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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mars 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Asmund Iversen
(chant+guitare)

-Sune Pedersen
(guitare+chœurs)

-Mikkel Alkjær
(basse)

-Joachim Højer
(batterie)

TRACKLIST

1) Arv
2) Mod Afgrund
3) Savn
4) Møntens Prædikant
5) Det Gamle Må Vige
6) Ansigterne

DISCOGRAPHIE

Forfader (2022)

Glemsel - Forfader
(2022) - black metal - Label : Vendetta Records



Nouveaux venus de la scène danoise, les membres de Glemsel ont fait quelques remous avec une première sortie Unavngivet qui a su attirer certaines oreilles. Leur premier effort complet atterrit donc de prime main chez Les Eternels, devoir est de l’évaluer à sa juste hauteur.

Le black metal danois semble vivre une petite résurgence puisqu’on se souviendra de l’excellent Ofte jeg drømmer mig død des voisins Afsky (avec qui Gremsel partage d'ailleurs l'excellent label Vendetta Records) sorti en 2020. Et voilà la nouvelle sortie d’une nouvelle pépite annoncée. Il faut savoir remplir les attentes lorsqu’on se vend de la sorte. Force est de reconnaître que ce n’est pas que de l’esbroufe de papier tant le quatuor maîtrise ses gammes noires. Glemsel arrive armé d’un son d’une viscosité froide remarquable tout autant que diaboliquement sylvestre dans sa générosité naturelle. Ajoutez à cela un chant merveilleusement raclé et vous obtenez les bases d’un album black dont les promesses font saliver l’amateur éveillé du genre. Émoustillé. Et ce n’est pas le départ basse – batterie de "Savn", confondant de brutalité brute qui fera dire le contraire.
Les novices font montre d’un vrai don pour proposer, voire provoquer, un black metal agressif, quasi corrosif. En faisant appel à toutes les ficelles du genre, blast abondant, mélodies glaciales, chant de l’au-delà, la horde déballe toutes les qualités attendues d’une force sur laquelle il faudra manifestement compter dans le futur proche. Forfader étale une science innée du riff sombre apte à tirer votre morne cœur dans les méandres de la noirceur. Recueil de chansons puissamment mélancolique, ce grimoire touche directement la corde sensible. S’il se revendique sans pudeur de ses aînés norvégiens, il se laisse aller à des influences qui ne sont pas sans rappeler la scène française par cette utilisation fort juste et à-propos des sentiments. Dans un style moins frénétique et plus grésillant, tout autant que finalement différent dans la forme, on entend du Ferriterium dans la terrible évocation sentimentale des titres qui composent l’album.
Sans véritable crise d’originalité, mais au caractère bien affirmé, Forfader titille notre âme noire avec virulence. Les riffs sont capables de piocher dans des carcans plus death, sauf que recouverts de ces épais atours frigorifiques ils ne cessent de sonner black. Glemsel tire tout le parti qu’il a à puiser sans limite ni détour dans le gris du monde, à s’enfoncer sans fin dans une pureté impressionnante où le compromis n’est pas de mise. La production puissante, vive et contemporaine plante parfaitement l’ensemble dans la modernité suffisante pour ne pas crier au passéisme. De plus les quelques accords presque clairs de "Møntens Prædikant" démontrent tout le chemin parcouru et assimilé par la troupe effectué par le genre depuis son émergence à la face du monde au début des années quatre-vingt dix. S’il faut lui poser des restrictions dans un style somme toute limité, la livraison fait un boulot remarquable pour l’auditeur à la recherche d’une essence dénuée de tergiversations.


Belle surprise que voilà. Sublimement limité dans ses carcans, elle exclut de fait toute une frange du public pour notre plus grand plaisir d’adorateurs du style. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous vous revendiquez black métalleux, foncez.





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