1892

CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 12 avril 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Francis Rossi
(chant+guitare)

-Rick Parfitt
(guitare+chant)

-Andy Bown
(claviers)

-John "Rhino" Edwards
(basse)

-Jeff Rich
(batterie)

TRACKLIST

1)Like a Zombie
2)All We Really Wanna Do (Polly)
3)Fakin' the Blues
4)One Man Band
5)Rock 'Til You Drop
6)Can't Give You More
7)Warning Shot
8)Let's Work Together
9)Bring It On Home
10)No Problems
11)Good Sign
12)Tommy
13)Nothing Comes Easy
14)Fame or Money
15)Price of Love
16)Forty Five Hundred Times

DISCOGRAPHIE


Status Quo - Rock 'Til You Drop
(1991) - rock - Label : Mercury



Starsky et Hutch sont de retour, et ils font du rock ! Une pochette de Status Quo est généralement synonyme de mauvais goût. Cette fois-ci ils ont choisi de mettre une photo live de Francis Rossi et Rick Parfitt, ce qui donne une pochette très « mauvais bootleg ». La trilogie des années 80 (In The Army Now Ain't Complaining Perfect Remedy) ayant fini d'achever les fans les plus patients, et avec le début des années 90 qui se pointent, l'heure du retour aux sources est arrivée.

Pensez donc, 1991, tous les vieux groupes de rock et de hard rock annonceront leur retour aux sources, c'était dans l'air du temps. On laisse tomber les synthés, les paillettes, on arrête les conneries et on repasse aux choses sérieuses. Status Quo ne fera que suivre cette tendance. Il est évident que si Perfect Remedy avait cartonné, Status Quo aurait poursuivi dans ce style là. Simplement, l'album ayant été mal accueilli (et il y a de quoi !), les vieux fans désertant le Quo un à un, il y avait urgence, l'appel du bon vieux boogie se faisait ressentir. Avec l'excellent "The Power of Rock" sur Perfect Remedy, il était évident que Status Quo se devait de poursuivre dans cette voie. C'est ce qu'ils firent avec Rock 'Til You Drop, un album solide, gavé de boogie (16 chansons... ça calme). Une durée excessive, il ne reste même plus assez de place pour caser des titres bonus sur la version remasterisée. Le boogie nécessite davantage de concision pour des albums s'étendant de 40 à 45 minutes, ça suffit largement. Passons.

L'appréciation de Rock 'Til You Drop dépend de plusieurs facteurs : si le fan a vécu les heures atroces des années 80, alors il se réjouira de ce retour aux sources ! A l'inverse, pour les jeunes fans (sic), la tentation serait de passer directement des classiques des années 70 à Rock 'Til You Drop, sans en passer par la case « années 80 ». Dans ce cas, l'impact de Rock 'Til You Drop sera moindre et l'erreur serait de le comparer directement à Whatever You Want ! Et comparer ce disque aux vieux classiques n'est pas une bonne idée : Alan Lancaster n'est plus là, on ne retrouve pas tout à fait la hargne de l'époque et Francis Rossi a sa nouvelle coupe de cheveux façon « vieux mafieux en pré-retraite ».

Trahi par quelques résidus des années 80 (le son des claviers notamment), Rock 'Til You Drop propose un boogie daté, s'adressant avant tout aux amateurs de « classic-rock » d'un certain âge. L'album vieillira moins bien qu'Under The Influence et Heavy Traffic, c'est certain ! Dès le premier titre, "Like a Zombie", le ton est donné, c'est reparti comme en l'an 40 : rythme rapide, efficace, accrocheur, avec le piano boogie au fond, juste ce qu'il faut, jouissif ! Les bougres ont placé les meilleurs titres au début de l'album, malin. Mais si on parle bien de retour aux sources, il ne faut pas non plus s'attendre à une avalanche de titres speeds comme "Like a Zombie". Seules "No Problems" et "One Man Band" sont bien balancées et plus pêchues que la moyenne... normal puisqu'elles sont chantées par Rick Parfitt.

Status Quo en 1991 se veut plus mature et réfléchit à 2 fois avant de foncer, distillant même régulièrement des « twin-guitars » de qualité, à la Wishbone Ash sur "Nothing Comes Easy", "Rock 'Til You Drop" et "No Problems" (au milieu du titre, sur le pont). Francis Rossi s'impose avec son élégance habituelle ("All We Really Wanna Do (Polly)" ou sur le bluesy "Tommy"), de même que Rick Parfitt prouve qu'il peut faire autre chose que du rock énervé sur "Good Sign". Attention toutefois, à trop vouloir y aller tout en retenue, avec classe et tout, le Quo peut devenir franchement mou et ennuyeux ("Fakin' the Blues" et dansons la « gigue » sur "Warning Shot").

Parmi les 16 titres de ce disque, il faut compter trois reprises (les Beatles – "Let's Work Together", Sam Cooke – "Bring It On Home" et les Everly Brothers – "Price Of Love") et aussi deux vieux titres remis au goût du jour. "Can't Give You More" reste sans grand intérêt, que ce soit ici (avec ces nouveaux chœurs atroces) ou sur la version originale présente sur Rockin' All Over the World. Par contre la nouvelle version de "Forty Five Hundred Times" est excellente, encore meilleure que l'originale (présente sur Hello ! - oui faut suivre)... Status Quo est de retour en pleine forme et tient à le faire entendre !


Mieux agencé et avec moins de titres, Rock 'Til You Drop aurait eu un meilleur impact encore. Mais ce disque reste important dans leur discographie car il a permis de redonner espoir en un groupe que l'on croyait fini, enterré à tout jamais. Mine de rien, on tient là le meilleur album du Quo depuis Never Too Late, au moins.


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