons. Tout va pour le mieux dans les meilleurs des mondes ? Eh bien, pas tout à fait quand même… Si l’immense majorité de l’album me fait jouir, deux titres préfigurent, malheureusement, l’aspect infâme que pourra prendre, par moments, leur musique, par la suite. Je parle bien sûr des immondes "The Orphan" et "My Kantele", concessions fades et mièvres à une musique mainstream dont ils se rapprocheront trop par la suite. Non pas que mainstream soit une insulte, loin de là -enfin pour moi, en tout cas- mais eux ne savent pas faire. Plus mielleux que Damnation… Bref, Elegy n’est pas parfait, mais il s’agit néanmoins d’une très grande réussite qui tourne et tournera en boucle dans mon lecteur. Un grand moment.


Après le fabuleux Tales from the Thousand Lakes, Amorphis récidive, et, même si des signes précurseurs du déclin y sont présents, on tient là l’âge d’or du groupe. Efficace, simple, construit pour plaire, Elegy est un monument de bonheur. Rien que pour ça, ils ont bien fait de naître.



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